CHAPITRE II
l'enseignement primaire en 1789
Comme l'enseignement primaire n'avait pas de place dans les comptes rendus financiers de l'ancien régime, on s'est hâté d'en conclure qu'il n'existait pas alors d'enseiçnement primaire.
M. Jules Simon n'a pas échappé à cette erreur.
€ En 1774, dit-il, sous l'abbé Terray, pour les écoles, rien. En 1775, dans le premier compte rendu de Turgot, pour les écoles, rien. En 1781, dans le compte rendu de Necker , pour les écoles, rien. De même en 1785 et 1787... L'histoire n'avait rien à raconter en ce genre jusqu'en 1789. La France était profondément, déplorablement ignorante. Cela est étrange à dire d'un pays qui, depuis quatre siècles, se vante non
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sans raison, d'être àlatête du monde civilisé. (1) » Étrange en effet, à moins qn'il ne le soit plus encore de supposer qu'une nation ait pu être € quatre siècles durant à la tête du monde civilisé, tout en étant profondément, déplorablement ignorante. »
Ces affirmations téméraires, M. Jules Simon, qui les hasardait en 1865, s'en abstiendrait aujourd'hui. Elles ont fait leur temps. Depuis 1870, des archivistes, des recteurs d'académie , .des volontaires de l'histoire locale se sont mis à l'œuvre (2)^ une circulaire de M. Jules Simon lui-même (4 mai 1873) a encouragé ce mouvement (3), et de cette enquête qui a réuni déjà de nombreux et considérables témoignages, il résulte la preuve que sur tous les points de la France il y avait, en 1789, des écoles nombreuses et régulièrement organisées, que chaque paroisse et presque chaque hameau avait la sienne, à tel point que les philo-