ÉBAUCHE D'UNE ORGANISATION
Représentation des intérêts particuliers. — Organes des intérêts généraux. — Où est la solution ? On a parlé d'un Parlement du travail, d'une représentation professionnelle organisée sur le mode démocratique. De telles institutions seraient inorganiques. Il y a mieux à faire. Suivons les lignes que nous indiquent les conditions de la production elle-même. Nous découvrons qu'il y a un intérêt et des conditions nationales de la production; de même, un intérêt et des conditions régionales, un intérêt eldes conditions locales. A chacun de ces paliers, il y a des intérêts particuliers, qui sont patronaux ou qui sont ouvriers. Cette vue acquise, organisons; partons du premier palier, et des organisations qui s'y trouvent. Au palier local, réunissons les délégués des organisations syndicales, patronales et ouvrières, et créons un conseil local, à compartiments corporatifs. Voici le lieu ma-
tériel et moral, où seront résolus — et prévenus — les conflits du travail, et où seront connues, par l'échange continuel des vues et des informations, les conditions communes de la production locale, les intérêts locaux de chaque corporation. Au palier supérieur, qui est la région natmelle ou la région économique, les délégués des Conseils, patrons et ouvriers, délégués locaux et délégués corporatifs formeront le conseil régional, où seront représentés les intérêts locaux, où l'on prendra conscience des intérêts régionaux, où les différents métiers se feront connaître les uns aux autres les services qu'ils attendent les uns des autres, où l'Agriculture pourra dire ses besoins à la Construction mécanique, où les ouvriers pourront obtenir du Bâtiment des plans dé construction de cités, etc.
Au palier supérieur, qui est celui de la Nation, les délégués patrons et ouvriers des régions, les délégués patrons ouvriers des fédérations ^régionales de (métiers, formeront le conseil national de la production. Là, intérêts j|de lieux, de régions, de métiers, d'industries, de grands groupements économiques sont représentés; là, les compétents et les responsables prennent conscience de leurs intérêts nationaux, de l'ensemble de leurs intérêts communs.
A tous les paliers, donnez à tous ces organismes leurs institutions économiques, professionnelles ou territoriales propres: revues, journaux, écoles, cours, maisons, caisses communes et particulières, et vous aurez créé, à tous les échelons de la production, les institutions par lesquelles les producteurs pourront connaître leurs intérêts communs et vivre d'une vie commune.
C'est l'ébauche d'une organisation économique de la France qui repose, non sur une idéologie, mais sur des principes tirés de l'observation des faits contemporains et qui tient compte des nécessités de la production et des créations spontanées de la vie économique. Ajoutons que c'est, depuis l'été de 1918, le programme d'un groupe d'industriels, de commerçants, d'agriculteurs qui travaille à