‹ L'écrinChapitre 53 sur 71 · ÉVELINE, ARMAND · texte numérisé non relu

ÉVELINE, ARMAND

ARMAND. A genoux! vous, à genoux; É\(lii)e, ah! relevez-vous, vous Ctcs sauvée !

ÉM.LINK. O ciel!

ARMAND. Cette lettn> fatale détruite

sans (pie personne ait pu la voir.

f.vi-LiNE. Armand, c'était dtmc vous!

AiiM\M>. Oui, voii>; saurez tout... laissez-

moi rassembler mes idées, .'tant d'émotions... oui, moi, la nuit... j'ai pénétré par cette fenêtre... oui, moi... j'ai ouvert cette porte avec la clef que j'avais... soustraite... cet écrin est tombé sous ma main... mais il était fermé... et moi... le duc de Bois d'Elmay, il m'a fallu l'emporter. . . fuir dans l'ombre , comme un voleur!...

ÉVELiNE. Et c'était pour moi !

ARMAND. Ah ! ne vous accusez pas ! ma faute seule a tout fait ! mais elle était donc bien grande pour qu'il ne me soit plus resté qu'une semblable expiation ! Que vous disais-je? rentré dans le pavillon isolé qui me servait d'habitation , je suis parvenu à ouvrir cet écrin... alors, j'ai voulu le rapporter... réparer tout... la fenêtre, je la trouve fermée!... je vois une lumière aller... venir... monsieur Boizard avait découvert sans doute... que pouvais-je faire?... frapper, réveiller les valets endormis... quand le secret était ma seule ressource I II m'a fallu attendre le jour... Ah! que j'ai souflért! enfin, l'heure est venue... heureusement , j'ai échappe à tous les yeux , à toutes les rencontres...

ÉVELiNE. O mon Dieu ! mon Dieu !

ARMAND. Mais où est donc monsieur Boizard? si vous le savez, dites-le-moi! Vous ne répondez point! vous détournez la tête... quoi ! encore des larmes!... même à présent que vous êtes sauvée...

ÉVELINE. Oh! c'est que lui!... il est perdu! ARMAND. Perdu ! qui donc ?

ÉVELINE. Monsieur Boizard ! on l'accuse ! cet écrin disparu !...

ARMAND. Que dites- vous? lui! lui! le gardien de ce dépôt , que je lui rapportais pour le replacer dans cette chambre.

ÉVELINE. Trop tard ! il n'en a*plus la clef. f ARMAND. Grand Dieu! Ah ! j'aurais dû prévoir... mais en ce moment fatal, hors de moi, insensé... je ne supposais pas qu'il y eût un dangerpossible pourluiîje ne pressentais rien, je ne songeais à rien , je ne voyais que vous. ÉVELINE. Et, le croiriez-vous , Armand?

c'est un mystère étrange, inexplicable; il ne cherche même pas à repousser l'accusation qui vient le frapper !

ARMAND. Mais je la repousserai pour lui... je l'appellerai sur moi! Ah! tout est changé! maintenant que rien ne peut plus vous compromettre je parlerai, je m'accuserai.

ÉVELINE. Vous! Armand , qu'allez -vous faire ?

ARMAND. Mon devoir 1 sauver un innocent, quoi qu'il doive arriver.

ÉVELINE. Armand ! de grâce !...

ARMAND. Laissez-moi !

ÉVELINE. Armand ! ne vous perdez pas , je vous en supplie.

VVVW\V\V\V'V\V.\\\WV\WViV\/\VV\AVWVVVV\\ywWVV*Wa*V\.\Vrt

Page 1