ACTE DEUXIÈME
OUDOIRE.
Oui, mademoiselle.
Il sort par le préau.
Mademoiselle, vous devriez aller vous reposer, et si vous voulez, j'irai demander une potion calmante chez M. Baudrand.
NOÉMI^ vivement.
Non, n'y allez pas!... (Elle s'asseoit en avant de la table à ouvrage.) Oh! que tu avais raison, mère, que tu avais raison!
MADAME LAMBERT, s'approche de Noémi.
Que dis-tu?
NOÉMI, terrifiée, lui prenant les mains.
C'est bien vrai qu'il y a deux êtres en eux, deux... leur visage a disparu et j'ai vu devant moi la bête, la ])ête fauve, aux yeux luisants, aux lèvres avides.. je l'ai vue, mère, je l'ai vue !... Si mes filles avaient été là ! elles m'auraient préservée, ils n'auraient pas osé! pourquoi ne sont-elles pas là, mes petites filles?... Mais, tu me défendras, toi, maman, ma chère maman, (se serrant contre elle. ) Garde-moi bien, qu'ils ne me prennent pas!
CLÉMENCE, ébahie.
Oh ! Mademoiselle qui rêve tout éveillée!
MADAME LAMBERT
Non, c'est maintenant qu'elle s'éveille !
Rideau.