OBSERVATION II
ÉCTOPIE RÉNALE CROISÈE D'UN REIN UNIQUE.
M. C..., 47 ans, vient consulter le D' Henri BAYLE, le 2 juil-
let 1938, se plaignant d’une pyurie accompagnée de dou-, - leurs lombaires.
La pyurie a été constatée pour la première fois à la Martinique. Les douleurs lombaires sont accentuées par la station: assise et s’atténuent dans la position couchée. A plusieurs reprises, le malade a souffert de crises douloureuses plus violentes dans la région lombaire gauche.
Le D' BAYLE constate l’existence d’une pyurie totale sans douleurs mictionnelles ni fréquence des mictions.
Il existe dans la fosse lombaire gauche une masse qu'on prend entre les mains donnant l'impression manifeste d’un gros rein. Son palper est légèrement douloureux. Rien de perceptible en zone rénale droite.
La prostate est normale, mais on note une absence de. testicule à gauche, le malade n’ayant jamais connu que son testicule droit qui présente d’ailleurs un kyste au niveau de l’épididyme. C’est en vain qu'on cherche à reconnaître l'existence d’un testicule gauche tant dans le canal inguinal que dans la fosse iliaque.
L’azotémie est à 0 gr. 30.
Une urographie intra-veineuse (Fig. 4) ayant été faite, l’image en paraît extraordinaire, Un seul rein est visible à gauche, ou du moins un seul bassinet d’où semble partir un calice supérieur en dedans et un calice inférieur en dehors. Une tache en haut et une tache en bas, représentent sans doute l’extrémité des calices. x
Ce bassinet gauche est situé loin de la ligne médiane, beaucoup plus loin que d'habitude. De lui, part un uretère de gros calibre qui se porte en dedans plus qu’en bas en une courbe à concavité supéro-interne. L'ombre uretérale disparaît, horizontale, entre les costoïdes de L III et L IV.
Pour préciser cette image étrange, une uretéro-pyélographie rétrograde s’imposait, Elle fut pratiquée le 4 juillet
| 1938 par le D' Henry BAYLE aidé du D' François MORET.
Vessie de bonne capacité. Cystoscopie facile, l’uretère
droit saute aux yeux. Malgré toutes les recherches, il est impossible de découvrir l’orifice uretéral gauche.
FiG. 4 — Ectopie croisée d’un rein unique.
Urographie descendante (BAYLE).
L’uretéro-pyélographie pratiquée par lorifice uretéral droit injecte un uretère droit (fig. 5) qui monte presque verticalement dans l’aire pelvienne pour atteindre l’ombre de l’aileron sacré à deux travers de doigt en dedans de la symphyse sacro-iliaque. De là, l’uretère, dont le calibre régulier est représenté par une ombre d’une largeur au moins double de la largeur habituelle, s’incline peu à peu vers Ja gauche à mesure qu’il monte. Il franchit la ligne médiane sur l’ombre de l’extrémité inférieure de l’apophyse épineuse de la quatrième lombaire. La ligne médiane franchie, il s'incline de plus en jplus à gauche, apparaît à la
RTE
gauche du rachis entre les costoïdes de L ILE et L IV, pour venir aboutir au bassinet à 6 centimètres à gauche de l'ombre rachidienne, sur une ligne horizontale passant ar le disque unissant la deuxième à la troisième vertèbre lombaire.
FiG. 5. — Ectopie rénale croisée.
Uretéro-pyélographie rétrograde (BaAYLE).
Progressivement plus large à mesure qu’il s'approche de
son embouchure pyélique, l’uretère aboutit à un bassinet dilaté en situation presque horizontale. Le calice supérieur se porte lransversalement en dedans; un petit calice s’en