‹ L'êcoliere; piece en cinq actesChapitre 53 sur 106 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MARGUERITE, encouragée, récite tout d'un trait.

Si le corps nous rapproche des animaux, l'âme doit nous inspirer le sentiment d'une dignité personnelle que nous n'avons pas le droit d'abdiquer.

LIÉTHARDj lentement.

Cette phrase est d'un profond penseur, elle est remarquable par sa précision et sa justesse, mais difficile à comprendre et un peu abstraite, si j'ose dire, pour ces jeunes enfants.

NOÉMI, vivement.

Si vous le permettez, monsieur l'inspecteur, mademoiselle va lu leur expliquer.

Elle fait signe à Clémence.

LTÉTHARD.

J'allais vous le demander! (a mi-voix, se tournant

vers Masurier et Baudrand.) Ce U'est paS COmmode !

Il s asseoit.

MASURIER, faisant le geste de prendre quelque chose à deux mains.

Non, pour bien faire saisir.

BAUDRAND, avec un sourire qu il conserve.

C'est délicat.

CLÉMENCE, aux élèves.

Lorsque vous voyez des animaux dans un champ, des moutons... une brebis qui broute de l'herbe par exemple, vous remarquez qu'elle a une tète et des membres comme vous, cependant vous vous dites : elle ne me ressemble pas, c'est une bête, je suis plus qu'elle.

MVRGUEIUTE, qui est restée debout.

Oui, madcuioiselle !

Noémi fixe de nouveau Baudrand".

CLÉMENCE, continue.

Jugeant que vous lui êtes supérieure, vous ne pouvez vivre comme elle uniquement pour manger ;, courir dans l'herbe ou dormir, et vous devez éviter de faire tout ce qui vous rapproche des animaux...

(Baudrand gêné, tortille sa moustache et rajuste ses lunettes.)

C'est pour cela que les gens civilisés cachent leur corps sous des vêtements décents et convenables, comme ils cachent leurs instincts sous la bienséance , l'honnêtetéj en obéissant aux règles de la morale , aux usages de la société et non à leurs appétits comme les moutons!

LIÉTHARDj se lève, à Clémence.

Mademoiselle, je vous adresse toutes mes félicitations. C'est très complet et très clair. (Aux élèves.) Oui, mes enfants, se respecter soi-même, c'est respecter la morale, c'est être dociles et travailleuses, c'est être sages ; et, il faut l'être, car, voyez-vous, plus tard, dans la vie, quand vous serez grandes, on ne regardera pas si vous êtes jolies ou riches, mais si vous

êtes des femmes de devoir. (Noémi hausse les épaules et

secoue la tête.) Qui VOUS les apprend ces devoirs, mon enfant?

MARGUERITE

Nos parents.

Oui, et encore ?

LIETHARD.

MARGUERITE

Celles qui ont mission de former notre cœur et notre esprit.

LIÉTHARD.

Bien, et plus tard?

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