‹ L'écuelle et la besace; scenes historiques du 16eme siecleChapitre 124 sur 184 · I. — PAGE · texte numérisé non relu

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Tout marche enfin ! — Oui ; mais quel but vais-je atteindre ? Que trouverai-je en lui quand mes mains vont l'étreindre ? Ne se peut-il enfin qu'une part de ce sang , De l'échafaud sur moi tombe en rejaillissant, etc.

Ce n'est point gratuitement et par amour du paradoxe historique, que nous avons fait exprimer au ducd'Albedes sentimens opposés au caractère qu'on lui prête généralement. Les rudes habitudes du guerrier, les convictions larouches de l'exécuteur des ordres d'un tribunal et d'un roi fanatiques, laissaient parfois arrivera la surface de son ame, le contre-coup des tressaillemens intérieurs produits par une conscience aux prises avec ces habitudes et ces convictions. Le passage suivant de Brantôme nous a semblé contenir une révélation à cet égard :

« J'ai ouy raconter à un religieux espagnol, très-habile » homme , que ce grand duc, avant que de mourir, se sentit » atteint j en sa conscience, des cruautés qu'il avait faites^ ou » fait faire en Flandres; dont il se confessa et en montra une !• grande contrition , appréhendant que son àmc n'en pastif. )' Ce qu'estant rapporté au Roy d'Espagne, il lui manda , pour » un grand reconfort, que quant à celles qu'il avait exercées » par l'espée de sa justice, qu'il ne s'en mist autrement en » peine , car il les porterait toutessur soy et sur son âme; mais » quant aux aullres qu'il avait faites par Tespée de guerre, que » c'eslait à luy d'y penser, et d'en répondre en son propre et

11 privé nom Car il scavait bien que l'un et l'autre en avaient

)• trop fait, et que les diables leur pourraient jouer d'une

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