‹ L'école sous la Révolution française: d'après des documents inéditsChapitre 31 sur 76 · Arch. nat., F 17, 1006, no · texte numérisé non relu

Arch. nat., F 17, 1006, no

50 Liv. I. l'assemblée constituante,

nos campagnes, établissez les instituteurs et les lycées dans nos villes. Décrétez le principe que tout individu né en France, qui n'aura point passé par l^instruction nationale, dans les écoles primaires au moins, sera inhabile à remplir aucunes fonctions dans la République (1).

Les administrateurs du Lot (24 décembre 1792) ; les membres du conseil général du Calvados (11 janvier 1793); le conseil général de l'Isère (28 janvier 1793) supplient la Convention de « légiférer » sur l'instruction publique. Les élèves euxmêmes se mêlent de pétitionner. Deux jeunes gens du collège de Versailles, dans un discours prononcé devant la société des Amis de la Liberté et de l'Égalité, invitent la Convention à « hâter l'instruction publique. » La Société décide qu'ils iront porter la pétition à la barre de la Convention et qu'ils seront assistés de deux commissaires (3 décembre 1792 et 5 janvier 1793) (2).

Ainsi, administrateurs de département, sociétés populaires, assemblées électorales, conseils généraux, évêques et prêtres coustitutionnels, professeurs et jusqu'aux élèves eux-mêmes, et élèves patriotes! tous poussent le même gémissement et accusent la même décadence.

\.Àrch.7iat.,F\l, 1006, iiM95.

i. Arch. mt.,F 17, 1004,

CRI d'alarme. 51

La date de leurs plaintes est postérieure à l'Assemblée constituante et à l'Assemblée législative; c'est même devant la Convention qu'elles sont portées ; mais la situation qu'elles dénoncent n'est évidemment ni du fait de la Convention, ni la conséquence de lois qu'elle aurait votées. Cette situation remonte à la période contemporaine des deux premières assemblées; elle a son origine dans les lois de la Constituante, et la persécution universelle dont elle offre le spectacle comme les ruines qu'elle montre de toutes parts entassées, ne vérifient que trop la sentence portée par Talleyrand, cette € décadence rapide et presque spontanée » dont la responsabilité pèse si lourdement sur la mémoire de l'Assemblée constituante.

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