LE DUC D'ALBE , J. ALBORNOS
LE DUC
Ce Romero ! je crois qu'il a perdu L'esprit. -Qu'il prenne garde àlui. — Juan, suis leur trace, Et vois ce qu'ils font. — Puis, fais porter ma cuirasse
Désignant la chambre du fond.
Là-bas. — Je la mettrai dessous mes vêtemens.
C'est lourd, — mais bon à prendre en cas d'événemens.
— Va.
Albornos sort.
Tout marche enfin ! — Oui ; — mais quel but vais-je
(atteindre ?
Que trouverai-je en lui quand mesmains vont l'étreindre? ]\e se peut-il enfin qu'une part de ce sang De l'échafaud sur moi tombe en rejaillissant , Et que vers l'avenir ma mémoire s'envole Portant, scellée au front, sa hideuse auréole ? Doute amer et profond ! Sombre perplexité ! Ne pas savoir , hélas ! si la postérité IN 'écrira point , un jour, dans l'histoire hautaine, Le nom du bourreau joint au nom du capitaine,