‹ L'école sous la Révolution française: d'après des documents inéditsChapitre 20 sur 76 · RUINE DU SYSTÈME SCOLAIRE. 2S · texte numérisé non relu

RUINE DU SYSTÈME SCOLAIRE. 2S

cette accumulation séculaire de rentes et d'immeubles dont la générosité des particuliers avait constitué pour l'instruction publique un véritable budget, plus opulent que ne le fut jamais et que ne le redeviendra peut-être de longtemps le budget spécial que l'État réserve à ce service, et qui dispensait rÉtat lui-même d'en avoir un.

Voilà pour les ressources.

Un second ordre de lois dispersa le personnel : j'entends parler de la constitution civile du clergé (12 juillet-24 août 1790) et des lois de novejjabre 1790, janvier et avril 1791, qui en assurèrent et en développèrent l'exécution.

L'histoire de cette persécution se confond avec celle de l'instruction publique. Contraint à prêter \xn serment civique que repousse sa conscience; -destitué, de gré ou de force, ouvertement ou hypocritement, de ses fonctions; forcé, même sous la Constituante, de se cacher, de se disperser, de s'exiler , ou , s'il reste sur place, risquant sa liberté et sa vie : tel est le sort du clergé dans l'année 1791. Aussi voit-on la plupart des maîtres ecclésiastiques disparaître ; les congrégations se dissolvent, même avant la loi spéciale qui les frappera le 18 août 1792, et malgré l'espèce de protection que le décret du 13 février 1790 accor-

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dait, quant à présent, aux maisons chargées de rinstruction publi'iue. Les maîtres laïques, en vertu de la loi du 18 avril 1791, sont astreints au serment comme les ecclésiastiques ; partageant les mêmes croyances, ils partageront le même sort.

Ainsi s'explique et se justifie la déclaration quasiofficiellede3I.de Talleyrand. Dépouillé de ses biens, violemment séparé de ses chefs et de ses membres , l'enseignement public devait tout d'un coup tomber en défaillance, comme un homme à qui l'on retirerait en même temps la nourriture de rame et celle du corps.

Il est donc impossible de le méconnaître : c'est à l'Assemblée constituante qu'il faut faire remonter cette « décadence rapide et spontanée. »

L'Assemblée législative procéda plus franchement Vers la fin de sa carrière, dans cette courte et honteuse période qu'inaugure le 10 août, et qui, à travers les massacres de septembre et les scandaleuses élections de Paris, rejoint le début de la Convention, elle supprima par décret les congrégations religieuses, «. même celles qui , vouées à l'enseignement, ont bien mérité de la patrie, » et décida qu' « aucune partie de l'enseignement public ne continuerait d'être confiée aux

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