‹ L'Éctopie Rénale CroiséeChapitre 23 sur 29 · V.RG · texte numérisé non relu

V.RG

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Malgré une fuite importante des urines dans la vessie, qui ne permet pas d’apprécier sainement la valeur exacte de chacun des reins, il semble qu’on puisse conclure, de par la concentration uréique des dernières crises à une très légère déficience du rein garche.

Bactériologiquement, les deux reins sont aseptiques.

En dehors de ces constatations spéciales, l'examen clinique ne fait que contrôler les examens faits antérieurement. On saisit nettement, entre la main abdominale appliquée dans la fosse iliaque droite et le doigt vaginal, une masse | dure séparée de l'utérus par un sillon, légèrement mobili- > sable d’une main à l’autre et indépendante des mouvements ‘le l'utérus.

Etant donné que la malade continue à souffrir, d’une douleur sourde, continuelle, occupant tout le côté droit du ventre, mais particulièrement la zone basse avec irradiations vers la région sacrée, douleur -s’accentuant au moment des règles, le Professeur CHEVASSU décide d'intervenir.

La malade est opérée le 29 novembre 1939 par le Professeur CHEVASSU revenu dans sa Clinique de Cochin.

L’azotémie est À ce moment de 0 gr. 27, la constante uréique de 0,071 avec poids et de 0,089 sans poids.

En position dorso-latérale cambrée, incision iliaque

A Fi Re :

droite parallèle au grand oblique. Le sac péritonéal refoulé en dedans sans difficulté, on met à nu un rein qui ne dif: fère d’un rein normal que par la situation plus antérieure de son bassinet, lequel apparaît fort peu dilaté,

Il n'existe qu’un pédicule vasculaire. Il sort du sinus rénal au-dessus du bassinet et se porte en haut et à gauche vers la ligne médiane sans qu’on ait jugé nécessaire de le dénuder jusqu'à sa terminaison, Ce pédicule mis à part, on peut faire complètement le tour du rein à la main sans rencontrer autre chose que l’uretère.

Celui-ci s’abouche dans la partie la plus basse du bassinet, Pour bien le voir, il a fallu le libérer d’une lame fibreuse assez dense, si bien que pour ne pas le léser on est: allé le chercher d’abord franchement au-dessous du rein, au détroit supérieur. En suivant de bas en! haut l’uretère ainsi libéré, on s’est aperçn-bien vite qu’on avait libéré l’uretère du rein droit car il n’aboutissait pas au bassinet du rein ectopique, mais s’engageait derrière lui. L’uretère du rein gauche était dès le détroit supérieur presque sur la ligne médiane:

Contrairement à ce qu'avait laissé envisager l’uretéropyélographie rétrograde luretère du rein ectopique, libéré de sa lame fibreuse, conservait un calibre régulier jusqu’à son embouchure dans le bassinet, Celle-ci se faisait à plein canal sans coudure, Aucun vaisseau anormal ne passait dans la région.

Il est probable que la gêne uretérale était conditionnée seulement par la lame fibreuse constatée.

Il n’y avait pas d’ailleurs de tissu fibreux que là. La libération du pôle inférieur du rein avait nécessité la section d’une large zone d’adhérences, fixant fortement le pôle inférieur du rein à la-région pelvienne. La libération de ces adhérences avait entraîné la décapsulation de tout le pôle inférieur du rein, d’ailleurs sans aucune vascularisation anormale.

De toutes ces constatations, le Professeur CHEVASSU crut devoir conclure que les douleurs dont se plaignait la malade étaient provoquées beaucoup plus par les adhérentes

ST EHESS

du pôle inférieur et de la zone uretérale que par la malformation rénale elle-même. Celle-ci n’était d’ailleurs devenue douloureuse qu'après la grossesse de la malade. La libération de l’uretère, et surtout celle des adhérences inférieures qui collaient en quelque sorte le rein en porte à faux sur le détroit supérieur et comprimaient peut être à ce niveau le pédicule iliaque primitif, pouvait permettre d'espérer une suppression des phénomènes douloureux sans qu’il fut nécessaire de supprimer le rein ectopique, solution que l’on avait envisagée d’abord.

On s’est donc contenté de fixer le rein de telle sorte qu’il fut remonté au-dessus du détroit supérieur. Deux gros catguts transfixent la partie inférieure du rein décapsulé et la fixent au muscle iliaque à sa partie supérieure. On s’assure que dans cette position qui fait basculer le rein sur son axe vertical, l’uretère sort du bassinet directement sans obstacle appréciable.

Suture totale de la paroi en plusieurs points. Un petit drain sera laissé à la partie inférieure de la plaie pendant quarante-huit heures. Les suites opératoires ont été des plus simples. Une uretéro-pyélographie rétrograde a été pratiquée le 20 décembre au moment où la malade allait quitter l'hôpital.

Elle montre que le rein ectopique est bien à la fois remonté et basculé. Mais on n’a pas pu réaliser l’uretéro-pyélographie rétrograde sans fuite, et l’image uretérale, imparfaite, manque justement dans la zone répondant à l’insertion pyélique.

On donne rendez-vous à la malade au début de l’année 1940, pour savoir si ses douleurs, qui avaient à peu près disparu en position couchée auront bien disparu lorsqu'elle aura repris l'habitude de la position verticale, et on espère pouvoir réussir une uretéro-pyélographie rétrograde montrant l’uretère de bout en bout.

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