ARMAND, ÉVELINE
ÉVELINE. Vous ici!... monsieur, vous y restez malgré moi... ah! ne croyez-vous pas m'avoir déjà fait assez de mal ?
ARMAND, oh! oui, trop pour ne pas le réparer ; et c'est ce que je viens faire. ÉVELiNE. Comment?
ARMAND. Le jour où je vous laissai à demi mourante de l'aveu que vous m'aviez contraint à vous faire, je n'ai pas besoin de vous dire tous mes efforts pour rejoindre M. Boizard avant le départ du chemin de fer et ressaisir cette malheureuse lettre... mais il avait trop d'avance sur moi, et quand j'arrivai... ah' ce convoi qui l'entraînait, il me sembla qu'en passant il me l)royait le cœur... Jugez... jugez... une heure d'attente, de tortures... Enfin j'arrive... j'accours ici... je demande M. Boizard... impossible de le voir, de lui parler... enfermé près de votre tante, qu'il ne quitte plus , et quand je revins le lendemain , jibis d'espoir... les scellés venaient d'être apposés... Oh! ce niomentlii! le plus cruel de tous... par bonheur, une réili'xion , un sou\enir... Le juge de paix de Versailles, le père d'un de mes condisciples... .le cours chez lui... je lui raronle l'allreuse position oi^ je me trouve , ma fatale méprise, tout enfin...
ÉVELIKE. Grand Dieu!
ARMAND, oh! rassurez-vous... tout, excepté votre nom , «pii n'a pas été compromis, (|ui ne pouvait même être doviné. <• Mon- 1' sieur, lui ai-je dit , quand vous ferez la le- " vée lies scellés, et que cet écrin jjassera » sous vos mains, le billet qui s'y trouve, » vous n'aurez <pi'îi le prendre, me le rc- » nu'llrr cl me suivre .'i l'éciri . pour vous
» assurer qu'il ne renferme rien qui inté- » resse la succession de Jl"" de Coursol ; ') vous le lirez vous-même devant moi , tout » entier, sauf un nom, un seul, que je ca- » cherai à' vos regards.. . car ce nom, c'est » la réputation d'une femme, qui vous béni- 1) ra comme moi. »
ÉVELINE. Et sa réponse ?
Af.MAND. Pouvait-elle être douteuse?...
Demain , demain vous serez sauvée.
ÉVELINE. Sauvée! oh! vous dites vrai...
car je puis vous l'avouer maintenant, ces huit jours d'angoisse... mes forces épuisées... Oh! si un opprobre public était venu me frapper, je succombais, je n'avais plus eu moi de quoi y survivre !...
ARMAND. Je le savais... mais rassurezvous!
Ain : Aux braves Hussards du 2™«.
Mon amour vous a poursuivie, Sur vous il jeta ce danger; Au pris de mon nom, de ma vie.
Il est là pour vous protéger.
Pour réparer mon imprudence.
Mon désespoir eût tout bravé; L'honneur pour moi ne recommence Que lorsque le vôtre est sauvé.
ÉVELINE. Noble Armand !
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