ACTE CINQUIÈME
BAUDRAND
Ce n'est pas prouvé, on en connaît sur votre compte !
DUTHEL.
Et sur le vôtre?
BAUDRAND
Moi, je n'ai jamais nié une dette verbale, comme vous avez fait pour Couturier I
DUTHEL.
Et moi je n'ai jamais vendu de drogues pour les filles dans l'embarras !
BAUDRAND-, riant.
Vous en auriez plutôt acheté.
DUTHEL} brandissant sa canne.
Insolent! vous mériteriez une correction I
MASURIER, le retenant.
Monsieur Duthel, vous ne ferez pas ça! (ABaudrand.) Vous n'allez pas vous battre dans le préau de l'école?
DUTHEL, à Masurier, montrant Baudrand.
Lui! le champion de la vertu!... parce qu'il n'a pas pu!
Au moins, moi je la défends; tandis que vous, vous l'accusez. Si vous croyez que ce n'est pas plus canaille !
DUTHEL, marche sur le groupe.
Coquin ! empoisonneur !
Grand brouhaha.
RIVOLLET, retenant Duthel avec Oudoire.
Vous avez tort, monsieur Duthel, vous avez tort.
16S . L'ECOLIÉRE
DÉMARIÉ. retenant Duthel.
Mais oui, mais oui !
DUTHEL.
Empoisonneur !
BAUDRAND
Voleur I jésuile !
MASURIER, à Baudrand.
Finissez donc! Voj'ons, taisez-vous, Baudrand, Duthel !
Grande confusion de voix. Oudoire à 1 écart se tient les côtes, Duthel se dégage en arrière écartant tout le monde avec sa canne.
DUTHEL.
Vous ne valez pas mieux que lui 1 Vous êtes tous des sacripants ! des socialistes !
Protestations. — Attirée par le -bruit, Noémi est venue sur le perron suivie de Clémence ; elle assiste un inslant à la scène. Puis elle descend et simplement, comme si rien ne se passait, tandis que Clémence reste sur le perron, to'nant un cahier entre ses mains avec un air de maîtresse.
NOÉMI
Messieurs^ si vous...
MASURIER, vivement.
Assez tous les deux, taisez-vous! (ll s'avance et salue.) Mademoiselle ?
NOÉMI
Si vous voulez faire l'inventaire du mobilier scolaire, je suis à votre disposition.
MASURIER
Bien, mademoiselle! (Très, embarrassé se taurne vers
les autres, hésite, p .is enfin.) Auparavant, mademoiselle