LA MONNAIE, LE CRÉDIT
I. Le terme monnaie. — Confusions qu'il provoque. — La banque d'échange de Proudbon. — Exchange and Mart. — Préjugés. — « Money Market ». — Économie de la monnaie. — Elle est un instrument indispensable. — II. Évolution de la monnaie. — Le troc. — Qualités indispensables à la monnaie. -=- La monnaie est un commun dénominateur de valeurs. — La monnaie est un véhicule de valeurs. — Définition d'Arlstote. — Altérations de la monnaie. — Philippe le Bel. — Jean le Bon. — Nicole Oresme. — Théorie de la bonne monnaie. — La loi de Gresham. — La mauvaise monnaie chasse la bonne. — III. Le prix. — Caractère d'un étalon. — La monnaie ne Ta pas. — Elle n'est pas fixe. — Ce mot étalon monétaire est un terme inexact. — On appelle étalon monétaire la monnaie qui a un pouvoir libératoire absolu à l'égard de l'État et des particuliers. — Le prix est la fixation en monnaie de la valeur de certaines utilités. — IV. Le double étalon. — Le rapport de 15 1/2. — Valeur relative de l'or et de l'argent. — La valeur de l'argent n'a cessé de baisser. — Tableau de la production de l'or et de l'argent — Causes de la baisse de l'argent. — L'humanité na cessé de chercher une monnaie renfermant une plus grande valeur sous un plus petit poids et un plus petit volume. — Les bimétallistes reconnaissent eux-mêmes que l'argent est une monnaie hors d'usage chez les peuples riches. — V. Un préjugé. — Baisse ou hausse des capitaux relativement à l'or et à l'argent. — Le prix du blé aurait dû augmenter. — VI. Ce n'est pas le prix de la production des métaux précieux qui fixe leur valeur. — VII. Les assignats de papier et les assignats d'argent. — Expériences des États-Unis. — Les campagnes bimétallistes. — Les illusions des bimétallistes. — Réponses de l'Angleterre. — La loi positive ne peut pas établir un rapport fixe entre deux valeurs variables, — Ce n*est pas la loi
qni détermine la valeur des métaux en lingots, c*est la valeur des mttaux en lingots qui détermine la valeur de la monnaie. — VIII. Autres moyens d'alléger les moyens d'échange. — La Banque. — Elle sert d'abord à garantir la bonne monnaie. — La lettre de change. — Le crédit. — Le crédit peut augmenter les capitaux existants. — Il augmente surtout le pouvoir productif des capitaux. — Le crédit gagne sur le temps. — Le taux du profit d'après Macleod. — Les opérations des grandes maisons de nouveautés. — Avantage à travailler à crédit. — Pour les maisons ayant des capitaux disponibles, le taux du profit représente l'économie de l'escompte. — Le crédit est le capital de Vavenir. — Le rôle des financiers. — La circulation d*un pays est d'autant plus développée que, l'usage delà monnaie y est plus restreint relativement au chiffre de ses affaires. — Angleterre. — Commerce extérieur. — États-Unis. — Les virements. — Les Clearing houses. — IX. Le taux de l'intérêt. — Proudhon et la gratuité du crédit. — Les trois éléments de l'intérêt. — Causes de baisse. — Avantages de la baisse de l'intérêt.
Dans les trois premiers chapitres, j'ai montré que le caractère distinctif de révolution humaine était le progrès de l'échange. J'ai constaté que l'échange devenait de plus en plus rapide, devenait de plus en plus facile, de plus en plus complexe, à mesure que la civilisation se développait. J'ai prouvé que l'échange était le propre de l'homme car, dans les études qui ont été faites sur les colonies animales, on a constaté toute espèce de formes sociales excepté celle de l'échange.
Je vais étudier les divers instruments de l'échange, à l'aide desquels l'homme a essayé d'économiser ses efforts pour parvenir à acquérir des utilités appartenant à d'autres personnes, par voie de persuasion et en leur donnant des équivalents.
Comme premier instrument d'échange, il y en a un que nous connaissons tous, et sur lequel on a encore beaucoup de préjugés: c'est la monnaie.
Un économiste anglais, M. Bonamy Price, professeur d'économie politique à Oxford, aurait voulu supprimer le terme: monnaie, de tous les traités d'économie politique, et il est certain que si on supprimait ce mot, je ne dis pas des traités d'économie politique seulement, mais du langage couvrant, il y a une foule de préjugés existants qui disparaîtraient aussitôt.
Vers 1840, par exemple, les socialistes rendaient la monnaie responsable de tous les maux : et Proudhon essayait, en 1848, de faire une banque d'échange qu'il considérait comme une panacée universelle. M. Lafargue, dans un livre qui a été publié en partie double avec moi, adresse à la monnaie toutes sortes d'imprécations.
11 y a eu un journal anglais qtii s'appelait : Exchange andMart (il existe peut-être encore) qui représentait la suppression de la monnaie. Il offrait un vieux cheval charmant contre un chien exquis, mais aussi désagréable que possible. C'est la forme primitive du troc, et les socialistes auront beau faire, auront beau dire, auront beau anathématiser la monnaie, le système de VExchange and Mart ne prévaudra pas.
Et cependant ces préjugés existent môme dans les parlements. M. Stanley Je vous a raconté qu'en 1871, à la Chambre des Communes, un membre
l'économie de l'effobt. 8
avait dit : « Je ne m'étonne pas que le peuple soit si pauvre, puisqu'il y a insuffisance de pièces d'un shelïing et de six pence et que le seul montant des taxes et des impôts payés dans une année dépasse la somme totale de petite monnaie circulant dans le royaume ».
A tout instant, dans le langage courant, quand nous parlons de quelqu'un qui est riche, nous disons : « Il a de l'argent », et encore les bulletins financiers des journaux anglais s'appellent Money , Market et, certainement, ce qu'on vend le moins dans les Bourses, c'est de la monnaie.
Ce sont des valeurs que représentent tout simplement ces Money Market, Lorsqu'on veut estimer la valeur de la fortune d'un pays, si on compare, pour la France ou pour l'Angleterre, ce que représente le numéraire relativement à la richesse générale, on trouve que ce n'est presque rien. En France on peut évaluer que la valeur de la monnaie est de 4 à 5 0/0. Mais c'est beaucoup trop. En Angleterre, où la circulation est beaucoup plus considérable, où le chiffre d'affaires est au moins double, la valeur dos monnaies est moitié moindre de celle de la France. La monnaie est considérée comme un poids mort, qui coûte cher. On Fallègc autant que possible, toujours en vertu de la loi de l'économie de Teffort.
La monnaie n'en est pas moins un instrument indispensable de l'échange.
On a commencé par le troc : on le trouve dans les pays primitifs. A Athènes, paraît-il, le bœuf a été, à un. moment donné, la valeur marchande. Mais un bœuf est un animal qui est difficilement échangeable. D'abord il y a bœuf et bœuf; il y a des différence^ de qualité ; ensuite un bœuf vivant n'est pas divisible, et vous pouvez avoir besoin de tel ou tel objet qui ne vaut pas un bœuf. J'indique immédiatement, par l'exemple du bœuf, les caractères essentiels de la monnaie. Une monnaie doit avoir une valeur par elle-même ; elle doit être, en un mot, une marchandise ; elle doit être divisible ; elle doit être identique à elle-même, qualité que n'a pas le bœuf; elle doit être enfin durable, qualité possédée par un métal et que n'a pas un animal.
Mais tout le monde n'a point de l'or à sa disposition comme monnaie, et alors on a fait usage des marchandises que l'on avait sous la main. En Sibérie, au Canada, ce sont des fourrures ; à Sumatra, au Mexique, ou encore actuellement dans l'Afrique centrale, le sel est une monnaie ; on fait des pains de sel, lesquels sont divisibles et deviennent une monnaie courante. Sur la côte de Guinée,
on se sBrt de la coulie. Les coulies africaines sont de petits coquillages, mais ils ne se ramassent pas sur la côte occidentale de l'Afrique : ce sont des coquillages qui viennent de la côte orientale, qui, par conséquent, représentent une valeur, puisqu'il y a une difficulté pour se les procurer. Enfin nous connaissons les guinées, espèce de pagne bleu que produisent les Anglais, soit en Angleterre, soit aux Indes, que nous commençons à produire aussi, et qui sont une monnaie courante sur toute la côte occidentale de l'Afrique. C'est toujours le système: on cherche, par tous les moyens possibles, à avoir un type uniforme auquel on puisse tout rapporter. M. Stanley levons a défini la monnaie avec raison comme « un commun dénominateur de valeur ».
Une femme va au marché aujourd'hui ; on lui propose un poulet pour 5 francs ; immédiatement, elle peut calculer ce qu'avec ces 5 francs elle pourrait se procurer ; elle calcule les variations de prix que le poulet a subies depuis hier et qu'il subira demain relativement à ce chiffre de P> francs ; elle calcule le rapport de ces S francs avec ce qu'elle a à dépenser par jour ou par mois.
Stuart Mill a calculé que, si la cuisinière était obligée d'avoir recours au troc, 100 articles représentent 4,950 échanges possibles, chaque denrée devant être évaluée en termes de chaque autre denrée. Par conséquent, on voit les difficultés de calcul qui se produiraient ; tandis qu'avec ce commun dénominateur, une pièce de 5 francs,
immédiatement la complexité de ces rapports disparaît, ils deviennent extrêmement simples.
Je dois dire que les anciens, les Athéniens, connaissaient très bien la monnaie : Aristote en a presque donné la définition définitive.
« On convint, dit-il, de donner et de recevoir dans les échanges une matière qui, utile par ellemême, fût aisément maniable dans les usages habituels de la vie : ce fut du fer, par exemple, de Targent, ou telle autre substance analogue dont on détermina d'abord la dimension et le poids, et qu'enfin, pour se délivrer des embarras d'un continuel mesurage, on marqua d'une empreinte particulière, signe de sa valeur. »
Ici le mot de valeur est de trop, nous allons le voir.
En réalité, l'Etat, la cité, en frappant une pièce d'argent, ne fait qu'une chose : il en certifie le titre et le poids. Il ne va pas plus loin. Il ne donne pas de valeur à cette pièce d'argent, il dit tout simplement : — Du moment que je mets mon empreinte sur ce lingot, ce lingot représente tant d'argent, tant d'or, tant de cuivre, à tel titre, et, par conséquent, il est de bon aloi. Une pièce de monnaie est tin lingot dont le titre et le poids sont certifiés.
Du moins, telle est la théorie. C'est une théorie qui, maintenant, dans les États 'modernes, est considérée comme inattaquable, mais, pendant tout le moyen âge, même jusqu'en 1789, il en était tout autrement. On considérait comme un moyen
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de se procurer des ressources de frapper de la fausse monnaie. Ainsi Philippe le Bel a été célèbre comme faux monnayeur; sous Jean le Bon, de 1351 à 1360, la livre tournois changea 60 fois de valeur. Les cours extrêmes la firent varier de 13 fr. 59 à 3 fr. 22, 11 recommandait aux officiers des monnaies de « tenir secrètes » ces falsifications, et de frapper aux mêmes coins « afin que les marchands ne pussent apercevoir l'abaissement. »
Charles V mit un terme aux altérations des monnaies. La grande ordonnance de 125S promettait désormais bonne et stable monnaie pour tout le royaume, de telle sorte que le marc d'argent (huit onces ou la moitié de la livre de Paris) ne produisît jamais plus de six livres tournois.
Nicole Oresme, évêque de Lisieux, conseiller de Charles V, dans un mémoire intitulé : Traictié de la première invention des monnaies ^ a dit à peu près tout ce qu'il y avait à dire sur Ig, monnaie. Ainsi il déclare que l'effigie du prince ne doit servir que de garantie : « on mect au denier l'imaige et la subscription de par le prince à signifier et donner à congnoistre la certitude du poix, qualité et bonté de la matière. ... »
C'est la définition que je vous ai donnée tout à l'heure de la monnaie. Le prince ou l'Etat certifie que telle pièce revêtue de telle ou telle empreinte a tel ou tel poids, tel ou tel titre.
(( Ainsi donc se la vérité ne respondoit au
poix, qualité et bonté, il apperroit tantost que ce
seroit une faulseté très vile et déception frauduleuse.... Qui seroit doncques celluy qui en le prince, qui auroit diminué le poix ou bonté de la matière, ainsi figurée de son propre signe, aurait fiance ? »
Il va même beaucoup plus loin : dans un passage très énergique il déclare que la mutation est d'autant plus périlleuse, « qu'elle n'est pas sitôt sentie ne apperceu du peuple, comme il seroit par une aultrc cueillette, et toutefois nulle telle ou semblable ne peust estre plus griefve ne plus grande. »
(( Il convient et est chose propre à un g prince de condamner et pugnir les faulx monnoyeurs et ceulx qui en monnaie font aulcune faulseté ou larrecins. Comment donc ne doibt pas celuy avoir grant vergoigne, se on trouve en luy la chose qu'il debvroit pugnir en ung aultre par très laide et infâme mort?»
Cependant ces sages principes seront oubliés. En J668, le marc d'argent représentait 26 livres; dans les dernières années de son règne, Louis XIV étendit cette dénomination jusqu'à 40 livres idéales.
On a appelé loi de Gresham la constatation du fait suivant : la mauvaise monnaie chasse la bonne. Cette loi de Gresham qui date du xvn® siècle est contenue dans le Traité des Monnaies de Nicole Oresme. La mauvaise monnaie chasse la bonne : c'est un fait qu'on retrouve partout. Chaque fois qu'il y a une monnaie dépréciée dans un pays, immédiatement tous ceux qui font trafic de monnaie
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s'empressent de prendre la bonne, ceux qui en ont s'empressenl de la cacher et de tâcher, au contrante, de ne faire circuler que la mauvaise.
Nous allons tout de suite déterminer ce que signifie ce terme : prix. Adam Smith a dit que le prix était la valeur nominale des choses. Il n'y a ni bon marché ni cherté absolus. Tout est relatif, en matière de prix. On parle,. par exemple, de l'étalon monétaire : ce terme est impropre. Tout le monde sait ce que c'est qu'un étalon de mesure, le mètre, par exemple, la 40 millionième partie du méridien terrestre. Que ce mètre mesure du bois, de la laine, de l'étoffe, quelle que soit la matière mesurée, il reste toujours un mètre. Il ne change pas et on peut dire que c'est un étalon fixe. De même, vous prenez un gramme, la qualité du gramme ne change pas relativement aux autres chose qu'il pèse. Que ce soit de l'eau ou du vin que vous versiez dans un litre, il ne change pas, il reste fixe. On peut dire que ce sont là véritablement des étalons de capacité, des étalons de poids, des étalons de mesure.
Mais il n'en est pas de môme avec la monnaie. La monnaie, c'est une marchandise, c'est un lingot qui a tel poids et tel titre. On dit que la monnaie est un
étalon, mais c'est un étalon qui est variable. La valeur de la monnaie change avec la chose qu'elle mesure ou qu'elle pèse, elle change avec le moment. Aujourd'hui, par exemple, voici un louis d'or qui aura une valeur de tant relativement à un quintal de blé, et demain cette valeur sera changée. Il y a une mauvaise récolte cette année, immédiatement la valeur du louis d'or diminue relativement au quintal de blé. Il y a, au contraire, une récolte abondante, et immédiatement la valeur de ce louis d'or augmente relativement au quintal de blé. Par conséquent, ce qu'on appelle l'étalon monétaire est un étalon qui se mesure lui-même avec les choses qu'il mesure. Aussi est-ce un terme impropre que celui d'étalon monétaire. En réalité, on appelle étalon monétaire la monnaie qui est reçue indéfiniment dans les caisses publiques , qui a un pouvoir libératoire absolu, à l'égard de l'État et à l'égard des particuliers.
Quand on parle de doublQ étalon, cela veut dire que vous pouvez porter des pièces de S francs aussi bien que des louis d'or chez votre percepteur et qu'il doit les recevoir. Vous pouvez contraindre, au besoin, votre créancier à recevoir des pièces d'argent aussi bien que des pièces d'or. L'Etat et la Banque ne peuvent pas refuser les pièces de 5 francs pas plus qu'ils ne peuvent refuser les louis de 20 francs. Voilà ce qu'on appelle un double étalon.
On dit qu'un pays est au régime de l'étalon uni-
que quand une seule monnaie a un pouvoir libératoire indéfini, et quand toutes les dettes doivent y être payées en or, comme, par exemple, en Angleterre, en Allemagne depuis 1873, tandis que les monnaies d'argent ou de billon ne sont considérées que comme des monnaies d'appoint. Et qu'est-ce qu'un prix? La valeur, c'est le rapport de certaines utilités entre elles, et le prix est tout simplement l'évaluation de ce rapport en monnaie. Par conséquent, le prix non seulement n'a rien de fixe relativement aux diverses valeurs qui sont comparables, mais il faut tenir compte encore, dans la fixation des prix, de la valeur relative de la monnaie qui les détermine.
En France, nous sommes sous le régime du double étalon, d'après la loi du 9 thermidor an 111 et la loi de Germinal an XL Elle est ainsi conçue : « S grammes d'argent au titre de 9 dixièmes de fin constituent l'unité monétaire sous le nomde franc.» Et puis il a été spécifié que, dans un lingot d'or d'un kilo, on pourrait frapper ISo pièces d'or, 155 louis. A ce moment, on a pris tout simplement le cours des deux valeurs et le législateur a constaté qu'un gramme d'or pouvait acheter 15 grammes 1/2 d'argent. C'est ce qu'on appelle le rapport de 15 1/2.
Mais, entre deux valeia^s variables il n'y a pas de rapport fixe. Les bimétallistes actuellement répètent sur tous les tons que le rapport de 15 1/2 a existé d'une manière fixe jusqu'au moment où on a fermé la Monnaie à la frappe de Targent, en 1873 et en 1874. Cela n'est pas exact. Beaucoup de volumes, de travaux ont paru sur la variation de la valeur des métaux précieux. Je citerai, entre autres, un volume fort remarquable de M. Shaw, qu'a traduit mon ami, Rafîalowich, et dans lequel on trouve tous les tableaux représentant les valeurs diverses des métaux précieux jusqu'à nos jours. On y voit entre l'or et l'argent des variations constantes; et selon leur plus ou moins d'abondance, selon l'offre, selon la demande, ils ont varié entre eux. Je dois ajouter que la production de l'or a été plus considérable relativement à la valeur nominale que la production de l'argent. Mais la variation de l'or, relativement à l'argent, n'a subi que des baisses insignifiantes. D'après les tableaux de M. Sœtbeer,* après la découverte de l'Amérique, il fallait 10 grammes d'argent pour acheter un gramme d'or; au commencement de ce siècle il fallait 15 grammes et demi d'argent pour acheter un gramme d'or. Depuis, il y a eu une augmentation considérable de la production de For, de 185d à 1870, et M. Leroy-Beaulieu, dans un tableau très bien fait, très serré, qu'il vient de publier dans son grand Traité d'économie politique, a montré ces diverses variations.
Je le reproduis :
ANNEES
Total de la période 1484-1893. .
OR