‹ L'ecrin comedie en trois actes, melee de chantChapitre 35 sur 50 · BOIZARD, ARMAND, FRUCHET, M- NETTE · texte numérisé non relu

BOIZARD, ARMAND, FRUCHET, M- NETTE

BOIZARD. Venez, mes amis; maintenant que j’ai fini ma tournée, je tiens avant d’enloycrN'inelte auprès de M"" Eveline,h causer librement avec vous d’affaires de famille. .. [Apercetant Armand.) Ah! monsieur le duc

ARMAND. J’attendais que le pavillon...

mais je vous gêne peut-être.

BOIZARD. Vou.s, monsieur ! oh ! loin de là, car cette circonstance excusera une prière qn’autrcment je n’aurais osé vous adresser.

arm.and. Laquelle?

BOIZARD. De signer au contrat de mariage de ma nièce.

MNETTE et FRUCHET , à part . Abl mon Dieu!

ARMAND. Bien volontiers.

FBocuET. Son mariage...

ninette. Avec qui donc?

BOIZARD, à Minette. Écoute-moi ; car il est une explication que je suis fier de pouvoir donner devant monsieur le duc, afin de jusfier un peu cette estime... dont il m’a fait crédit.

ARMAND. Que dites-vous?

ROIZARD. La vérité... si j’acceptai la gestion celte immense fortnne , ce ne fut pas par cupidité : tonte ma conduite en a été la preuve; j’obéis.sais à d’autres sentiments que, plus que personne, vous approuveriez, monsieur, voua dont le noble cœur doit comprendre tous les sacrifices.

ARMAND. Des sacrifices... oni, il en est parfois de cruels I

ROIZARD. Et qu’il faut accomplir sans faiblesse quand c’est un devoir qui les impose.

ARMAND, n part. Ah! il semble me dicter lui-inéme ma conduite.

IIOIZARD. L'n mot de .M“* de Conrsol... a changé toute ma destinée. oBoizard, me ditelle avec un air d’affection , presque de ré- ])cnrir que je ne lui avais jamais vu , je vous ai fait longtems souffrir. »

tous trois. Vous?...

BOIZARD, jetant un regard au ciel avec un sourire mélanconique. Oh I rien... rien... elle ajouta ; « J’ai tout réparé. > Elle allait poursuivre , une faiblesse l’en empêcha. ..

mais je ne puis me méprendre sur le sens de ses paroles... un legs sans doute, quelques mille livres de rente, que mon premier mouvement était de refuser... et puis, j’ai pensé à toi, ma Ninette, à des sentiments que j’avais devinés, surpris... Eb bien... je me résignerai ,j’acceptiTai le bienfait., nonponr moi, ni pour toi non plus, tu es riche, à toi je ne donne rien , mais tout à celui que je veux rendre aussi riche que toi , à Fruchet

FRUCHET, stupéfié. Ah bah!

NINETTE. Ah! mon bon oncle!... que je vous remercie.

FRUCHET. Monsieur Boizard !

ARMAND. Ce désintéressement..

BOIZARD. N’a aucun mérite, monsieur.

ahmasd.

Am : T'en (oun>n<«(M.

Donner ainsi toute votre fortune...

noa.iRD.

C'est le moyen d'en augmenter le prix;

Car s mon égo elle n’evet qu'importune

Si i'on n’en peut enrichir sex amis.

Kt Comme i! vient une heure inévitable,

Où quitter tout est la suprême loi.

Le bien qu'on fait est le seul bien durable,

Car c’est le seul qu’on emporte avec soi.

{À Fruchet et à iVinef/c.) Je vivrai auprès de vous, mes enfants, avec des cœurs qui m’aimeront.. C’est là ce qui m’a toujours manqué... à moi , qui ne dois |>as avoir d’autres liens, qui ne dois jamais entendre personne m’appeler {regardant le Vue) de ce nom si doux de père... Kli bien, ce nom , c’est tout

MAGASW THÉÂTRAL:

ce que je Tc«n «temande... donacz-ie^oi qaelqacfois , ça me (tTa illasion.

KiNETTE, Ivi taulant au cou. Ah! que je vuns embrasse, mon p£re I

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