II
— Il vous a dit... répéta mademoiselle Alphonsiue d'une voix saccadée.
Malgré sa bonté naturelle , madame d'Epcnov n'était pas exempte d'un secret penchant à la moquerie que légitimait d'ailleurs en ce moment son titre de protectrice.
— Eh bien ! ma chère enfant^ puisque vous voulez tout savoir^ répondit-elle en retenant un sourire, M. Ferrand m'a dit qu'ayant achevé depuis fort long-temps toutes ses études en médecine, il ne se souciait pas de recommencer un cours d'ostéologie.
L'indignation produisit sur le visage de mademoiselle du Boissier l'effet du soufflet sur la braise. Enflammée jusqu'aux oreilles, la fille à marier essaya d'un rire dédaigneux, i — Et moi, dit-elle, je ne me soucie pas davantage d'épouser un gros homme mal élevé, qui a le nez rouge et sent le tabac. Il m'avait déplu au premier aspect; si je ne vous l'ai pas dit tout de suite, c'est qu'après la peine que vous aviez prise je craignais de vous désobliger.
— Tout cehi est à merveille, reprit madame d'Epenoy en passant la main sur le dos du chat (jui veiîait de s'éveiller; niais j(3 conimenco à
croire à quelque maléfice dont vous êtes la vielime sans vous en douter. Ce malin je calculais les partis avec qui je vous ai mise en rapport depuis cinq ans , et je suis restée effrayée du chiffre. Vingt-sept ou vingt-huit! Jamais chose pareille ne m'est arrivée.
— Mais, madame, ce n'est pas ma faute, fît observer mademoiselle Alphonsine d'un air mélancolique.
— Je sais du moins que ce n'est pas la bonne volonté qui vous manque. A qui manque-t-ellc? Mais cela ne suffît pas. Dans votre position il faut un certain entregent dont, par malheur, vous êtes tout-à-fait dépourvue, et que mes conseils n'ont pas encore réussi à vous donner. Si vous étiez très jeune, très-riche et très-jolie, cela irait tout seul, et vous n'auriez pas besoin de chercher à plaire ; mais à trente-huit ans...
— Trente-six, madame.-
— Peu importe ; avec 80,000 fr. de dot tout au plus et un physique... ni bien ni mal, vous devez être aimable, fort aimable. Je ne prétends point dire que vous ne l'êtes pas, mais il s'agit de l'être avec intelligence et a propos.
Madame d'Epenoy avait été trop aimable
C8 L'ÉCUKIL.
cllc-rnèiîic dans sa jeunesse pour fiifon lui contestât le droit (!e prolcsser Viwl de plaire. Sure d'être religicuscmeiiL écou'ée^ elle aspira len'ement une prise de tabac et s'étendit d;ms sa berirèrc d'une façon un i)eu doclorale.
— Ma chère enianî, dit- elle ensuite en montrant du doigt une console, vous voyez cette urne? Si vous vouliez la soulever, par où la picndriez-vous ?
— Par l'anse , répondit mademoiselîc du Boissicr du ton d'une pensionnaire récitant sa leçon.
— A merveille. C'est aussi par là qu'il faut prendre les hommes. Tous ont une anse, un faible , un goût dominant , une passion , une manie, si vous l'aimez mieux. Nous autres femmes, nous donnons prise également, mais d'une manière presque uniforme, par la vanité ou par le cœur; tandis que chez les hommes le coté faible varie à l'infini , en raison de la multiplicité des positions qu'ils peuvent occuper el (|ui nous sont interdites. Je vous ai déjà expliqué cela fort souvent. Peine perdue ! Dans vos viuLït-sept ou vinc^t-huit entrevues, vous est-il arrivé une seule fois de la découvrir , cette
anse providentielle , et de la saisir net, de façon à enlever le niariage d'un tonr de niain? Jamais. Loin de !à, vous semblez preijdre à tache de (aire tout !e contraire de ce qui serait convenable; et cependant ce ne sont pas les avertissenficnls qui vous ont manqué. Pour ne citer qi^un fait, rappelez-vous la dernière de vos entrevues ; pas celle-ci, celle d'il y a trois mois, avec monsieur... m.onsieur...
— jMoi!sieur de Biancourt, dit la fille à marier d'jmc voix dolente.
— C'est cela ; M. de Biancourt. Je vous annonce un homme grave., fatigue du monde , (jui, par suile ue malheurs domestiques éprouvés du vivant de sa première femme, a pris la coquetterie en horreur et tient avant tout aux qualités sérieuses et solides; votre leçon faile en comn)ençant par A et en finissant parZ, me voilà tranquille et pei^suadéc que cette fois tout ira bien. Vousariivez ; que vois-je entrer ? une danseuse habillée pour le bal! des fleurs dans les cheveux, une garniture de point d'Angleterre, une robe écourtée outre mesure, afin de mettre en évidence vos pieds, dont, par parenthèse, vous abusez ; des camées, dc§ bro-
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cbes, un bracelet! quesais-je? tout un magasin de bijouterie! Vous n'aviez pas fait trois pas dans le salon, qu'au froncement de sourcils de M. de Biancourt, j'avais juge votre cause perdue. Observez que c'était un excellent parli , trcs-débonnaire malgré son air dur, et qu'une fois mariés vous en auriez fait au besoin tout ce qu'en avait fait la défunte; seulement, il fallait ne pas l'effaroucher.
— Vous avez raison, madame, dit mademoiselle du Boissier d'un air pincé, mais je n'ai point de regret de cette maladresse ; car , si ma toilette n'a pas eu le bonheur de plaire à M. de Biancourt , en revanche sa personne et sa conversation m'avaient considérablement déplu , et je ne puis que m'applaudir de n'être pas aujourd'hui sa femme.
— En vérité, ma chère, il est impossible de prendre plus fièrement son parti , reprit avec un sourire moqueur madame d'Épenoy; je suis persuadée que, si nous passions en revue tous les hommes qui ont décliné le bonheur de vous appartenir , pas un seul ne trouverait grâce à vos yeux ; cependant , plus d'une fois , je vous ai entendue tenir un langage moins superbe.
Je me souviens même qu'en général , pour ne pas dire toujours, vous trouviez ces messieurs fort bien; et^jc prendrai la liberté de croire , malgré vos dédains d'aujourd'hui, qu'en cas de demande de n'importe lequel d'entre eux, cas qui, à mon grand regret, ne s'est pas présenté, un refus aurait eu de la peine à sortir de votre bouche.
— Mon Dieu ! madame , vous croyez donc que j'ai bien envie de me marier ? demanda mademoiselle Alphonsine, dont les joues s'empourprèrent de nouveau.
— Plaît-il ? dit la vieille dame qui se redressa dans sa bergère, et fixa sur sa protégée un regard d'étonnement ironique.
— En lout cas , si je cherche h m'établir , c'est uniquement parce que dans le monde les demoiselles n'ont pas une position convenable, ou plutôt n'en ont pas du tout ; mais, quant au mariage en lui-même , je puis bien vous jurer que si je ne consultais que mon goût...
— Vous resteriez fille?
— Je ne vois pas ce qu'il y a de si attrayant dans le commerce d'un homme , le plus sou-
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vent grossier, vulgaire, inintelligent, et ton- .
jours égoïste.
Madame d'Epenoy se pencha en avant, et baissant la voix comme si elle eut craint d'être entendue de quelque tiers invisible :
— Ma chère amie , dit elle , nous sommes entre nous, et vous savez que je ne vous trahirai pas: ainsi donc dcgonflez-vous , épanchez ce que vous avez sur le cœur , cela fait du bien ; mais ne ré])étcz jamais devant d'autres ce que vous venez de me dire.
-*- Pourquoi donc, madame?
— Parce qu'eu public, s'il est ])0m souvent de cacher ses désirs 5 on ne doit januiis les calomnier.
— Je ne dis que ce que je pense.
— Je veux vous croire , mais d'autres seraient plus incrédules. En vous entendant maltraiter ainsi ces pauvres hommes, ils se rappelleraient peut-être le renard de la ral)le et penseraient que vous trouvez le mariage liop vert.
Madame d'Épcnoy se renfonça dans sa bergère et prit une nouvelle prise de tabac qu'elle aspira d'un air passablement sardoniquc, tandis
que mademoiselle Alphonsinc , les joncs plus flamboyantes que jamais, se moruail les lèvres jusqu'au sang. Ce n'était pas* la première fois qu'un orage semblait près d'éclater entre la patronne et la clienle. Celle-ci avait souvent bc-? soin d'une patience que son tempérament rendait très- méritoire , pour supporter sans y répondre les moqueries par lesquelles la vieille dame lui faisait payer ses bons oftices. En ces occasions, malgré son secret courroux, elle gardait un prudent silence ; cai'^ se brouiller avec sa protectrice, autant eût vain renoncer au înariage ; mais pour nous servir d'une locution énergique dans sa vulgarité, il est p(3rmis cic croire que le diable n'y perdait rien. Quant à madame d'Epenoy, tout en remuant le ciel et la tei'ie pour trouver un mari à cette pauvre Alphonsine^ elle ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir au fond. Elle éprouvait h son égard un sentiment analogue à la mauvaise liuniem' qu'inspire à v\\\ négociant la vue de marchandises sans débit et vieillies dans sa boutique. — Pendant le temps qu'elle m'a fait perdre, j'en aurais marié douze autres! se disait-elle parfois avec dépit.
lu L'ÉGUEIL.
En CCS moments-là , mademoiselle du Boissier était mal venue à protester de son anlipaibie pour les hommes et de son indifférence en matière de mariage. Un sarcasme plus ou moins acéré ne tardait pas h lui fermer la bouche : mais la bonté du caractère reprenant bientôt le dessus, madame d'Epenoy n'épargnait rien pour guérir la blessure que venait de recevoir l'amour-propre de sa protégée ; et c'est en redoublant d'efforts pour lui trouver enfin un mari , qu'elle cherchait à la lui fau^e oublier.
Après un court silence, madame d'Epenoy reprit la parole avec un accent d'enjouement.
— Allons , mon enfant , ne boudez plus. La moue enlaidit les plus jolies femmes. Napoléon et Louis XVIII avaient leurs coups de boutoir; j'ai aussi les miens qu'il faut me pardonner en faveur de mes bonnes intentions. Je vous promets de redoubler de zèle et de ne pas prendre de repos que vous, ne soyez convenablement établie. Soyez sure que nous en viendrons à bout et que vous n'aurez pas perdu pour attendre un peu ; seulement j'ai un avis h vous donner ou plutôt une opinion à vous soumettre.
— Je vous écoute, madame, répondit mademoiselle du Boissier un peu calmée par ces dernières paroles.
— Jusqu'à présent vous n'avez pas voulu entendre parler d'un mari qui eût plus de quarante-cinq ans 5 et encore que de sermons pour arriver là ! Il y a deux ans il vous fldlait un époux de votre âge ; plus tard , vous avez permis qu'il eut quarante ans; aujourd'hui vous êtes plus raisonnable , mais il faudrait l'clre
* tout-à-fait. Si vous m'en crovez , nous reculerons encore un peu la limite. ^
— A moins d'épouser un vieillard !
— - A cinquante ans , un homme n'est pas encore un vieillard!
— Cinquante ans! s'écria m.ademoisellc Alplionsine avec un accent où éclatait i'anlipalhie qu'éprouvent presque toutes les filles d'un certain âge pour les hommes sur le retour ; antipathie que ceux-ci, chose pénible à dire , leur rendent religieusement.
Madame d'Épenoy laissa échapper un signe d'impatience.
— Allez-vous retomber dans vos chimères? dit-elle d'un ton un peu vif: faut-il vous répéter
mille fois la nicnic chose? Je vous l'ai dit : la présomplion de ces messieurs csl si grande, qu'à égalité d'âge ils se croient beaucoup plus jeunes que nous ; et tel homme de cinquante ans que je pourrais citer, aurait peut-être l'impertinence de vous trouver trop vieille ; c'est odieu^'5 c'est révoltant, mais c'est ainsi. Prenezdonc le monde comme il est, et n'attendez pas de ses préjugés une exception en votre faveur. Pour vous, je dois le dire, un jeune mari n'est qu'un rêve, et je croyais que M, Gastoul vous avait complètement éveillée.
Au nem de M. Gastoul un éclair de haine étincela dans les yeux verdâtres de la demoiselle à marier, et ses lèvres frémirent comme si elle se fut préparée à mordre.
— Je ne sais ce C[ne vous voulez dire, répondit-elle avec une indifférence affectée.
— Ah! ma chère, permettez, repartit madame d'É[^enoy qui, trouvant son élève j)cn docile à ses leçons, reprenait peu à peu vis-à-vis d'elle le ton de l'ironie: si vous îi'.ivez pas de mémoire, j'en ai moi ; et puisque vos souvenirs sont en délànt, je vais met're les miens à votre service. Il va (juatreans, vous ne vous occupiez
que de M. Gasloul ; vous en parliez sans cesse, et il ne pouvait aller nulle part sans qu'on vous Y Vit arriver aussitôt. Pour les moins clairvoyants il était avéré que vous aviez conçu le projet formel de lui plaire et de l'épouser. C'eût été fort bien joué assurément, puisqu'il a de la fortune, du talent, et cinq ou six ans de moins que vous. Par malhcrir vos bonnes dispositions à son égard n'ont été récompensées que par l'ingratitude la plus noire. Cet homme sans savoir-vivre n'a-t-il pas osé plaisanter publiquement des intentions qu'on vous supposait, et, pour comble d'impertinence, ne s'estil pas permis, il y a trois ans, d'épouser une femme jeune, charmante, bien née, et qui lui a apporté en mariage trois ou. quatre cent mille francs? En vérité voilà un procédé indigne, et à voire place j'en garderais une éternelle ran* eu ne !
Cette dernière recommandation élait superiluc, à en juger par l'expression vindicative qui, au seul nom de M. Gastoul, s'était peinte sui' la physionomie de mademoiselle Alphonsine 5 mais le persiilagc de madame d'Épenoy irrita au vif la blessure incurable dont souffrait depuis
quatre ans l'amour-propre de la lille à marier. Ce fut d'une voix altérée par une colère contenue avec peine que celle-ci prit la parole pour répondre.
— Il est indubitable que madame Gastoul est plus jeune que moi , plus riche que moi , plus belle que moi; qu'elle possède autant d'avantages que je puis avoir de défauts , et que je gagnerais beaucoup à lui ressembler : pourtant , tout considéré , j'aime autant lui laisser ses moyens de plaire et rester comme je suis.
— Toujours la fable du renard! dit madame d'Epenoy en souriant malignement.
Mademoiselle du Boissier sourit à son tour d'une manière méprisante.
— Si je ne suis pas riche , reprit-elle , si je ne suis pas jolie , si je ne suis pas de la première jeunesse, du moins je n'ai point d'intrigues.
Dans son irritation la demoiselle à marier ne s'apercevait pas que la pierre dont elle voulait lapider madame Gastoiil frappait droit à * la tète sa protectrice. Celle-ci toutefois n'eut pas l'air de voir dans cette accusation une personnalité, et elle répondit tranquillement:
— Voulez-vous dire par là que madame Gastoul 1 rompe son mari?
— Ah! le pauvre homme! s'écria mademoiselle Alphonsine avec une insultante pitié.
— Écoutez, ma chère, repiit la vieille dame d'un ton sérieux ; que vous haïssiez M. Gastoul qui n'a pas eu l'honnêteté de tomber amoureux de vous, je comprends cela, et je l'excuse ; mais sa femme ne vous a rien fait, et cependant vous la détestez plus encore que lui peut-être 5 vous ne manquez pas une occasion d'en dire du mal ; ce qui est à la fois une méchanceté et une maladresse : une méchanceté, en ce que la conduite de madame Gastoul ne motive certainement pas vos attaques ; et une maladresse, car qui dit critique dit presque toujours envie.
• — Moi 5 envieuse de cette femme! ah! madame !
— Cette femme, comme vous avez la politesse delà nonmier, est jeune, charmante, spirituelle, dit-on, fort recherchée dans le monde , et il y a là de cpioi faire sécher de dépit cci^aines personnes. Au fait, qu'avez-vous à lui reprocher?
— jNloi , ricii du tout, dit mademoiselle du lîoisiicren h'aînant la voix avec aifectation, pas
la moindre des clioses; seulement je doute que son mari puisse en dircr.utant.
— iMais c'est un acte d'iiccusation en rôi^'e ! Voyons, mafjemoisellc du ministère public, expli([uez-vous. On m'a dit que mon fils s'occupait beaucoup de celte dame; csL-ce à cela que vous voulez f.ru'e allusion? En ce cns, pns de conjectures, pas de suppositions, [)as d'ouïdire; des fails et des preuves. Maintenant vous eles Irop avancée pour reculer; parlez donc, je vous écoule.
J^'accent vif et un peu brusque de madame d'Epcnoy indiquait l'éveil de sa curiosilé. Ses veux pétillanls d'impatience semblaient vouloir airacher de la bouche de mademoiselle Alplionsine les paroles qui tardaient à en sortir. Avant de dépecer, à lorl ou à raison, la réputation de la femme qu'elle détestait, la fille à marier sourit béiiignement , comme les chats font patte de velours au moment de jouer des griffes.
— Vous me demandez des faits et des preuves? dit-eî*le d'un ton doucereux.
— Oui, mais des faits certains et des preuves évidentes.
• — Vous me promettez de ne répéter à per-
sonne ce que je vais vous dire? Pour cjue je vous en parle , il faul; que je sois bien sure de votre discrétion ; car je serais désolée de nuire en rien h celte ckme.
— C'est bon, dit assez sèchement madame d'Épenoy ; n'en parlez pas plus h d'autres que je n'en parlerai moi-même, et le secret sera bien gardé.
— Eli bien ! madame , reprit mademoiselle du Boissicr en baissant la voix comme pour donner plus de solennité à sa confidence, voici ce qui s'est passé. Hier il y avait une soirée dramatic[ue à i'hotel Castellane ; j'y étais ainsi que madame Gastoul, et le hasard nous avait placées l'une à côté de l'autre. La chaleur était excessive et plusieurs personnes s'en plaignaient, ma voisine surtout. Bientôt je m'aperçois qu'elle pâlit et va se trouver mal. Je la soutiens; une ou deux femmes se joignent a moi, nous l'aidons à sortir , et nous la conduisons dans un salon à côté. Là elle perd tout-à-fait connaissance; tandis qu'on lui lait respirer des sels et qu'on parle même de la déshabiller, je lui ôte ses gants pour lui frapper dans les mains. Figurez- vous alors...