LOI DU 3 BRUMAIRE AN TV
abandonnait manifestement et qui prodiguait ses suffrages à leurs adversaires. Le IS vendémiaire fournit un prétexte à leurs fureurs ; ils en usèrent et renouvelèrent contre les émigrés et les prêtres les lois de proscription , de telle sorte que, grâce à eux, et à eux seuls, malgré la noble opposition de Thibaudeau et de ses amis, la Convention resta fidèle jusqu'au bout à ses traditions de dureté et de despotisme.
Lakanal n'échappa pas à cet entraînement : on le vit parmi les plus ardents à réclamer des mesures révolutionnaires. Tout au contraire, Daunou resta en dehors de ce mouvement : la nouvelle loi qu'il préparait sur l'organisation intégrale de l'instruction publique ne se ressent ni de cespassions ni de ces orages; il semble qu'elleait été élaborée loin des troubles, par des législateurs paisibles etétrangers aux violences qui s'agitaient autour d'eux. '
On lit dans la Constitution du 5 fructidor dont Daunou avait été aussi l'un des principaux rédacteurs :
€ Les citoyens ont le droit de former des établissements particuliers d'éducation et d'instruction. Il sera établi des fêtes nationales pour entretenir la fraternité et l'attachement à la Constitution, à la patrie et aux lois. »
150 LIV. n. LA CONVENTION.
La loi nouvelle applique et développe ces deux dispositions.
Daunou reconnaît et proclame la liberté de l'enseignement ; il proteste contre la tyrannie de Robespierre « qui, jusque dans ce travail, a trouvé le secret d'imprimer la sceau de sa tyrannie stupide, parla disposition barbare qui arrachait l'enfant des bras de son père, qui faisait une dure servitude du bienfait de l'éducation, et qui menaçait de la
prison, de la mort, les parents qui auraient pu et voulu remplir eux-mêmes le plus doux devoir de la nature, la plus sainte fonction de la paternité... Nous nous sommes dit : liberté d'éducation domestique, liberté des établissements particuliers d'instruction ; nous avons ajouté : liberté des méthodes instructives »
Comme la Constitution, Daunou rattache l'établissement des fêtes nationales à l'instruction publique et en fait un chapitre spécial de la loi organique. Il en institue sept, indépendantes des fêtes décadaires : fêtes de la Fondation de la République, delà Jeunesse, des Époux, de la Reconnaissance, de l'Agriculture, de la Liberté et des Vieillards. < La célébration de ces fêtes devait consister en chants patriotiques, en discours sur la morale du citoyen, en banquets fraternels, en divers jeux publics pro-