Fayet, Op. cit
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libres, elles sortirent de Tombre, s'eiihardirent à reparaître et essayèrent la sincérité de la loi. ^ Timide encore , cette résurrection coïncide avec la rentrée des prêtres, avec les lois qui autorisent la célébration du culte, avec les innombrables rétractations de prêtres assermentés, avec les sentiments de liberté religieuse qui pénètrent jusque dans la Convention. Les curés qui avaient remis de force leurs lettres de prêtrise les redemandent ; les habitants de Pontoise revendiquent les ornements sacerdotaux de leurs prêtres et, malgré ropposition du district, renouvellent avet énergie leur réclamation (1). Ailleurs, à la Haye- Sylvestre, quatre citoyens connus, ea plein midi, plantent une croix sur la place ; ici, Tcin arrache et Ton foule aux pieds les cocardes ; là, on renverse Tarbre de la liberté ; les cloches recommencent à sonner V Angélus; la. Vendée pacifiée obtfent le libre exercice du culte, et Ton écrit du Mans (5 messidor an III) : « Il faut un culte national : quel culte'i Le culte des dix-neuf vingtièmes de LA NATION... Rendez à la religion catholiqm le caractère de droit qu'elle a de fait (2). »
i . Archives de Seine-et-Oise,
2. Archives nationales, D, XXXVIII, 1-16. — Le 16 mai 1795, le district de Baume-les-Dames (Doubs) écrivait à. Dupuis : « Vous n'ignorez pas que partout., pour ainsi
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. Si le mouvement de restauration est moins pjompt pour les écoles que pour le culte, il n'en existe pas moins. Dans mainte commune, l'enquête de Lakanal nous le révèle. L'administration municipale de Montargis, toute républicaine qu'elle est, désespère de faire admettre dans les écoles les livres républicains : « Il faut le dire , la vo^ lontè impérative des parents a forcé presque tous les instituteurs des campagnes à se servir pour leurs enfants des livres du culte.,. V éducation républicaine en est écartée, surtout dans les carnr pagnes, par V esprit superstitietMet des parents et des instituteurs. Ces instituteurs sont presque tous les anciens maîtres d'école. Eux seuls se sont présentés au conseil, et il n'a pas été permis aux jurés de se montrer difficiles à leur égard. »
A Limoges : « L'esprit des laboureurs se porte toujours sur les anciens ministres de la religion ; ils répugnent à voir dans les presbytères d'autres personnes que les prêtres et ils se soucient peu que leurs enfants apprennent autre chose que leur catéchisme. » — A Albi : « Les obstacles qui s'opposent à l'entier établissement des écoles primaidire, les prêtres ont repris leurs exercices, disent la messe et les vêpres dans les églises, lesquels offices sont annoncés dans nombre d'endroits à grands coups de cloche, comme avant les lois rela<;ives au culte. » Jules Sauzay, Op. cit., VII, 220.
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res sont la modicité de l'honoraire des instituteurs... et îcn préjugé absurde qui s'est introduit que les livres élémentaires qui seront mis dans leurs mains pour en transm,ettre les»
principes à V élève pourront contenir des maœi' mes destructives ' de tout culte. »
Dans quelques localités, les habitants, pour évincer l'instituteur républicain, s'étaient avisés de lui couper les vivres. Ainsi, dans l'arrondisment de Bourges, vingt et un instituteurs n'avaient pu s'installer, à cause du prix exorbitant auquel les paysans leur faisaient payer les subsistances. A Aubigny (Cher) , ils s'assemblent et déclarent unanimement ne vouloir point d'instituteurs et se réclament de la loi qui accorde la liberté des cultes (1).
Voilà donc la quatrième cause de la pénurie d'instituteurs publics : l'enseignement chrétien, se relève et rentre en lice. Il est modeste encore ; mais sous la persécution il va se développer et s'étendre; pendant la période qu'il nous reste à parcourir, ce ne seront plus quelques villages ou quelques individus obstinés qui luttent contre une législation tyrannique : c'est la conscience de la nation tout entière qui se révolte, qui combat et qui triomphe.
i. Archives nationaks, F 17, 3010,