‹ L'Ecthyma Vacciniforme Syphiloide InfantileChapitre 8 sur 16 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

C'est en 1887 que l'ecthyma vacciniforme syphiloïde fut étudié pour la première fois et simultanément par E. Besnier (1), A. Fournier (2) et son chef de clinique Feulard (3), H. Hallopeau (4), et il semble que jusqu’à cette époque cette affection n’ait pas été ignorée, mais bien totalement mconnue.

Dans les années suivantes, Besnier (3), Hallopeau (4 et 5) et Fournier (6 et 7) en observèrent quelques cas et ce n’est que plus tard que Mantegazza (13), Antonelli (12), Halle (14), et Colcott-Fox (15) la firent connaître à l'étranger.

Radcliffe-Crocker (16), L. Brocq (17), Malcom-Morris,

H. W. Stelwagon (18) et Darier (19) en font dans leurs traités

classiques une brève mention et ne paraissent lui attacher

qu'une importance secondaire.

Dans un travail récent, MM. Petges et Rocaz (20), après en avoir fait une analyse clinique complète, en soulignent l’intérêt non pas tant par la gravité de l’affection elle-même que par son caractère infectieux et contagieux et par l’intérêt qu’il y a à faire un diagnostic quelquefois difficile et à

ne pas la confondre avec la syphilis.

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Dénomination

Aujourd’hui tout le monde est à peu près d’accord sur la dénomination : en Angleterre, Radcliffe-Crocker, Colcott- Fox, Malcom-Morris; aux Etats-Unis, Stelwagon; en Allemagne, Halle, l’appellent dermatite ou ecthyma vacciniforme syphiloïde.

En France MM. Petges et Rocazlui gardent la dénomination donnée par Hallopeau : d’ecthyma vacciniforme syphiloïde infantile. | à

Mais d’autres appellations ont été proposées qui soulignent l'incertitude laissée par l’affection dans l'esprit des observateurs : érythème vacciniforme syphiloïde infantile (E. Bes- nier, 1887); herpès phlycténoïde des nouveau-nés (H. Four-

nier, 1887); syphiloïde vacciniforme infantile (E. Besnier, 1887); intertrigo vacciniforme {(E. Besnier, 1887); dermatite vacciniforme ou écthyma vacciniforme syphiloïide (Hallopeau, 1887); vaccino-syphiloïde du jeune enfant (A. Fournier, 1897); herpès vacciniforme du jeune âge (A. Fournier, 1893).

Fréquence

L’affection est peu commune; on peut même dire qu’elle est rare puisqu'on ne relève un total que de 38 observations connues, parmi lesquelles il faut comprendre les 12 observations de MM. Petges et Rocaz déjà signalées et 3 autres nouvelles, encore inédites.

Les auteurs des traités classiques n’en parlent d’ailleurs généralement pas et quand ils en font mention ce n’est que d’après leurs lectures.

M. Moussous à Bordeaux en signalait déjà la rareté dans ses cliniques de 1893 et jusqu’à l’été 1920 elle était pour lui chniquement inconnue.

DER 2 Or

) Symptomatologie

L’affection débute sous forme de taches érythémateuses à tendance herpétiforme se présentant isolées et par groupes discrètement disséminés dans les régions génitales, périanales, face interne des cuisses (2/3 supérieur principalement) et face postérieure au voisinage des fesses. Sur tous ces points elle paraît affecter une prédilection marquée pour tous les plis cutanés, toutes Les régions où les téguments sont adossés à eux-mêmes, comme les plis génito-cruraux, interfessiers, les plis de l’aine, les plicatures que crée l’embonpoint de l’enfance; les lésions apparaissent là plus fréquemment qu’ailleurs dans une situation symétrique, ce qui semble établir leur auto-inoculabilité. La présence, quoique rare, d’autres

groupés éruptifs dans d’autres régions du corps semble plaider

en faveur de cette assertion : nous avons pu relever chez Hallopeau une localisation au creux poplité et même à la jambe. Chez Halle à la paupière, chez Jacquet un cas au bras et chez M. Petges une auto-inoculation à la face externe du haut du mollet et une autre au niveau du condyle interne du fémur droit. Chez ce dernier malade on a également trouvé une menace d’auto-inoculation à la face dorsale du gros orteil. Nous en citons une observation d’autre part (Observ. VI).

Au début l'affection est caractérisée essentiellement par

une papule ou un groupe de papules plus ou moins isolées, couronnées ou non au bout d’un ou deux jours par une petite

vésicule.

La papule a le type ordinaire des papules plates de couleur rose ou rouge, plus colorée à sa périphérie et de la grosseur d’une tête d’épingle.

La vésicule, elle, présente un aspect absolument semblable à la vaccine au sixième ou septième jour avant la suppuration.

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De mêmes dimensions que.la vaccine, elle a les mêmes contours régulièrement circulaires, c’est la même vésicule bien caractéristique, pas acuminée ni turgidecomme celle del’herpès, mais de coloration gris perle, argentée, avec des reflets bleuâtres. | |

.Ces papulo-vésicules sont tantôt isolées, tantôt groupées en bouquets plus ou moins serrés, rendant les lésions voisines presque contiguës. Plus tard, ces lésions, en se développant, finissent par se confondre et constituent une plaie unique à contours polycycliques. Voilà lé stade initial de la maladie qu'on pourrait appeler vacciniforme et qui ne dure qu’un temps assez court, un à deux jours. Bientôt après, cette forme s’altère et nous arrivons à la 2€ phase, qu’on pourrait appeler .syphiloïde.

A ce moment, la papulo-vésicule, qui est déjà ombiliquée à son centre,se déprime et se rompt à ce niveau. Le petit pertuis qui en résulte se dénude et s’ulcère d’une manière excentrique et, comme les papules peuvent s’ulcérer directement sans stade vésiculeux préalable, on a soit des plaques lenticulaires, soit des plaques cupuliformes.

Par la suite, la destruction de l'enveloppe vésiculeuse coutinuant, l'érosion centrale bourgeonne et s’enflamme, et l’ensemble de la papule s’infiltre, s’exhausse en augmentant de largeur; ses bords s’épaississent, se relèvent, taillés à pie, vers un centre creusé en forme de cupule à contours festonnés pouvant atteindre la dimension d’une lentille ou d’un gros pois; les bords tournés vers la peau saine s’inclinent au contraire en talus doux de 2 à 3 millimètres de large. Ê

Les éléments peuvent rester isolés et cette modalité se rencontre plus particulièrement au niveau des plis et des points symétriques; mais ailleurs ils confluent rapidement et deviennent des plaques saillantes, des plateaux ulcérés à forme arrondie et allongée, à contours polycycliques pouvant -atteindre les dimensions d’une pièce de 5 francs et jusqu'à 4 centimètres de longueur.

Leur centre fortement déprimé et d’allure cratériforme 4

ie

revêtu d'un enduit blanc gris sale à reflets argentés ; un double halo inflammatoire borde ces lésions, une bande d’un rouge clair les limite à la périphérie, s’adossant elle-même à la partie interne à un liseré d’un rouge plus sombre; le tout ; revêt parfois une teinte violacée d'aspect atone et livide. ? Leur siège de prédilection est la partie postérieure des 4 grandes lèvres, le perinée, les fesses, où elles atteignent leurs #

plus grandes dimensions.

D. A côté de ces formes confluentes peuvent coexister des 1 . groupes isolés ou mieux des îlots plus ou moins serrés où > chaque élément primitif évolue dans ses limites et conserve . son individualité. Mais quelle que soit la nature de la formation, les lésions sont humides et laissent sous leur enveloppe E-. diphtéroïde suinter une sérosité blanche d’odeur fétide. | ‘L'évolution ne se fait pas simultanément pour toutes les 4 productions, elle peut être au contraire et elle est le plus souvent indépendante et successive pour chaque élément | ou groupe d'éléments, et on peut étudier à un même moment tous les aspects de l'affection, depuis les lésions naissantes - jusqu'aux plus ulcérées : élément précieux de diagnostic. : Ces lésions ne paraissent ni prurigineuses ni douloureuses, - ‘ mais se recouvrent quelquefois de croutelles. L’affection, le plus souvent, réste purement locale. Parfois cependant ; elle retentit sur les ganglions touchant plusieurs groupes à la fois; mais l’adénopathie n’a pas de tendance à la suppu- ; ration et reste absolument indolore.

$ Quant aux sypmtômes généraux liés à l’évolution de l’affection elle-même, indépendamment de ceux qui peuvent la . précéder et le plus souvent l’accompagner, il n’en à jamais - été constaté; en particuliér elle n’est précédée d’aucune poussée fébrile et durant toute son évolution elle reste .com- » plètement apyrétique.

24 0-6 dé

PACHÉ ©

Nous ne croyons pas utile de relater toutes les observations publiées : nous voulons simplement donner des exemples caractéristiques; en voici quelques-uns. Nous avons noté dans le texte et dans la bibliographie tous ou presque tous les cas déjà publiés. {

Observation. I

(Fournier)

Petite fille de seize mois. Samedi 5 novembre 1893.

Cette petite fille présente une éruption génitale et paragénitale d'aspect tout à fait identique à celui de l'éruption. connue sous le nom d’ «herpès vacciniforme du jeune âge ».

Vingt petites lésions bien circonscrites dont une quinzaine effleurent le derme plutôt qu'elles ne l’entament (sorte de vésicatoire en miniature), mais,quatre ou cinq ont une physionomie autrement distinctive : papulo-pustules, très régulièrement circulaires, de diamètre un peu inférieur à celui d’une pièce de vingt centimes, formant de. petits plateaux ombiliqués dont le centre est remarquable par la teinte argentée gris cendré rappelant celle des pustules vaccinales à leur, sixième ou septième jour. On aurait dit des boutons de vaccine en pleine floraison, reposant comme d'usage sur une base épaissie, rénitente, cerclée d’une aréole émythémateuse. Quelques autres lésions devenues excoriatrices à leur centre étaient encore encadrées à leur périphérie par une semblable collerette argentée, vestige du revêtement épithélial détaché.

On constatait une autre lésion de même ordre sur le front. On porta le diagnostic d'herpès vacciniforme légitimé parl'histoire de la maladie.

Le début remontait à douze jours et s'était traduit par l'apparition. de rougeurs aux sièges des lésions actuelles. Ces rougeurs s'étaient transformées en autant de boutons blancs qui avaient crevé et s'étaient pour la plupart eux-mêmes transformés en autant de plaies vives.

Depuis le début, toujours un peu de fièvre: lenfant ne buvait

que du lait el était agitée la nuit.

nl Sr ace

Actucllement, rien de morbide du côté viscéral : selles régulières, pas de vomissements ou de diarrhée.

Je portais un pronostic des plus favorables ayant vu toujours guérir

l'herpès vacciniforme. J’ordonnais des lotions boriquées, un panse-

ment local à la poudre iodoformée. Lait. :

| Mais le lendemain état local aggravé. Vulve turgescente la veille, 7 devenue fortement œdémateuse, rénitente. Et surtout la plupart des lésions avaient pris une teinte brun foncé livide, violette, de mauvais | aspect. Elles tournaient au sphacèle. d Le lundi 7, envahissement de là gangrène tant sur lésions de nature

vaccinoïde que sur célles de nature excoriative; par ailleurs lésions

creusées élargies de surface; par endroits teinte foncée, vineuse,

- presque noirâtre. Ressemblance à îlots de sphacèle qui suintent à

peine et semblent asséchés, pareheminés. Grandes lèvres fortement

induréés, turgides; la bande d’induration phlegmoneuse se prolonge

4 jusque vers la région inguinale gauche.

Cèg Etat général reste néanmoins satisfaisant au moins relativement :

$ 3804 le matin; 38 le soir. Langue grisätre mais pas de vomissements, ni de diarrhée, Pas de symptômes nerveux, pas d’adynamie. L’ enfant prend le lait sans dégoût. On continue le même traitement local en faisant de plus absorber 0,15 de sulfate de quinine.

Le 8 au matin la gangrène a fait de notables progrès. Grandes lèvres noires avec état phlegmoneux à leur base; la traïinée gangréneuse a envahi tout le pli inguinal gauche. Quelques ulcérations, celles de la cuisse, prennent un aspect sphacélique avec nette expansion serpigineuse; d’autres en revanche, celles du périnée, tendent vers un processus résolutif.

Nuit un peu ag:tée, enfant abattue. Diarrhée légère. Vers six heures du soir, 38 01: à 7 heures l'enfant demande à boire et demande

| un verre de lait, Au même instant ik pousse un cri, s’affaisse et meurt en cinq minutes.

Résultats de l'aulopsie pratiquée par l'éminent anatomo-pathologisle le docteur Darier :

Enfant bien conformée, non amaigrie.

Vastes. lésions gangréneuses occupant la vulve, la région inguinale

: gauche et la face antérieure des deux cuisses; des incisions faites

au niveau de ces plaies montrent que même dans les endroits où elles sont fissurées, elles ne dépassent pas le’ tissu cellulo-adipeux sous-

cutané. Pas d'œdème, ni de fusées purulentes, ni de décollements des

téguments au voisinage.

Cœur : rien de particulier.

Poumons : quelques tâches noires ecchymotiques répondant à des foyers hémorragiques très minimes. Recherche des micro-organismes : résultats négatifs. ;

Autres organes : rien de particulier à signaler.

Causes possibles de la mort de cet enfant :

1° Multiplicité des foyers hémorragiques très petits;

20 Intoxication massive par les ptomaïnes nées dans le foyer g'angréneux et ayant fait irruption dans le torrent circulatoire. Conclusion. — 1° Herpès vacciniforme peut se compliquer d'état gangréneux ;

20 Une gangrène génitale et paragénitale peut entraîner la mort

sans état général alarmant;

39 Maladie probablement d'ordre infectieux causée par agent

inconnu,

Observation II Le (Feulard, Clinique, 20 mars 1887)

Enfant âgé de vingt-trois mois, présente une éruption aux parties génitales. Mère âgée de trente-trois ans, eczémateuse, et qui a dû récemment faire un séjour à ce même hôpital pour sa maladie cutanée; ayant été forcée de se séparer de son enfant, la laissa au dépôt des Enfants assistés. Quand cette femme sortit de l'hôpital (premiers jours de février) et qu'on lui rendit sa petite fille, celle-ci était malade, atteinte de diarrhée et présentant du côté des 6rganes génitaux et de la naissance des cuisses, des rougeurs et des excoriations analogues à celles que l’on trouve chez les enfants souillés d'urine et mal tenus. Rentrée chez sa mère, l'enfant continua à être mal portante;

elle avail, paraît-il, de la fièvre, ne mangeait pas, refusait de marcher.

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C’est à ce moment qu'apparurent sur les régions génitales et génitoerurales des poussées éruptives d’un aspect semblable à celui qu’elles offrent aujourd’hui. L Actuellement (20 mars), voici ce qu'on observe; On voit une éruption à éléments discrets siégeant sur la région des grandes lèvres, le périnée, l'anus, les plis génito-cruraux et inguinaux. Cette éruption est formée d'éléments papuleux, de forme arrondie, de dimensions

un peu variables, mais avant en moyenne de cinq à six millimètres

. de diamètre. Ces éléments font une légère saillie sur les parties saines ;

la peau du voisinage à son apparence normale. Chacun de ces éléments papuleux est de couleur blanc grisâtre, d’aspect couenneux, un peu déprimé en son centre tandis qu'à la périphérie existe une aréole rosée. Leur consistance est un peu ferme, leur surface semble: bien recouverte d’une couenne épithéliale, mais ce n’est qu'une apparence, car on essaye sans résultat de détacher cette couenné et de la soulever comme d’une pellicule. : rt Eruption existe surtout à la vulve et à l’anus; cependant elle est assez discrète pour qu’on puisse dénombrer les éléments. On compte

deux de ces papules de quatre millimètres de diamètre environ sur

les grandes lèvres, une à droite, l’autre à gauche sur le tiers antérieur

environ de ces grandes lèvres.

Une troisième plus volumineuse siège sur la grande lèvre gauche près ‘de la fourchette; enfin une quatrième très grande se montre sur la grande lèvre droite près de la fourchette. Elle diffère des autres papules en ce qu'elle est plus saillante, plus grande (6 à 7 mill. de diam.) et qu’au lieu de l'apparence grisâtre couenneuse des autres, elle a une surface rosée piquetée de points rouges; elle offre au toucher une -certaine résistance. | - Autour de lanus, six papules. Pour bien les voir, il faut écarter les fesses; on les trouve alors dans les plis interfessiers proches la marge de l’anus, deux à droite, quatre à gauche, mesurant quatre à cinq millimètres de diamètre; leur centre est exulcéré; autour est la zone blanche couenneuse, autour de celle-ci encore le liseré rose. Elles sont placées de telle façon que celles de droite s'appliquent exactement sur celles de gauche quand'on rapproche les fesses.

Ces éléments rappellent dans l’ensemble — el c'est caractère de

au niveau de ces plaies montrent que même dans les endroits où elles sont fissurées, elles ne dépassent pas le’ tissu cellulo-adipeux souscutané. Pas d'œdème, ni de fusées purulentes, ni de décollements des téguments au voisinage. re k

Cœur : rien de particulier.

Poumons : quelques tâches noires ecchymotiques répondant à des foyers hémorragiques très minimes. Recherche des micro-organismes : résultats négatifs. ë

Autres organes : rien de particulier à signaler.

Causes possibles de la mort de cet enfant :

1° Multiplicité des foyers hémorragiques-très petits;

20 Intoxication massive par les ptomaïnes nées dans le foyer g'angréneux et ayant fait irruption dans le torrent circulatoire. | |

Conclusion. — 1° Herpès vacciniforme peut se compliquer d'état g'angréneux ; |

20 Une gangrène génitale et paragénitale peut entraîner la mort sans état général alarmant; s

39 Maladie probablement d'ordre infectieux causée par agent

inconnu,

Observation II K XX ; (Feulard, Clinique, 20 mars 1887)

Enfant âgé de vingt-trois mois, présente une éruption aux parties génitales. Mère âgée de trente-trois ans, eczémateuse, et qui a dû récemment faire un séjour à ce même hôpital pour sa maladie eutanée; ayant été forcée de se séparer de son enfant, la laissa au dépôt des Enfants assistés. Quand cette femme sortit de l'hôpital (premiers jours de février) et qu'on lui rendit sa petite fille, celle-ci était malade, atteinte de diarrhée et présentant du côté des organes génitaux et de la naissance des cuisses, des rougeurs et des excoriations analogues à celles que l’on trouve chez les enfants souillés d'urine et mal tenus. Rentrée chez sa mère, l'enfant continua à être mal portante;

elle avait, parait-il, de la fièvre, ne mangeait pas, refusait de marcher.

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C’est à ce moment qu'apparurent sur les régions génitales et génitocrurales des poussées éruptives d’un aspect semblable à celui qu'elles offrent aujourd’hui. F

Actuellement (20 mars), voici ce qu’on observe; On voit une éruption à éléments discrets siégeant sur la région des grandes lèvres, le périnée, l’añus, les plis génito-cruraux et inguinaux. Cette éruption est formée d'éléments papuleux, de forme arrondie, de dimensions

un peu variables, mais ayant en moyenne de cinq à six millimètres

. de diamètre. Ces éléments font une légèré saillie sur les parties saines;

la peau du voisinage à son apparence normale. Chacun de ces éléments papuleux est de couleur blanc grisâtre, d'aspect couenneux, un peu déprimé en son centre tandis qu'à la périphérie existe une aréole rosée. Leur consistance est un peu ferme, leur surface semble: bien recouverte d’une couenne épithéliale, mais ce n’est qu’une apparence, car on essaye sans résultat de détacher cette couenne et de la soulever comme d’une pellicule. : 48

Eruption existe surtout à la vulve et à l’anus; cependant elle est assez discrète pour qu’on puisse dénombrer les éléments. On compte deux de ces papules de quatre millimètres de diamètre environ sur les grandes lèvres, une à droite, l’autre à gauche sur le tiers antérieur environ de ces grandes lèvres.

Une troisième plus volumineuse siège sur la grande lèvre gauche près ‘de la fourchette; enfin une quatrième très grande se montre sur la grande lèvre droite près de la fourchette. Elle diffère des autres papules en ce qu'elle est plus saillante, plus grande (6 à 7 mill. de diam.) et qu’au lieu de l'apparence grisâtre couenneuse des autres, elle a une surface rosée piquetée de points rouges; elle offre au toucher une -certaine résistance.

Autour de l’anus, six papules. Pour bien les voir, il faut écarter les fesses; on les trouve alors dans les plis interfessiersS proches la marge de l’anus, deux à droite, quatre à gauche, mesurant quatre à cinq millimètres de diamètre; leur centre est exulcéré; autour est la zone blanche couenneuse, autour de celle-ci encore le liseré rose. Elles sont placées de telle façon que celles de droite s'appliquent exactement sur celles de gauche quand'on rapproche les fesses.

Ces éléments rappellent dans l’ensemble — et c'est caractère de

l'éruption — l'aspect de pustules vaccinales ou de léruption spécifique décrite par Legendre et Bazin sous le nom de plaques ? de la peau.

Dans les aines, à droite, trois petites papules contiguës situées à à. peu près au milieu du pli de l’aine; leur centre est croutelleux et déprimé : la périphérie saillante et blanche, puis la zone rosée environnante ; à gauche les éléments plus abondants sont au nombre de dix disposés moitié dans le pli inguinal, moitié dans le pli génitocrural.

- Les ganglions inguinaux sont engorgés des deux côtés. Enfin il s'écoule par le vagin uh liquide purulent qui tache le linge en vert jaune, écoulement qui date de six à sept semaines; la face interne des grandes lèvres, la région du vestibule sont d’un rouge vif.

La première pensée devant cette éruption fut qu’on se trouvait en présence de plaques syphilitiques. Mais l'enfant déshabillée n’a rien sur le reste du corps ni dans la bouche; la mère, qui a un autre enfant de neuf ans, n'a jamais eu la syphilis; la petite malade fut nourrie par elle pendant trois semaines, puis envoyée en nourrice. Front de l’enfant assez proéminent; pasdelésions dentaires; en somme rien qui explique le diagnostic de syphilis.

Fournier dès qu'il vit l’enfant nia fortement et nee l'avis général qu'il s'agissait de syphilis : il avait déjà vu, dit-il, des cas analogues et appelait cette éruption, faute d’un mot meilleur, hèrpés | phlycténoïde, herpès monstre.

Voici ce qui se passa par la suite, On se contenta de saupoudrer les parties malades avec la poudre d’amidon et on attendit.

En huit jours les papules des aines se séchèrent en laissant une. petite plaque rouge foncée qui alla en diminuant et se termina par”? une macule légèrement teintée. Les papules vulvaires et anales restèrent stationnaires avec leur apparence gris sale, vacciniforme. Sous l'influence des soins de propreté l'écoulement diminu a son tour, et le 30 mars, c’est-à-dire dix jours après l'entrée à l'hôpital, en mênre temps qu'on constatait la guérison complète des papules des aines, on pouvait voir une tendance générale à l’abaissement : seule, la grosse papule de la lèvre droite conservait ses caractères.

Le 4 avril cette papule comm#nçait à se cicatriser; le 6 on décida

de saupoudrer les parties malades avec de la poudre d’iodoforme et dès lors la cicatrisation se fit rapidement.

Le 8 avril,la grosse plaque vulvaire droite était guérie, mais restait un peu dure. Les autres papules s'éteignaient successivement et le 18 avril, soit un mois après l'entrée de la petite malade, les papuies ; étaient subies.

‘L'adénopathie elle aussi entrait en régression.

Pendant tout ce temps, la muqueuse buccale ainsi que la peau

. de tout le reste du corps furent examinées sans qu’on vit paraître

aucune éruption. La santé de l'enfant se rétablit, l’appétit revint, la 4 diarrhée disparut et elle recommenca à marcher. | Sur ces entrefaites, le 28 avril, cette pauvre enfant fut atteinte :

\ subitement de diphtérie dans le service et évacuée immédiatement |

sur l'hôpital Trousseau. Elle en sortit guérie le 8 mai. : D. Nous Ja revimes le 13 mai : l'éruption avait fait place à des macules ; - légèrement brunâtres. L'’adénopathie des aines pers quoique peu marquée, rien sur la peau et les muqueuses.

Telle fut, en résumé, l'histoire de cette éruption.

ie | Observation III Petges et Rocaz (20)

ha petite F.., née le 22 mars 1920, fille de parents annamites, jumelle d’une sœur morte quelques jours après sa naissance, entre à l’hospice le 6 avril 1920. À son entrée, elle présente un érythème fessier banal, qui dure un mois environ. Nourrie au biberon, elle est ‘atteinte de broncho-pneumonie au début de juin. Le 28 juin, apparaissent quelques boutons sur les fesses et les grandes lèvres, au niveau desquelles rien d’anormal n'avait été remarqué la veille. Le lendemain 29, de nombreuses papules, des papulo-vésicules ombiliquées, vaccinoïdes existent sur les fesses, la face postérieure des cuisses el les

grandes lèvres.

[2 enfant a une température de 38°6 expliquée par l'existence de

Tan bronçcho-pulmonaires,

Er A ENS

Elai le 3 juillet 1929. — L'enfant, maigre, athrepsique, est de race annamite. Elle est marquée de la tache bleuesmongolique sacrée. Elle présente sur le périnée, la marge de l’anus, les fesses et la moitié supérieure de‘la face postéro-interne des cuisses, une éruption de papu-

: les ulcéreuses et ulcéro-végétantes dont certaines rappellent des pustules de vaccine à tous stades, mais sont plus suintantes que suppurantes; d’autres sont nèttement syphiloïdes et ressemblent à des plaques syphilitiques ulcéreuses, suintantes, papulo- hypertrophiques.

Puorto 1: « Ecthyma vacciniforme syphiloïde ». “>

L'élément primitif, que l’on trouve surtout à la périphérie des lésions qui s’accroissent de proche en obRe par inoculations successives, est, au début, une petite papule de couleur rose rouge, grosse comme une tête d’épingle, un peu plus rouge à sa périphérie et comme aréolée. Très rapidemént le centre devient vésiculeux, s’ombilique et s’ulcère, ou bien s’ulcère sans passer par le stade de vésiculation: L'ensemble de la papulé s’infiltre ensuite, augmente en hauteur et en largeur; ses bords s’épaississent se relèvent, son centre s'ulcère franchement, se creuse, puis forme une sorte de cupule à bords festonnés qui atteint et dépasse la dimension d’une lentille ou d’un gros 4% pois. Certains de ces éléments restent ‘solés, surtout sur les bords et

au niveau des plis dans les points symétriques : la plupart confluent,

deviennent coallescents et forment des plaques saillantes en plateau,

ulcérées, à bords relevés arrondis. Le centre déprimé est recouvert

d'un enduit de couleur blanc grisâtre, blanc argenté, laissant suinter

une sérosité louche plutôt que du pus. Ces plateaux sont parfois | “

allongés, atteignant un à deux centimètres de long sur quelques

, millimètres à un demi et un centimètre de large. Parfois ils sont arron-

dis, et atteignent les dimensions de pièces de monnaie de 0 fr. 50'à 1 franc. Le maximum des lésions siège sur la partie postérieure des grandes lèvres, le périnée, les fesses où elles forment des plaques confluentes. La bordure de ces lésions est nette. Elle se termine vèrs la peau saine par un talus en pente douce de deux à trois millimètres de large. Elle est soulignée par une aréole inflammatoire formant un liseré rouge périphérique. L'aspect général des tissus est atone; la palpation révèle une infiltration très notable, de consistance ferme.

En outre des éléments confluents ou franchement isolés, on observe des ulcérations lenticulaires rapprochées les unes des autres mais non encore fondues ensemble, conservant leurs bords et leurs limites personnels, formant aussi des plaques ou des bandes d’ulcération, tassées mais autonomes, allant jusqu'à quatre centimètres de longueur. ù :

Il existe de l’adénopathie épitrochléenne, cervicale, sous-maxillaire non douloureuse. x

On ne trouve aucun signe d’hérédo-syphilis, pas de coryza, pas de lésions péribuecales. La réaction de Bordet-Wassermann est négative.

La fièvre ne paraît pas provenir des lésions cutanées et s'explique plutôt par l'existence .de foyers de broncho-pneumonie à droite.

Traitement prescrit. Lavages fréquents à l’eau oxygénée à 1/5, suivis d'application de pommade à l’oxyde de zinc salycilée à 1/100, et poudrages au talc; linges propres et secs. Ù

L'examen microscopique de la sérosité purulente a été pratiqué par notre interne, M. le docteur Joulia. (Nous en donnons les résultats plus loin.)

6 juillet 1920, — L'aspect est modifié, aucun autre élément n’est apparu. Les lésions se détergent, s'affaissent ; le suintement s’atténue.

9 juillet 1920. — L'amélioration locale s’accentue sous l'influence du traitement; les bourrelets qui bordaient les lésions ont disparu; on voit à leur place des ulcérations planes, superficielles, à limites irrégulières, festonnées, de couleur rouge vif, suintantes, ne saignant pas, bordées par un liseré violacé et une zone d’épidermisation. On

ne voit plus les lésions surélevées recouvertes d’un enduit blanc grir

Ps sâtre.

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