Arch. nat., D XXXVIII
bien loin de l'exclusion absolue prononcée par les lois de 1793 contre tous les ministres du culte ! Enfin, au lieu de fixer un minimum d'âge (21 ans), c'est bien plutôt un maximum qu'il eût fallu poser . Ceux qui s'asseyaient sur ces bancs d'écoliers n'étaient pas même des jeunes gens, c'étaient des hommes de quarante à cinquante ans, des vétérans de l'ancienne instruction publique (1)!
L'appareil théâtral de cet enseignement séduisit d'abord, mais on ne tarda pas à reconnaître qu'il n'aboutissait à aucun résultat pratique. Les élèves le sentaient eux-mêmes, ils demandaient à retourner dans leur pays, ils se plaignaient de la cherté des vivres, de l'insuffisance du traitement. Dès le 16 avril, c'est-à-dire trois mois à peine
d. Ainsi nous voyons Rolin, professeur depuis 23 ans, dont 17 à Langres et qui pendant six ans a été principal à Lyon sous les Oratoriens. (Arch. naL, F 17, 3010.) Versailles envoie cinq citoyens: 1» Chambaud, 48 ans, cidevant instituteur et qui a professé pendant trente ans la rhétorique et les belles-lettres ; 2» Dessalles, 48 ans, instituteur pendsCnt trente- deux ans,maître d'écriture,d'aritlimétique,etc.; 3» Liesse, instituteur particulier ,enseignant les langues depuis21 ans; 4» la Perruque, 43 ans, secrétaire de la mairie de Rueil ; 5o Duchesne (l'âge n'est pas indiqué). « Tous ces citoyens ont été reconnus par leurs sections être d'un patriotisme éprouvé, suivant le vœu de la loi. » (Archives de Seine- et-Oise.)
auprès ïa sëttiice sisiôfii^ôîle ff'dtrrertiire, la C0miBftsgfen etïtistodai* dli?e p» Vm ée s^ m^mbress qm le bcrtde rÉccié' iwîrffiale «^tajft manqué; TPliiimtgAt proposait, par ïSafeoti dHécoiïoinié, dé la mepfMTimer ; Romffîe se pla^i^it jp^'on n'eût pas déjà ^^offîposé de ^^^^^ ^iéifiMftaii'c»»^ cssfthfifaélt reitseignement ti^op ^KFdossies Ites anditeurs; et déclarait ne t'dr dsms e&tte iiïâNiit^ion que ïe 4c charlatanisme organisé. » Thibault ajoutait : ^ rÉcote normaile est un vépifeble chapîtpe ; la pltipaart des élèves ^mit Am eibimoines, ils if& se rendent point it l'école. » Quant à Lakanal, l'iihsiicoès de sa teirtatÈç^iP^'^ait détaxé et fl tse faisait donmer une 'msssieni daûs les'âépai^emetîte. Le 25 avril, au îfôm diii 'Conaîté d'Jnstradtîoii piEblique^ ©aunoïi proposa Uû décret poirr supp»-
mer l'école. S'il ménage les termes., par égard pour d'illustres professeurs,, il n'en traite pas moins sévèremeiït l'îiKititution. D'après lui, I*ol^t de l'École normale n'était pas bien précis dans, le plan de ses auteurs ;. on n'aitaitpasf déterminédlsôs 1.400 élèves étaient destinés à devenir des insfîtuteursou desproïesseurâ^'^âcolescentralesyoubieuâi Fon voulait les ^sposer k teidrdi^ écoles ûormit^ lès secondaires de d^rtemetit. Au lieu de chercher s'ilétait possible desépai^er Tart d'eng^n^ une science de cet enseignement même, on^'étaft
laissé séduire à la nouveauté de l'idée, à la célébrité des professeurs, à la distinction de quelques élèves. 11 concluait en demandant la clôture de l'école pour le 30 floréal ; quant aux écoles normales de département, il renonçait à ce « difflcile et dispendieux projet. »
Quelques jours après, l'École normale fut fermée (18 mai 1795). La publication des leçons sténographiées et l'envoi de ces livraisons aux municipalités, aux élèves de l'école, aux bibliothécaires, aux agents administratifs, en prolongea quelque temps le souvenir. Mais, au lieu d'être € une époque dans l'histoire du monde, » comme l'avait lispâré Lakanal, ce ne fat, de l'aveu même de Sfes auteurs, qm'an mécompte ajouté à tant d'autres^