CHAPITRE ÏX
l'éducation chrétienne
Ces écoles paï^eulîèfi^ 4*e les MBtitatèft'fs s'empïfessaieTit d'ouvïît et ^^ leto fàpïK^rtàîebt plus de profit que les écoles puMî^iites n*éfeaîeAt autre chose que les écoles chrétiennes.
Pendant la Terreur, elles n'avaient sombré nî toutes, ni partout. On citerait aisément tel instituteur, comme Joseph Daumas, de Volenay (Côted'Or), qui refusait publiquement le serment et fuyait sa maison et son village pour échapper à un décret d'arrestation (1). Faire un éclat, délaisser l'école, partir enfin, c'était beau, c'était héroïque, mais que deviendraient les écoliers? Prêter le serment, l'instituteur n'y songeait pas ; s'il s'y déci-
1. Histoire de Volenay, par M. Tabbé E. Bavard. Beaune, 1870.
L'ÉStUG^mOM GHRËTŒNNE. , 148
dait, le^ h,9,\AUi.Jxifè lui retiraient leurs enfants. Il f^ait dene a'çxposer aux poursuites, enseigner olftft(J^ti»eiment, ©UTrir Téogie, la feropaer^ la rouvrir, l^ t^pitûr tantat dans sa propre maison, tantôt dajQ^ une maision tiein^e, en un mot dérober Teftsçignejpaeut pxoaciîit comme le prêtre rélraotairç^ dérobait sm passage et la célébration des sOiints mystères.
Tantôt, dans les campagnes, c'était l'ancien maître d'école; tantôt, dans les villes, c'était un frère 4ôs écoles chrétiennes qui avait déposé son habit, une religieuse qui avait abandonné sa coiffe et sa robe de bure ; à leur défaut, on voyait quelque homme zélé , quelque fille ou quelque veuve dévouée s'émouvoir d0*pitiépour ces pauvres enfants destinés à l'ig^iorance ou à TÈH^été et leur donner chaque jour des leçons de lecture et de catéchisme. Mais ces -i^ écoles d'incivisme, » on les connaît» on les signale, on les dénonce ; , bientôt on arrête cet ip^tituteur ^^cieux. S'il n'y a paj d'école chrétienne, l'école publique n'en va pas mieux ; violentée dans sa foi, la vieille
France chrétienne résisteu ne fût-ce que par l'inertie. Le père, la mère de famille, gairdent leurs enfans au logis, refusent de les envoyer à l'école, et l'on n'y voit venir que les enfants des officiers municipaux, des fonctionnaires publics ou
de ceux qui attendent du gouvernement quelque faveur achetée par l'apostasie (1). Il arrivait bien que le syndic se rendait parfois chez les parents récalcitrants, qu'il les traduisait au tribunal ou qu'il les faisait conduire en prison au chef-lieu de canton, les habits retournés, comme des soldats réfractaires (2). Mais ces mesures ne pouvaient s'étendre à tous les habitants d'un village ou d'une ville.
Le 9 thermidor mit un terme à ces excès, et la loi nouvelle ayant déclaré qu'aucune atteinte ne pouvait être portée à l'ouverture des écoles
1. On a vu, (supra ^-92}, et c'était en pleine Terreur, les habitants du faubourg Saint-Antoine retirer peu à peu leurs etifants à la citoyenne Roget ; à Montauban,les profanations de ce «prêtre de circonstance » ne lui attirer que le mépris général; à Epernon, l'instituteur qui faisait dire les prières républicaines, qui remplaçait les anciens livres par des numéros du Père Duchêne, et qui célébrait les jours de décades, reconnaître lui-même que « cette marche ne va pas à tout le monde. » Dans certaines localités, les femmes s'étaient enhardies à résister ; M. Fayet cite les mères de famille de CoiflFy-le-Haut (Haute-Marne) qui s'opposaient ouvertement à l'installation de l'instituteur :« Nous n'en voulons pas; il ferait de nos enfants des révolutionnaires. » Et, comme pour les évêques et pour les curés constitutionnels, il fallait, pour l'instituteur, quune compagnie de garde nationale ou de troupe régulière vînt lui prêter main forte.