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LA CONFEDERATION GENERALE DU PATRONAT. 2DD

pement de classe et trouveraient en face d'eux une autre organisation de classe, la C. G. T., devenue institution officielle reconnue pour parler au nom de tous les ouvriers français. Voilà la combinaison préparée et pour laquelle on fait, depuis six mois, une intense propagande dans les milieux patronaux. Des fédérations et (les groupements ont été fondés pour propager l'idée, pour amener les patrons à accueillir avec joie et reconnaissance ce don d'une confédération patronale que l'on opposerait à la C. G. T. Un certain nombre d'imbéciles ont sauté sur l'idée. On a pu entendre, au printemps de 19 19, un ahuri déclarer que « le jour où les huit millions de patrons seraient unis contre les huit millions d'ouvriers », il y aurait quelque chose de changé en France I Voilà les idées de guerre civile répandues dans le pays par les soins du ministère de la Reconstruction nationale! C'est un péril national auquel il faut s'opposer résolument. Les producteurs français sauront faire échouer ce plan.

On voit assez le calcul des politiciens et de leurs protecteurs ploutocrates dans la réalisation de cette combinaison; avec une organisation fondée sur l'idée de la lutte de classes et placée à la discrétion du gouvernement, on consolide le

pouvoir des politiciens habiles à exploiter le monde ouvrier. On tient les patrons, on tient les ouvriers : on les manœuvre les uns contre les autres. On se lait présenter aux ouvriers comme l'homme qui fait céder les patrons; on se présente aux patrons comme l'homme qui calme les colères ouvrières. Résultat : puissance démagogique acquise sur les ouvriers, puissance conservatrice sur les patrons, accompagnée de sérieux profits matériels.

Veut-on réaliser quelques affaires fructueuses? On a sous la main les moyens de diriger l'action ouvrière contre telle ou telle industrie que l'on veut ruiner complètement ou contraindre à accepter les volontés de tel ou tel groupe financier.

On a pu le constater en 1 9 1 g : le même homme , Aristide Briand, excite, ordonne les mouvements du bolchevisme, afin d'effrayer la bourgeoisie, et excite, entretient, ordonne les réactions bourgeoises. Pour le soutenir, les politiciens de la Sociale qui veulent razzier quelques bourgeois, et les bourgeois qui suent la peur et qui attendent leur salut des mitrailleuses; au-dessus des uns et des autres, les grands bailleurs de fonds qui spéculent sur les troubles économiques pour rafler la fortune d'autrui. C'est l'utilisation politicienne du dogme marxiste de la lutte des

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classes, accommodé à deux sauces différentes pour les bourgeois et les ouvriers.

Opposons la vérité économique à cette prestidigitation de la politique démo-ploutocratique : l'organisation des producteurs en deux classes séparées n'est pas, ne peut être une organisation de la production, parce qu'elle ne crée aucun organe économique; elle ne peut aboutir qu'à la constitution de deux groupes opposés, ennemis, non sur le plan de la production, parce qu'elle ne crée aucun organe économique, mais sur le plan de la guerre . Des politiciens peuvent se flatter d'éviter la guerre à laquelle porterait cette organisation; ils peuvent espérerqu'ils seraient les pacificateurs et les profiteurs du conflit permanent ainsi organisé. Leurs calculs seraient tôt ou tard déjoués par l'explosion des passions soulevées. Ce n'est pas impunément que l'on amplifie la peur bourgeoise, que l'on excite les appétits ouvriers. L'issue de ce jeu. c^est la répression violente et impitoyable ou la révolution non moins violente et non moins impitoyable. Dans les deux hypothèses, c'est la menace de la ruine pour le pays, c'estle sang français versé. Nous voulons égargner le sang et les richesses du pays. Producteurs, patrons et ouvriers, soyez séparés pour défendre vos intérêts respectifs, dans les cadres de vos

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industries ; mais soyez unis contre les politiciens pour défendre votre sang et vos biens. 11 est faux, il est faux que vous apparteniez à deux classes distinctes et opposées. S'il y a des classes sociales, il n'y a pas de classes économiques. Il y a des groupements économiques propres aux métiers, aux régions et aux nations; il y a solidarité économique entre tous les membres dune même nation. Prenez conscience de ces intérêts communs, sans perdre conscience de vos intérêts particuliers de patrons ou d'ouvriers : cela ne conduira ni à la C. G. T. ni à la C. G. P. Vous serez conduits à vous donner les institutions oii vous défendrez ensemble vos intérêts communs de producteurs contre les naufrageurs de la finance et de la politique.

L'utile et féconde réalisation d'une Confédération générale de la production française, c'est, non pas la formation en classes, mais la formation par professions, par groupes économiques, par régions, les syndicats ouvriers et les syndicats patronaux étant représentés, par leurs délégués, à chaque palier, les uns et les autres constituant à chaque échelon, leurs conseils de métier. Dans cette formation, le conseil économique national est constitué, non par les étatsmajors de deux cla>^ses sociales, mais par les

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délégués-patrons et ouvriers des groupements corporatifs et régionaux de producteurs et l'union économique nécessaire se fait contre les politiciens.

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