‹ L'école sous la Révolution française: d'après des documents inéditsChapitre 59 sur 76 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

LE DIREGTOIR

Le temps des décrets organiques est passé : le Directoire se borne à des arrêtés et à des circulaires. Il ne légifère pas, il administre, mais avec un tel dédain des lois, qu'un programme officiel de paix devient entre ses mains une arme de guerre.

Déclarations des droits répétées trois fois depuis 1789; liberté des consciences et des cultes mainte fois reconnue ; liberté d'enseignement proclamée par les constitutions comme parles lois spéciales : garanties illusoires pour les citoyens, barrières impuissantes contre un pouvoir qui ne reconnaît d'autre arbitre que sa passion. Plus d'enseignement, sinon celui de l'État; plus de livres élémentaires, sinon ceux que l'État a marqués de son sceau; plus de fêtes autres que celles détermi-

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nées, composées et permises par l'État ; plus de religion, si ce n'est cet appareil grotesque et sentimental que patronne un des Directeurs et qu'un de ses ministres enjolive de fleurs académiques.

La Terreur est finie, mais la persécution se réveille et s'organise.

Hésitante avant le 18 fructidor, cette politique d'oppression, à la suite du nouveau coup d'État, s'affirme et se développe avec audace. Elle crée un culte obligatoire, elle ferme les écoles particulières, elle n'autorise que les écoles révolutionnaires, elle perpétue les ruines. Honteuse période, digne fille de celle qui l'a précédée ! Fanatisme brutal dans la première ; dans la seconde, fanatisme niais.

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