SCENE II
COURSOL, ROSTOLÏN, BLANDET, Domestiques.
COURSOL. Eh bien ! tout le monde levé à
cette heure , quand à peine il fait encore jour ? Que me parle-t-on de scellés brisés , d'écrin disparu... on accuse monsieur Boizard ?
BLANDET. Daui ! monsieur, on ne l'accuse pas précisément , mais ca ne peut être que lui.
COURSOL, à part. L'effronté coquin! je comprends... il a fini par réussir... et il veut tout faire retomber sur un autre.
ROSTOLIN. Eh bien ! cela ne m'étonne pas. .. ce monsieur Boizard avait une certaine bosse de l'acquisivité qui m'avait toujours inspiré de la défiance... Mais comment cela est-il donc arrivé?
COURSOL. Oui, oui, Blandet, dites-nous la vérité. .. {A part.) .Te suis tranquille, quelque mensonge pour ne pas nous compromettre.
BLANDET. Voilà ! celte nuit... je veux dire au point du jour... je venais dans le salon, poiîv...
ROSTOLIN. Eh bien! pour...
BLANDET. Pour chciclier quelque chose que j'avais oublié.
MAGASIN THEATRAL
cotiRSOL , à part. Oui , oui , la seconde tentative ; il m'a écrit que la première n'avait pas réussi.
BLANDET. Qu'cst-ce quc je vois ? les scellés brisés, la porte ouverte... plus d'écrin... monsieur Boizard évanoui ou faisant semblant de l'être... un pistolet à ses pieds... peutêtre que , dans ses premiers remords , il a voulu.... peut-être aussi pour le faire croire; quoi qu'il en soit, j'ai appelé le jardinier el sa femme, refermé devant eux la porte , et en voici la clef que je remets à monsieur.
CODRSOL. Quel aplomb ! décidément c'est l'ancien valet retrouvé , c'est de la haute comédie.
BLANDET. Du restc, quand il estrevenude son évanouissement , il n'a point cherché à nous échapper , et a dit qu'il se tenait prêt à subir les conséquences de l'accusation.
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