‹ L'Economie sociale au point de vue chrétien [microform]Chapitre 5 sur 57 · DE LA DÉFINITION DE L ÉCONOMIE POLITIQUE · texte numérisé non relu

DE LA DÉFINITION DE L ÉCONOMIE POLITIQUE

L’économie sociale , plus généralement appelée économie politique, n’a pas été encore définie de manière à satisfaire, je ne dis pas tous les esprits, mais même

14 DÉFLXrnOX i>K I.’ÉCOXOUfK.POLiTlUUE.

la inajorilc' lie c(>i;x qui la cullivcnt. Les auteurs les |)liis clistingiias non-seulement ciitiquent les définitions (fu’ils en trouvent dans les ouvrages composés par leurs |)rédécesseurs, mais souvent ils reconnaissent rinsuflisaiice de la leur, et ils s’en écartent dans le cours de leur discussion.

Cette absence d’une définition régulière n’est pas spéciale à l’économie politicpie. Les autres sciences morales se trouvent [)lus ou moins dans le même cas.

•le doute qu’il existe pour aucuiu! d’elles une définition ipii défie la critique.

A cette ditiiculté inhérente à toutes les définitions vient ici s’en joindre une autre : c’est que la science ilont j’ai à traiter est toute nouvelle. Elle n’a pas encore jm accomplir de nombreuses évolutions, ni explorer tous les phénomènes qui sont de sa compétence. Elle n’a eu ni son Copernic, ni son Newton, ni son Desf ai tes : \oiIa pounjuoi elle otTre de nombreuses lacunes, loutefois, elle a été cultivée par des hommes éminents (pu lui ont fait parcourir un espace immense : les noms de Boisguillebert, de Quesnay, d’Adam Smith, de lîicardo, de Jean-Baptiste Say, de Rossi, de Bastiat, seront longtemps conservés dans son histoire.

D’abord, on s’en formerait une fausse idée si ou la considérait comme ayant |)our objet d’indiquer les moyens de s’enrichir ou de conserver la fortune qui a ('te acquise. Elle n est ni un recueil de maximes sui' l’art de faire fructifier le sol, d’assurer le succès des entreprises, de rendre les capitaux productifs; ni l’exposé d un plan de crédit ou d’un système de finances. Bien que basée sur les faits, elle n’en est pas la simple classification; mais elle en déduit des lois réelles, c’est-

UKFiXmoX DF L FCOXOMIF POLITIQUE.

à-dire consiaiites et invariables. L’industriel qui organise un atelier, le négociant qui importe ou exporte des marchandises, le calculateur qui découvre les avantages des intérêts composés pour l’amortissement d’une

somme prêtée à longue échéance, ne sont pas pour cela des économistes : ils le seraient s'ils se rendaient compte des lois qui président à la formation des richesses, à leur distribution, à leur consommation. Comme on n’est pas physicien quoiqu’on construise une pompe, qu’on utilise la chute d’un ruisseau poui faire tourner une roue, mais qu’il faut connaître, afin de mériter ce titre, les lois relatives à la pression atmosphérique et au mouvement d’impulsion; ainsi on n’est pas économiste si, se bornant à appliquer les règles fournies par l’expérience, on arrive à la fortune sans s’expliquer les phénomènes généraux auxquels sont soumises les forces productives de la terre et du

travail.

Qu’est-ce donc que l’économie politique? Je crois qu’on en donne une notion suffisante en la définissant : ÏM connaissance des lois qui président à la formation , à la distribution et à la consommation des richesses.

On voit tout d’abord que je fais de l’économie politique une véritable science, puisque je lui donne pour objet des lois, des phénomènes constants, se reproduisant toujours identiquement dans les mêmes circonstances. Ainsi, partout et toujours, l’olfre et la demande influent sur les prix, de manière que plus les vendeurs abondent, moins les marchandises ont de valeur. Leur prix, au contraire, s’élève lorsqu’elles sont plus demandées qu’elles ne sont offertes. C’est encore un résultat certain, ({ue la division du travail le rende moins cher

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