‹ L'école sous la Révolution française: d'après des documents inéditsChapitre 60 sur 76 · POLITIQUE DU DIRECTOIRE · texte numérisé non relu

POLITIQUE DU DIRECTOIRE

Pour se rendre compte des mesures que prendra le Directoire à propos des maîtres et des écoles, il faut signaler les principes dont s'inspirait sa politique générale. Haine à la royauté, haine au « fanatisme, » c'est-à-dire au catholicisme et à tout ce qui le rappelle : voilà, sous un double aspect, les sentiments qui guidèrent et qui animèrent cette politique.

Pour l'élection des cinq Directeurs, on n'admit exclusivement que des régicides, et la liste présentée par les Cinq-Cents fut composée de manière à dicter le choix des Anciens. Ces prétendus ennemis de réchafaud et de la terreur reprirent une loi proposée par Robespierre et décidèrent qu'une fête nationale solenniserait, le2l janvier, «l'anni-

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versaire de la mort du dernier tyran. > Ce même jour, les membres des Conseils prêteraient individuellement serment de haine à la royauté ; les fonctionnaires, dans chaque chef-lieu de canton, feraient de même. On alla plus loin : ce serment .fut imposé aux électeurs eux-mêmes pour les élections de 1797. — Toutes ces précautions n'empêchèrent pas les électeurs de l'an V de voter contre les conventionnels et les régicides.

A l'égard du clergé, les lois de la Convention étaient d'une indigne cruauté : une circulaire du Directoire (15 janvier 1796) en recommanda l'application. Dans les cinq premiers mois de cette année, vingt et un prêtres furent condamnés à mort par des tribunaux criminels, ou massacrés sans jugement. Pour achever la ruine du christianisme, on rêva de le remplacer : sous l'inspiration de la Revellière-Lépeaux, l'un des Directeurs, le gouvernement imagina de patronner les théophilanthropes, secte ridicule, composée d'une infime minorité ; on leur donna même plusieurs églises de Paris. — Cependant, en regard de ce piteux essai d'une religion nouvelle, les prêtres catholiques rentraient ; les églises et les oratoires se rouvraient, les boutiques étaient fermées le dimanche ; Ifes prêtres assermentés disparaissaient ou se rétractaient en foule, et, lehjour

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