ACTE TROISIÈME
MASURIER
Depuis ça va... On ne peut lui reprocher que d'être trop flère, d'avoir des idées un peu trop... comment dirai-je...
LIKTHA.RD.
Trop élevées?... trop modernes? Oui, c'est leur défaut à toutes aujourd'hui.
M.\SUUIER.
Non, ce n'est pas tout à fuit ça, trop... aristocratiques, elle est trop susceptible pour une maîtresse d'école de chez nous.
LIKTHAUD, riant.
Vous la voudriez un jjeu plus à la bonne franquette.
MASURIER
C'est ça !
BAUDRAND, haussant les épaules.
Qu'elle vous'saute au cou tout de suite ! Moi, je lui reprocherais au contraire d'étie coquette, parfois de ne pas mesurer a.ssez ses paroles, et de ne pas accepter toujours les observations.
MASURIKU, vivement.
Ça dépend qui les fait. Tous les gens ne sont pas également sympatliiques, quand on lui dit des bêtises elle vous envoie prouiener, c'est tout naturel. Ah! pour ça, elle est parisienne, elle est moqueuse et sait vous clouer le bec.
BAUDRAND, sec.
Ça dépend de ce qu'on lui d.t, certains sujets de conversation sont défendus à certaines personnes.
LIÉTHARD.
Faut-il que je lui fasse une admonestation?
BAUDRAND et MASURIER, se récriant faiblement.
Ah! non, non!
MASURIER
Elle s'apprivoisera.
BAUDRAND
Toutefois monsieur l'inspecteur, je crois qu'il serait préférable de ne pas complimenter autant qu'on le fait cette jeune fille, on l'a trop flattée jusqu'à présent, elle s'est monté la tête, elle se croit indispensable; or, il faut qu'elle sache que si elle est ici, c'est grâce à nous et que nous la conservons parce que nous le voulons bi^n.
MASURIER
Vous reconnaissez vous-même que mademoiselle Lambert est un esprit distingué !
BAUDRAND, se récriant.
Ça ne m'empêche pas de la considérer comme une femme supérieure.
]\tASURIEB, enchérissant.
Dites une créature d'élite!
LIÉTHARD, riant.
Je vois, messieurs, que vous êtes d'accord quant à la personne; l'école est parfaitement tenue, n'en demandons pas plus?
Il va prendre son chapeau sur le banx; et se coiffe. MASURIER, bonhomme.
Vous avez raison, monsieur l'inspecteur, le reste ne nous regarde pas, nous ne voulons pas nous marier avec?
BAUDRAND, mettant son chapeau.
Ce n'est pas douteux, ce n'est pas douteux I