‹ L'écuelle et la besace; scenes historiques du 16eme siecleChapitre 125 sur 184 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

» trousse en cachette. Et pai' ainsi, se deschargeant l'un sur !> l'autre , qui aurait moins de charge, se sauveraient plus aisé- » ment d'eux. Voih\ ce que me dit ce bon religieux. »

Ces sentimens pouA-aieut également s'être présente's au duc d'AIbe dans l'instant solennel qui ouvre sa mission dans les Pays-Bas. Un indice qui fortifie cette conjecture , résulte de ces lignes tirées d'un rapport fait au coiBte de Hoogstraeten par un courrier que le duc d'AIbe avait envoyé au duc de Juliers , le 3 Juin 1568 :

K II affirme que c'estoit une chose de l'aulti-e monde, le crys, » lamentation et juste compassion qu'aviont tous ceulx de la » ville dudit Brusselles , nobles et ignobles, pour ceste barbare » tyrannie : (11 s'agit des dix-neuf gentilshommes exécutés le » l^"" Juin, au Sablon) ; mais que nonobstant ce, cestuy Nero » d'Âlva se vante en ferat le semblable de tous ceulx quy » polra avoir en mains, et que le bruict est il se veut trouver )> en personne avecq ung camp formé , et que il veut mourir » avecq les armes au doz , veu qu'il s'apperchoit que tous ceulx ji tant de dedens que dehors le pays, le veuillent et désirent » avoir mort, quy est bien signe que sa conscience le juge, quy it vault mille tesmoings. > Archives ou correspondance inédite etc.

Pour ce qui regarde l'avarice du duc d'AIbe, elle n'était douteuse pour personne. Son enthousiaste biographe en fait même assez naïvement l'aveu, c II fut libéral sans être prodigue, (dit-il) » et ne donna jamais qu'avec choix : il est vrai que la vieillesse i> qui augmenta considérablement toutes ses autres vertus, » diminua celle-ci jusqu'à tel point qu'on l'accuse d'avarice. >

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