‹ L'écuelle et la besace; scenes historiques du 16eme siecleChapitre 32 sur 184 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Huit OU dix jours après ce que j'ai raconté,

Près de Valladolid , un matin , fut fêté

Ce qu'à bon droit on nomme un grand joui\ en Espagne.

Tout un peuple joyeux inondait la campagne :

Beaucoup venaient de loin à l'appel des bourreaux ,

Car un bûclier vaut bien un combat de taureaux.

D'ailleurs , rien n'y manquait. D'un côté, dans la flamme.

Mouraient les condamnés, — entre lesquels, la femme

Dont je parlais tantôt; — et , d'un autre côté ,

Un tréteau magnifique, à grands frais apprêté.

Portait les magistrats, le clergé, la noblesse,

La cour : — tout y brillait de faste et de ricbesse.

La fête était splendide, et faisait fort honneur

Au Sainl-OlTice. — Près du grand-inquisiteur,

— Un peu plus bas, pourtant, — un homme grave et pâle

Se tenait , tête nue, et sa voix sépulcrale

Avec les autres voix, chantait: miserere....

A d'Egmont.

Comte, l'homme c'était notre roi révéré !

EGMONT

Ah».

D'ORANGE , basa Cuilemboiirg.

Cuilembourg, quel est donc ce seigneur?

CUILEMBOURG.

Le comte De Berghes l'a tantôt présenté. — Sur son compte , C'est tout ce que je sais. — Pourquoi ?

D'ORANGE

C'est que... Oli ! rien , rien :

Je pensais... je disais.... Ah ! oui , qu'il parle bien.

A part.

Diable ! cet homnie-là m'a l'air de ne pas être Ce qu'il paraît. Je crois que la face d'un traître Se cache sous ce masque : examinons toujours Chaque signalement que dans ces derniers jours , D^Espagneon m'envoya. — jNous verrons.

BRÉDERODE.

Sur mon ame , Je crois que le récit de ce lugubre drame Nous a rendus aussi gais qu^in enterrement , Ou que Philippe deux! — Nous oublions , vraiment, Nos insignes sacrés , l'écuelle et la besace ! Par le comte Thierry, par mon nom , par ma race , Est-ce la peine enlin de nous jouer au feu De Finquisition j pour ne pas rire un peu !

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