SCÈNE PREMIÈRE
BOIZARD, FRUCHET, NINETTE.
liOiZARD. Enfin, mes amis, vous voilà arrivés ; ma sœur veut donc vous céder h moi pour quelques jours?
NINETTE. Dès que vous nous demandiez , mon oncla , partis aussitôt.
FRUCHET. Parbleu ! nous étions si inquiets devons depuis cette nouvelle, venue jusqu'à nous .sans aucun détail.
BOIZARD . Est-ce que dans toute la semaine j'ai eu le temps de vous écrire ?. . . jugez donc, un coup de foudre!... car au moment où je vous quittais pour rapporter à M"" de Coursol son écrin qu'elle n'a pu même ouvrir , il n'y avait déjà plus d'espoir : cette volonté de fer sous laquelle tout devait plier, elle venait d'en être victime... oui, en s'occupant des préparatifs de sa fête, une rechute, une crise...
NINETTE. Quelle imprudence aussi !...
BOIZARD. J'ai eu beau faire avertir sur-lechamp M. de Coufsol , son neveu , qui est accomu au château avec lAl. Rostolin.
FRUCHET. Le médecin... autre imprudence!
BOIZARD. Elle ne voulut les recevoir, ni eux, ni M""' Éveline, accourue en même temps et dont le nom seul semblait réveiller toute sa jalousie contre une nièce à qui elle n'a jamais pardonné sa haute naissance; bonne madame Éveline, qui n'en est pas moins restée depuis au château, malgré les scellés apposés sur l'appartement de sa tante , malgré les absences perpétuelles de son mari , elle seule fidèle à toutes les bienséances...
NINETTE. Et vous ditcs quc vous avez besoin de nous?
BOIZARD. A qui donc me fierais-je dans les pénibles fonctions que le choix du juge de paix m'a imposées ?
FRUCHET. Au fait, gardien des scellés...
BOIZARD. Il y va de mon honneur, de ma viciUe réputation , à ce que rien ne puisse être détourné de l'héritage, et dans ce vaste château, où quelques valets d'une probité plus que suspecte... Aussi, grâce à votre présence, une mesure nécessaire que j'aurais voulu prendre plus tôt...
NINETTE. Laquelle?
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