ACTE TROISIÈME
MASURIER, met aussi le sien, et gaîment.
Faites les cent dix-neuf coups, si vous voulez; seulement ne vous affichez pas, tenez-vous convenablement et n'allez pas le crier sur les toits !
LIÉTHARD, approuve et fait un mouvement vers la porté.
Parbleu!
MASURIER, l'arrêtant.
Oh, VOUS, monsieur l'inspecteur, je parie bien que dans votre temps, vous ne laissiez pas votre part aux camarades?
LIÉTHARD, sourit et hauss-e légèrement les épaules.
Je n'ai jamais été très libertin... (ii redescend.) J'ai été jeune, comm^ tout le monde! Mais, jamais de filles... des femmes sérieuses... (lUcanant en dedans.)
des femmes mariées... (se rapprochant confidentiellement.)
Un jour j'en avais fait venir une chez moi...
Il les entraîne en avant à droite.
MASURIER, riant.
Ah ! Ah I Ah !
Baudrand tend l'oreille, ils forment un groupe un peu serré.
LIÉTHARD.
Oui, je trouvais toujours un prétexte pour les faire venir chez moi. (a Baudrand.) Parce que, une fois qu'une femme est chez vous et que vous avez vingtcinq ou trente ans, il faut être bien maladroit pour ne pas... Vous comprenez?
Tous rient d'un rire gras.
MASURIER, riant.
Vieux criminel !
NOÉMI, entre, tous se redressent comme des écoliers, pris en faute.
Par.lori, messieurs, j'étais allée surveiller le goûter des enfants du bourg, que j'ai en garde.
LIKTHARD, se découvrant.
Ah! oui, les enfants du bourg, très bien! (Redevenant très pédagogue.) J'expriuiais à ces messieurs la grande satisfaction que j'éprouve à voir raccroissement de votre école. (Elle s'incline.) Oui, c'est pour moi une garantie certaine de l'excellence de l'enseignement qui y est donné... J'en suis très heureux aussi pour vous, mademoiselle Lambert, non seulement parce que c'est une augmentation de l'éventuel, mais aussi parce que votre situation est dorénavant assise dans le pays. Je ne saurais trop vous engager, cependant, à ne point perdre de vue les prescriptions de la loi du 28 mars 1882, ni celles du 30 octobre 1886, en ce qui concerne les rapports des instituteurs avec les autorités locales et départementales et la déférence qui leur est due ..
NOÉMI, surprise.
INIais, monsieur l'inspecteur...
LIÉTH.\RD, insistant.
Je ne saurais trop vous engager à vous y conformer stricteuient, afin d'éviter les conflits qui pourraient naître de certains manquements...
xoiîMr.
Certains manquements!
LIÉTHARD, atténuant.
Involontaires, je pense.
NOÉMI, étonnée, lance un coup d'œil à Baudrandj puis souriant.
Pour moi, monsieur l'inspecteur, je crois m'ètre