LIVRE DEUXIEME
Si TAssemblée constituante et l'Assemblée législative s'étaient abstenues de porter aucune loi organique d'instruction publique, elles avaient, en revanche, consommé tant de ruines et laissé à leurs successeurs le terrain si déblayé, que la passion défaire du neuf, si commune à cette époque, trouvait carrière à s'exercer.
La Convention s'y employa avec ardeur. En trois années, elle rendit sept décrets principaux, qui se réduisent du reste à quelques dispositions uniformes que chacun d'eux répète.
Cinq de ces décrets sont antérieurs au 9 thermidor, deux y sont postérieurs.
Dans la première période, la Conventi9n s'occupe exclusivement d'instruction primaire. Dans
la seconde, la création des écoles normales et des écoles centrales, quelque jugement d'ailleurs qu'il en faille porter, témoigne d'un louable désir de reconstituer un ensemble d'enseignement public. On remarquera aussi dans cette seconde période des souffles de liberté et comme un mouvement général d'émancipation qui révèlent sous quelle oppression les consciences et les droits les plus sacrés avaient eu à gémir dans la première. Il ne serait ni exact, au point de vue historique, ni juste au point de vue des responsabilités morales, de confondre ces deux époques dans un même tableau. Et cependant il faudra bien reconnaître que si les hommes, les intentions et surtout les procédés étaient autres, l'esprit général n'avait pas plus changé que les programmes.