SCÈNE V
De le voir allumer. — C'est assez curieux.
BOXTEL
Ne conviendrait-il pas de nous choisir, messieurs , Un signe, un titre, un nom?
CUILEMBOURG.
Bien dit. — Si l'assemblée Association noble était appelée ?
MARNIX
Noble ? — Je ne sais pas , monsieur de Cuilembourg , Si nous n'aurons besoin, peut-être, quelque jour. Pour mener à bon port notre noble galère , De prendre , jx)ur ramer , les bras du populaire ?
CUILEMBOURG.
Eh bien , alors, quel nom ?
BRÉDERODE.
Ah ! messieurs, à propos Décela , chez Madame , hier j'entendis deux mots, — Mon cher Pallant ,
A de Berghes.
et vous, vous manquiez à la fête — Deux mots qui pourraient bien sauver à votre tête L'ennui de trop chercher. Or, voici ce que c'est : Madame , en nous voyant porter noire placet , A trois cents, éprouvait quelque frayeur dansl'ame. Quand Berlaimont lui dit: (c Rassurez-vous, madame , « Ce n'est qu'un las de gueux ! »
CUILEMBOURG.
Mordieu ! le Berlainiont Se coupera la gorge avec moi , pour radiont!
BRÉDERODE, riant.
Et pourquoi, Cuileiiibourg? Comment? c'est un service Que Charles nous rend là ! Rendons lui donc juslice. Où d'ailleurs est le mal ? iN 'ayons-nous pas juré , Pour marcher d'un pas ferme à notre but sacré , De tout abandonner , quoiqu'on dise ou qu'on fasse , Et s'il le faut, de nous réduire à la besace ? Le mot vous fait-il peur? Allez-vous oublier Que l'habit ne fait pas le moine tout entier ? Sachons nous affranchir d'un si mince scrupule. Le nom de Gueux jamais ne sera ridicule, Si nous Filluminons de splendides reflets D'honneur, de liberté , de gloire , de succès. Tels bonheurs valent moins que certaines misères. Qu'importe un nom commun avec de pauvres hères ? Allez, que le destin nous rende gueux connne eux, ÎSous serons bien toujours, amis , de nobles gueux !