‹ L'écuelle et la besace; scenes historiques du 16eme siecleChapitre 62 sur 184 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

VOIX DANS LA FOULE

Savez-vous , ma voisine , Quelle oraison il faut dire à sainte Apolline , Afin qu^elle guérisse un mal de dents? — Ma foi, Demandez-le au bedeau. — La belle, croyez-moi , Quand monsieur le bedeau vous aura dit la chose , Récitez sa prière , et sans faire de pause , Arrachez- vous la dent : vous ne souffrirez plus , Soyez sûre. — De quoi se mêle cet intrus ?

— Eperlans ! Eperlans ! — Œufs ! — Anguilles ! Anguilles !

— Vois donc, les beaux archers ! — Fil, épingles, aiguilles!

— Messire, savez-vous quel est , en résultat , L^horame qu'on va brûler? — Un saint. — Un apostat.

— Mais, on étouffe ici !

UN BOURGEOIS

Quand le prince d'Orange Est-il parti ?

UN MARCHAND

Voilà deux jours.

DEUXIÈME BOURGEOIS

C'est bien étrange :

]\ous quitter au moment où le péril est là !

LE MARCHAND

On dit que la Duchesse en cour le rappela , Pour affaire pressée.

7S LE BLCHER.

DEUXIÈME BOURGEOIS

Ahl des ordres d'Espagne, Sans doute?

LE MARCHAND

Je le crois.

TROISIÈME BOURGEOIS

Dit-on qui raccompagne ?

Monsieur de Bréderode ou le comte Louis ?

LE MARCHAND

Allons ! voici vingt jours que ceux-là sont partis !

TROISIÈME BOURGEOIS

Ah !

LE MARCHAiND.

A DUS ne savez donc rien de ce qui se passe ?

TROISIÈME BOURGEOIS

Ma femme ne veut pas me laisser sur la place , Ecouler ce qu'on dit.

DEUXIÈME BOURGEOIS , riant.

Bonne ame !

TROISIÈME BOURGEOIS

Est-il pas vrai ?

LE MARCHAND

Mon cher, si vous voulez, je vous e.\pli([uerai

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