SCENE I
Avec la torche en main , et la lance, et l'épée; ^'ous bi'ûlez les moissons et la terre est ti-empée Du sang , bien souvent pur , que vous versez à flots.
Malheureux ! et la gloire ?
LE VALET
Ah! c'est bon pour les sots, La gloire ! — Voyez-vous, pour brûler, l'on nous paie : Pour tuer , l'on vous donne aussi quelque monnaie \ Que prétendez-vous donc ? Tenez, seigneur sergent , Ne parlons plus de gloire, entre nous, — mais d'argent! — Allons^ tout est fini. Partons-nous^ camarades 7
UN SOLDAT, bas au chef.
Si nous lui poussions donc une ou deux estocades ?
Hum ! ne nous frottons pas à l'inquisition !
Les valets chargent leurs outils sur la charrette. LE VALET , en parlant , aux soldats.
Dieu vous accorde, amis, sa bénédiction !
La charrette s'éloigne avec les aides du bourreau. — 11 fait grand jour. On entend sonner les cloches des diverses églises. Quelques tètes d'hommes et de femmes apparaissent aux fenêtres. Des portes s'ouvrent càetlà. La place se peuple insensiblement. Lne rumeur sourde et confuse s'accroit peu à peu , et n'est dominée que parla voix stridente des crieurs, ou les colloques qui s'engagent de moment à autre. — Tout le bruii et l'aspect d'une grande ville qui s'éveille.
SGEITS II.
HOiMMES D'ARMES, PEUPLE
UN BOURGEOIS
Quel sabbat, cette nuit, fut tenu sur la place ! Avez-vous entendu, voisin ?