‹ L'Ecthyma Vacciniforme Syphiloide InfantileChapitre 11 sur 16 · CR EE · texte numérisé non relu

CR EE

Puoro 4 : « Ecthyma vacciniforme Syphiloïde »,

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Sur là partie postérieure du scrotum, quatre vésico-pustules sem-

blables à celles de la fesse gauche. ë

Sur la face interne de la fesse droite, zone érythémateuse moins

. étendue : deux pustules plus petites (deux à trois millimètres de diamètre) recouvertes l’une d’une croûte rouge, l'autre d'une croûte brun foncé. TR: 5 À

A la palpation, hyperthermie légère de la région et consistance ferme des bords des vésico-pustules ombifiquées.

Enfin, au niveau du condyle interne du fémur droit, une pustule jaune d’or de la grosseur d’une petite lentille au centre d’une zone rouge de la grandeur d’une pièce de vingt centimes (photo 3). Cette vésicule est apparue hier (20 février), c'est-à-dire onze jours après la vaccination et une semaine après l’éruption fessière.

24 février 1921. Après trente-six heures de traitement : lavages à l'eau oxygénée au 1/10 suivis d’app ication de pâte de zinc salicylée, les lésions sont arrêtées et rétrocèdent d’une manière remarquable. Certaines sont complètement guéries.

Sur la face dorsale du gros orteil gauche, petit placard érythémateux à limites vagues, caché par petite élevure jaune, grosse comme une tête d’épingle, ombiliquée et de couleur soufrée. Diarrhée jaune, liquide.

Amaigrissement considérable, faciès flétri, état général médiocre.

Examen microscopiqué. — [L'examen microscopique à donné les résultats suivants :

Lésions ouvertes : Flore microbienne des plus variées rappelant les examens signalés dans le travail de MM. Petges et Rocaz. Rien de précis au point de vue pathogénie. Pas de spirilles.

Lésions fermées vierges : Pas de microbes par les examens courants.

Marche de l’affection et complications

L’ecthyma vacciniforme syphiloïde peut évoluer suivant la marche que nous venons d’étudier, maisil peut procéder aussi par poussées successives à l’occasion desquelles des lésions nouvelles viennent s'ajouter aux anciennes. er

Convenablement traité, il guérit assez rapidement, mais l’assèchement et l’épidermisation des papules laissent après la guérison de petites plaques érythémateuses qui disparaissent par la suite sans laisser de cicatrices.

Non soignée, l’affection traîne en longueur et l’éruption s'accroît en surface augmentant les chances d’auto-inocuation et rendant les soins plus délicats et plus difficiles; mais en dehors de cette auto-inoculation bénigne par elle-même, il ne semble pas que, à aucun moment, il y ait à redouter une complication grave. L’affection peut au contraire durer plusieurs semaines sans amener la moindre altération de l’état général. ;

Jacquet cite bien, dans une observation d'un exanthème papuleux en nappe et à bords polycycliques, un cas de mort subite chez un enfant ayant gardé un état général excellent;

mais à l’autopsie on trouva des noyaux de broncho-pneumonie

à la partie postérieure du poumon.

Fournier rapporte également un cas d’ecthyma vaceiniforme

syphiloïde ayant évolué rapidement vers la gangrène vulvaire et périvulvaire et ayant entraîné la mort le troisième jour. . Mais il ne nous paraît pas que cette complication soit par-

ticulière à l'affection qui nous intéresse et nous ne voyons là qu'un cas banal d’infection secondaire ayant pour point de

départ une dermatose exulcérée. D'ailleurs le fait est unique parmi toutes les observations concernant la question et je

. crois intéressant de la rapporter tout entière (Voir Observa-

tion I). |»

En dehors de ce seul cas, l'affection qui complique généralement une gastro-entérite ou une broncho-pneumonie présente : par elle-même un caractère de bénignité très net. - Il convient de noter que dans les observations recueillies les enfants atteints ne présentaient pas de lésions syphilitiques,

ni d’impetigo,ni de pyodermite, et'qu’il n'existait pas dans les

services d’ecthyma gangréneux ou de gangrène cutanée infan-

ile. Er

Formes cliniques

Cé qui frappe dans la lecture des observations concernant la question c’est l’unité clinique absolument remarquable de l'affection se traduisant par le caractère constant des lésions : leur aspect vacciniforme et syphiloïde. Partout les cliniciens étudient et font ressortir ces caractères, frappés de leur netteté À et de leur allure, se traduisant en l’absence de toute lésion spécifique et souvent en dehors de toute vaccination.

Mais à côté de ces caractères primordiaux, les lésions peuvent :

revêtir des caractères secondaires variables avec les divers cas,

différant par leur degré, leur profondeur et leur étendue; la riche terminologie dont on a illustré l'affection met bien en relief ces aspects variés dont on a voulu se servir pour faire un diagnostic; on peut avoir affaire à des formes érythémateuses

(Besnier), d’autres rappellent l'herpès (Fournier) ou l’inter-

trigo (Besnier), d’autres enfin simulent les dermatites ou même l’ecthyma par l'intensité de l’inflammation et la profondeur des ulcérations (Hallopeau). |

Quoi qu’il en soit de ces formes, nous ne devons y attacher qu’une importance relative et nous en tenir au seul fait qui domine, au seul existant : l’aspect vacciniforme et syphiloïde.

PACHÉ à

Etiologie et causes déterminantes

Nous savons bien peu de choses sur l’étiologie de l’ecthyma vacciniforme syphiloïde; tout ce que nous pouvons dire, c’est que c’est une maladie particulière aux enfants âgés de 3 à 10 mois : on l’a cependant observé plus tard, à 23 mois; dans ce cas d’ailleurs l'affection s’est montrée semblable à elle-même avec tous ses caractères classiques. On peut en juger par la. lecture de l’observation que je cite en détail pour mettre en relief les particularités de l’évolution (Voir Observation If).

Hallopeau prétendait que les petites filles étaient plus souvent atteintes que les garçons : cette remarque en effet était juste avant M. Petges qui, lui, a constaté uneégalité d’atteinte dans les deux sexes.

“est peut-être en s'appuyant sur cette remarque et sur la fréquence d'un écoulement vaginal concomitant à l’affection (Observ. I) qu'Hallopeau fut amené à penser que cette dernière était due au contact continu des linges humides, imbibés d’urimeet de matières fécales, ainsi qu’à lirritation d’un écoulement pathologique possible. 4%

Ilest vrai en effet que les régions ano-scrotale et ano-vulvaire sont plus exposées que d’autres à la chaleur humide résultant de l’accolement des plis naturels et de l'écoulement des liquides normaux. Il se fait à ce niveau une sorte de macération épidermique où les microbes trouvent un terrain des plus favorables à leur pullulation. Sans en être la cause spécifique, il y a là évidemment un élément déterminant des plus importants à l’éclosion de l’ecthyma vacciniforme.

Nous constatons en effet que les enfants qui en sont atteints sont tous des enfants dont les soins de propreté ont été négligés : enfants abandonnés, enfants du peuple, où l'hygiène est peu respectée. M. Petges n’en a constaté qu’ un seul cas en clientèle civile,

D'ailleurs, la rareté de localisation des lésions en dehors des régions génitales et leur facilité d'extension dans ces mêmes régions semble plaider en faveur dela presque nécessité d’un

catharre épidermique préexistant.

Le 15 mars 1921, MM. Petges, Rocaz et Lartigau ont fait sur la cuisse droite d’un enfant (Observ. IV)des essais de réinoculation de l’exsudat s’écoulant d’une vésicule fessière ulcérée ; cette réinoculation ne donna aucun résultat; rien n'empêche de penser que ce ne fut pas grâce à la résistance locale de l’épi-

derme. Il ne faut pas cependant exagérer l'importance de ce

catharre épidermique, car nombreux sont les enfants soumis aux causes d’irritation locale citées plus haut et bien rares sont ceux atteints d’ecthyma vacciniforme.

Bien plus importante est à notre avis l’athrepsie, la faiblesse générale des nourrissons, due le plus souvent à l'allaitement

artificiel; dans presque toutes les observations, nous relevons

que les enfants atteints sont nourris au biberon; beaucoup parmi eux sont en même temps frappés de gastro-entérite ou

de broncho-pneumonie qui constituent les causes principales

de leur mort.

Mais aussi importantes soient-elles, ces causes déterminantes ne peuvent nous faire penser à une pathogénie « nutritive, métabolique » de l’affection. Nous ne croyons pas que l’allaitement artificiel qui amène souvent une cachexie des malades puisse donner naissance à des toxines pouvant entraîner, à l’occasion d’une cause irritative, des lésions cutanées inflammatoires capables de simuler,.sous l'effet d’une prédisposition particulière, des lésions nettement vaccinales ou syphiloïdes.

Nous ne pouvons nous défendre au contraire, et tous les auteurs ont éprouvé cette impression, d'attribuer à l’ecthyma vacciniformé syphiloïde une origine unique, un germe spécifiqué; l'affection, en effet, paraît sûrement liée à une infection

cutanée; sa nature infectieuse, contagieuse, à allure épidé-

mique dans les crèches, les pouponnières et les services hospi-

taliers, ne laisse aucun doute à ce sujet.

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