‹ L'ecrin comedie en trois actes, melee de chantChapitre 36 sur 50 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

Les MÊMES, BI.A^OET, un manleauctun

paletot sur le bras, à la main un plateau.

BL.\XDF.T,posant tes vilemens sur un fauteuil au fond, et te plateau sur nneeonsoU adossée au mur. (,c pavillon est pn't, et je serai h la disposition de monsieur le duc, dès que j’aurai rempli les ordres de mou maître pour monsieur lioizard.

itOlzAiiD. Queli ordres?

BLANDET. Vous passez la nuit ici et par ces soirées d'automne qui sont si froides , mon maître a craint que son bon précepteur. . . car il vous aime!... et il m'a cnimiiandé de TOUS apporter cette bouteille de Xérèe.

11 oiootre le pUt«aa qu*ît a po<ê sur la table près de la cheminée.

BOIZARI). -A moi !

ARMAND, d part. Ah ! je soupçonne...

BOlEAlio. Singulière idécl vous pouvez rempoiter...

BLANDET. Pardoo... et mes ordres... je laisserai U, si l’envie vous prend plus tard...

(Apart.) MoiquicomptaisUi-drssuspourlc...

noizABD. AUons, Mnette, M"" Éveline t’attend... Fruebet, où je t’aidiL.. monsieur k duc. -

ARMAND. Vous laisser là seul?

NINETTE. Oui, ça me coûte.

FRUCBET. A votre Sge...

BOlZABD. Bon I pour une nuitl...

ARMAND. Que je passerais si volontiers ici, près de vous...

ROIZARD. oh ! monsieur...

BLANDET, d part. Diable I tout serait manqué... (TTaut.) Monsieur le duc y penset-il? mon maître ne me pardonnerait pas...

d’ailleurs une autre attention qu'il a eue pour monsieur Boizard , votre paletot ouaté qu’il vous envoie.

BOIZARD. .V quoi bon?

BLA.\DET. Vous ne pouvez pas refuser.

FRUUIET. Non, quant à ça.

NINETTE D'abord, je ue vous quitte pas que vous ne l’ayez mis...

BOIZARD. Allons... il faut toujours faire ta volunté... {Souriant.) Alt! quand tu seras mariée...

BLANDET, d part. A merveille... [Haut.) £t si pendant ce lemps-là , monsieur le dur veut mettre sou mauteau do voyage que je lui ai apporté, pour traverser le parc...

{À part.] Lt détourner sou aticution...

ARMANI). J'y vais... {Apart, allant prendre toit manteau au fond.] Ayons toujours l'œil.

BOUABD. au moment d'àter sou babil.

Ah! ma clef!.. . que j’oubliais... (,111a retire de sa poche, Xinelle la refait et ca la poser sur la cheminée.) Là I..,

Fruchet flNinetic l'nidenl à Ater sm habit.

BLANDET, « hâtant de se poter entre eux et la table. Voici le paletot. ..

NINETTE , le lui prenant des mains. Ah oui!... Ce sera bien chaud.

EIW aide DoiiarJ k le passer.

FBirciiET, qui aide de Vautre côté. C’ea solide, ça...

ItoizAKD, dès qu'il a passé le paletot.

Maintenant, ma clef.

ni.AMiET, lui présentant Vautre clef à Us place. Voilà, mon bon monsieur Boizard, ü voilà.

ROIZARD, la regardant. Oui., oui., c’est bien ...

Il la rpmat dans la porhr intWfdra sur sa poitriiM.

ARMAND, qui a mis son manteau, d part.

Quel bonheur que j'aie vti !

BLANDET, ù part. On ne se doute de rien...

ROIZARD, d Xinette et d Fruchel. Ah ça, j’espérc que vous êtes rassurés. .. me voilà comme |x)ur un voyage...

NINETTE. Oui, an moins, comme ça, si vous vous endormez...

noi/.ARo. J’y romjdc bien... et ce ne sera pas long... car je me sens d'une fatigue.

AiiUAND, redescendant la terne. Kous vous laissoas.

RLANDET, qui pendant tout ce temps a cherché sur ta cheminée, à part. Ah ça, mais celte def... elle devrait pourtant être là..! par où est-elle passée!,..

ROIZARD. qui reconduit Armand, se retournant. bh I)ien , que fais-tu là?

BLANDET. Moi, rien, rien... je rangeais 'je...

boizard. Alonsicur le duc attend.

RLANDET. Je SUIS à SOS ordres... je...

(A /Mit.) Quel contre temps!... écrivons à mon maiire que c’est reUrdé, que je tenterai autre chose.

niL'CliET. .Adieu, notre bon oncle.

NINETTE. .Votre père?

Rülz.vRD. Chers enfants!

ENSEMBLE

Ain : i«r arte de la Favorite.

noiZAnO, FRVCHET, ÎIISETTR.

AlkiDB, h A'-msin. cl qoo tout BommfiUc;

L’aurore bicniM ra luire à ros yru*.

lafvr'Mu? «lu bofilieur la nmin oÔum réwHU»,

Plus brilUnts encor nous semblent les cieui.

ARVAXD.

Il faut m’êlolKner quanj chacun sommeine.

Je rote un urojH coupaMe. ixlieax.

Corament lioii Unir cette alTrei»<!(’ teille?

Oserai-je encor contempler les cteux?

Boisard reefmdtutjiui^u’àla porte Armand, qui $ort arec Hiandet. FrurHtt let atiit. .\'inc((e tort par la porte lpt1 mène chez fc'rrline.

L'ÉCBl».

SCE!SE xvm.

la miTqiw iV qui tfmif !■ sccne précédas te

Mcootinoe en soardtoe jusqu'k U fia 4« l'actc.

BOiZARD , fouttant le «errotc dt la forte du fond

Qu'a donc ce Blandet ?... son air inquiet . . an misérable r.ip.iblc de tout heureu-

sement j'ai pris mes précautions... S commencer par celle-ci... {Il ra retirer de la foeht de son habit des pistolets. ) Li , sur cette cheminée. . . {Approchant un fauteuil.) Et moi h côté , dans celte causeuse... {Il s'assied.) Enfin donc !... je commence ï entreroir des jours de repos, sinon de bonheur.. . Ih! il était temps!... je sentais ma force s'épuiser. On vieillit vite li cette nécessité de csotrmndre, de cacher tousses sentimens, toutes ses aOections , de les refouler en soi ; c'est le suicide de l'ânie... M"" de CoursoL.. mon Uieu!. .. pardonnez lui le mal (pi'elle nous fit.. Ce joug qu'elle m’imposa depuis le moment où elle eut notre secret... un scaet terrible.. . Enfin, j'ai pa;é son silence par üente années d’esclavage... puissé-jc avoir expié par là une faute... dont méuie a présent le souvenir m'est ciicure trop cher...

Ab! écartons, écartons ces images... n'ayoïis puisqu'une pensée... Je suis libre! libre!...

je vivrai avec des amis, des entanU... ils me liendroot lieu de... de...

Il s'endort.

Page 1