ACTE TROISIÈME
ment. Masurier fait semblant de suivr.e le mouvement, arrivé près de la porte, il se retourne vers Nôémi^ qui les suit.
MASURIER, à Xoémi-T
Vous voyez, IM. Liéthard est parfaitement disposé pour vous ; mais il est lieureux que je me sois trouvé là. (La ramenant.) Que diable avez-vous donc fait à Baudrand pour qu'il vous en veuille autant ?
NOËMI, intéressée.
Il a mal parlé de moi ?
MASURIER
Je vous certifie que le malin, sans moi, allait vous arranger I II avait déjà commencé...
KOÉ-MI, descendant.
Voilà d'où venait l'admonestation de l'inspecteur!
MASURIER, la suit en passant entre les premiers rangs des bancs.
Ah! mais, je lui ai rivé son clou!.. Je n'entends pas que ce potard déblatère contre noire chère institutrice.
(souriant, il rejoint Noémi en avant.) Tant pis pOur lui s'il
a remporté... sa veste! (s'approchaot, tendre.) N'est-ce pas, ma chère demoiselle ?
NOÉMI, impassible, d'une voix neutre.
Oui, monsieur le maire.
M.ASURIEK, lui prend la main.
C'est bien le moins, en notre pays de liberté, que l'on puisse garder la liberté de ses affections; n'est-ce pas, mon enfant ?
NOÉMI, même jeu.
Oui, monsieur le maire.
MASURIER, enhardi.
Et que l'on réserve cette affection pour ceux qui
lOG L'ÉCOLIÈRE
VOUS sont sympathiques et qui vous veulent du bien? (il l'embrasse.) N'est-ce pas, uia charmante 1
NOÉMr, se laisse embrasser sans broncher et répète machinalement.
Oui, monsieur le maire... oui;, monsieur le maire...
MASURIER, lui souriant de près.
A la bonne heure, on n'est plus railleuse, on n'est
plus méchante. (Elle s'éloigne. Lui retenant la main.) Eh I
bien, maintenant que vous savez comment les choses se sont passées, à vous d'ouvrir complètement les yeux, de comprendre et d'agir.
Il va pour sortir.
BA.UDRAND, à la porto du préau.
Masurier, M. Liéthard est en voiture, il vous attend pour aller à la gare.
MASURIER
J'y vais, j'y vais! (a Noémi.) A bientôt, mademoiselle Lambert, et réfléchissez. -
XOÈMI, même jeu.
Oui, monsieur le maire!... (Lorsqu'il est sorti, elle se laisse tomber sur lo banc devant la chaire.) Je n'ai pluS la
force!... Je n'ai plus la force... comme ils me tiennent !
Elle ne voit pas Caudrand.
BAUDRAND, feint de suivre Masurier puis rentre, reste indécis ; tînalement il descend entre les rangs de tables, et doucement.
Vous avez du chagrin?... Qu'y a-t-il donc?
NOÉMI, après un moment de saisissement.
Rien, monsieur le délégué cantonal.
BAUDRAND
Vous m'en voulez toujours ?