Réimpression dti Moniteur, t. XXin, p
LE» ÈGOZBS N0RMALB8. 115
€■ C'était, disait-fl, detnauder bien pea de feagp« pour tracer un plan qm doit résHEtUer des lois de la nature, embrasser le cours de la Tie de lluunme d^uis i*en£aaiee jusqu'à la Tidllesse, lui prescrire à la fois ses droits et ses devoirs et préaeoter, suivant le programme dn comité, im mode d'inabractkm facile et intéressant pour les écoles primaires (1). » Mais répoquederooTwtarederéooie ayant été avancée, l'auteoir de Paul et Virpime et de la Chaumière indienne^ qui dans tous ses écrits avait ooustamment oj^Misé aux dogmes r^-gieisx la moroie de la nature^ m» en demeure. de l'exposer, se trouva « n'avoir rien à dire » et
1 . Les tcoltz normales, livre national. Séances des Émles normales recueillies par les sténogtaphes et revues par les professeurs. 9 vol. in-8. T. !•'. — J'extrais ce» queiques lignes d'une très courte allocation que prononça Bemar» din de Saint-Pierre devant le public de l'Ecole normale. M. Aimé Martin prétend que M. de Saint-Pierre « ne fit qu'un très petit nombre de leçons. » La vérité, c'est qu'il n'en ût pas une seule. Il ajoute que « des gendarmes lui apportèrent l'ordre d'obéir et qu'il fallut se résigner. » C'est de la légende. On regretta le ^lence de M. de Saint- Pierre» on s'en plaignit sur le ton senaible de l'époque : Ce fut tout. Le célèbre écrivain vivait tranquillement à Essonnes ; il y touchait ses nonoraires de professeur, que lui faisait passer le chef de la comptabilité, « pour épargner, écrivait-il, un déplacement que je regretterais à cause du traité précieux dont on est occupé dans la solitude d'Essonnes. » liCttre du citoyen Grandjean, chef de la comptabilité. Arch. nal., F 62992.
ta trois mois de délai. C'est à ce propos qu'un écolier venu du Doubs à Paris écrivait naïvement : « La grammaire qui se pratique n'est pas encore faite ; la morale ne le sera que dans deux ou trois mois, de sorte qu'on ne peut encore étudier ces deux sciences (]). »
L'auditoire était très nombreux et très mêlé, mais tous ceux qui le composaient n'étaient ni de vrais élèves ni de futurs instituteurs. On y voyait le célèbre Fourier, le philosophe Saint-Martin, l'illustre navigateur Bougainville, bien d'autres qu'attirait la curiosité. Parmi ceux qui avaient ou qui prenaient le titre d'élève, les uns n'entendaient rien à ces leçons, trop élevées pour eux ; les autres étaient d'anciens proviseurs, d'anciens professeurs de belles-lettres, et parmi ceux-ci nombre d'exprêtres qui cherchaient une issue à leur misérable situation. De tous côtés, en effet, onavait demandé à la commission : « Les ex-prêtres sont-ils admissibles à l'École normale? » La commission avait adopté la formule de réponse suivante : « Les seules qualités pour être admis à cette école sont d'avoir des connaissances, un patriotisme éprouvé et des mœurs irréprochables (2). > Nous voilà
\. J. Sauzay, Op. cit., VI, 370.