ACTE DEUXIÈME
MARGUERITE
Nos supérieurs et les représentants de l'autorité .
LIÉTHARD, satisfait.
Très bien!... Encore une question. Savez-vous ce que cela signifie : « représentants de l'autorité? »
(Marguerite reste bouche bée sans répondre. Noémi et Clémence lui désignent l'inspecteur, le maire, le délégué. — Elle comprend de moins en moins.) Votre VOisine VOUS SOUffloI MARGUERITE.
Les... ce sont les...
LIÉTHARD.
Voyons... la voisine, (il désigne Betthe. Marguerite s'asseoit en faisant la moue.) VouS Savez, VOUS?
BERTHE, se lève et vivement.
Oui, m'sieu, c'est les gendarmes !
Les élèves rient.
LIÉTHARD, bon enfant.
Il ne faut pas rire, mes enfants, les gendarmes sont des représentants de l'autorité, mais, avant eux, il y a monsieur le préfet qui administre le déjDartement, monsieur le maire, (ii montre Masurier.) qui dirige la commune, monsieur le délégué cantonal, votre inspecteur. Tous les fonctionnaires.
BERTHE, pour se rattraper.
Qui montent la garde I
: Tous rient.
NOÉMI, à Bertlie gentiment.
Quelle étourdie vous faites, ma pauvre Berthe, confondre le militaire qui monte la faction avec le fonctionnaire qui remplit une fonction, réfléchissez donc un peu avant de parler.
Berthe se cache la figure dans ses bras et pleure.
LIÉTHARD, à Xoémi.
Compliments, mademoiselle Lambert^ voilà la réprimande typCj explicative, instructive et maternelle, compliments, (aux élèves.) Mes chers enfants, je n'ai qu'un mot à vous dire, je suis enchanté du bon esprit qui régne parmi vous, continuez à profiter le plus que vous pourrez des excellentes leçons que vous donnent vos dévouées maîtresses : et maintenant, allez vous amuser.
Noémi frappe sur la table, l-^s fillettes se lèvent, rangent leurs cahiers. Clémence ouvre la porte, fait former les rangs et marcher au pas. Les élèves sortent en riant et en bahillant, après avoir salué l'inspecteur. NOÉMI, sévère.
Du silence, mesdemoiselles, du silence!
Elle sort derrière les enfants dans le préau. LIÉTHARD, arrête Berthe qui passe devant lui.
Voyons, approchez, mon enfant... Je ne vous fais
pas peur? (Elle fait signe que non.) Il ne faUt paS plCU-
rer. Vous vous êtes trompée, ça arrive à tout le monde de se tromper... Est-ce que vous aimez bien votre institutrice ?
Masurier et Eaudrand s approchent.
BERTHE
Oui, monsieur.
LIÉTHARD.
Elle n'est pas méchante avec vous ? '
BERTHE
Quelquefois quanti on la fait enrager.
LIÉTHARD, indigné.
Âh ! il ne faut pas la faire enrager... et quand elle est méchante, que fait-elle?