CHAPITRE XXV
Comme le précédent.
Vous conviendrez aisément, je crois, après ce que je viens de vous dire de Cormoran, que mon goût pour lui, étoit justifié; un seul de ses regards auroit suffi pour tourner la tête à la femme la moins susceptible, ainsiil n'est pas surprenant que son mérite ait fait sur moi une si vive impression. Tant de passions ne sont fondées que sur le caprice, que je suis bien-aise de vous faire voir que la mienne ne s'étoit pas déterminée sur rien. La première fois que je le vis (et l'amour ne peut naître que du premier moment), qui ne l'auroit aimé ! Il étoit au Cercle chez Barbacela. Les hommes les plus galans de la Cour, étoient consultés par nos Dames sur le choix des ajustemens, sur les modes, et la difficulté d'en imaginer de nouvelles; c'étoit, comme vous voyez, une matière importante ! Chacun s'efforçoit de briller ; le Prince, qui venoit d'arriver à la Cour, résolut avec tant
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de solidité les cas difficiles qui se présentèrent, inventa des modes si jolies, qu'il n'y eut personne qui n'admirât sa sagesse et son imagination. Pour moi, j'enfus frappée incognito jusques au fond du cœur. Une attention particulière qu'il parut faire à ma personne, fixa le penchant que je me sentois déjà pour lui, et je m'aidai si bien de mes réflexions, que quand le soir je le quittai, ma passion ne pouvoit plus augmenter. L'agrément de son esprit qui se développa dans la liberté du repas, acheva ma défaite; quelque chose d'obligeant qu'il me dit sur mabeauté, et le silence qu'il garda avec toutes les autres, me convainquirent que son cœur n'étoit plus tranquille. Car, cela s'apperçoit aisément; l'amour est un sentiment qui dérange l'âme, et qui pour s'y mettre à son aise, s'empare de toutes ses fonctions, et ne les laisse agir qu'à son profit. Mon cœur qui sembla au premier coup d'œil, s'entendre avec le sien, abjura toutes ses bienséances, et par une étourderie inconcevable, marcha sur le ventre à toutes les idées de raison qui auroient pu le contredire. Nous nous rencontrâmes à soupirer ensemble, et si nous étions restés plus long-temps l'un avec l'autre, ce soir-là nos désirs se seroient couchés moins enfans qu'ils ne firent. Je ne sçais ce qu'il fit de la nuit; pour moi, le sommeil voulut en vain s'emparer de mes sens; quelques conseils qu'il me donnât, j'aimai mieux en croire l'amour, qui, tout neuf dans mon cœur, l'occupoit plus agréablement que n'auroit fait sans doute le songe le plus aimable. Qu'est-ce en effet que le sommeil quand on aime ? Quelques douceurs qu'il vous apprête, vaut-il le désordre raisonné de votre imagination ? Sur-tout, quand sûr d'être aimé, l'espérance flatteuse arrange vos objets comme vous pourriez les souhaiter. L'on n'a dans un songe que des idées indistinctes, heureuses quelque-
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fois, mais souvent contraires à leur source. Quand on pense soi-même à ce qu'on aime, on lui fixe son emploi, on le porte où l'on veut, et la passion qui le détermine, sçait toujours le faire amusant.
A peine étois-je levée, que Cormoran entra dans mon appartement; j'étois alors dans un cabinet reculé. Il osa troubler ma retraite; le trouble et les désirs, qui étoient peints dans ses yeux, son sérieux timide, me prouvèrent que j'étois aimée. Je l'avouerai, je n'eus pas la force de lui rendre sa conquête douloureuse, et d'ailleurs mon rang m'obligeoit à faire les avances. Un coup d'œil favorable le rassura donc, et sans y trop intéresser ma vertu (car voilà à quoi sert l'usage du monde) sans paroître le souhaiter, je l'amenai au point de me faire sa déclaration. Je ne me souviens pas à présent de quelle manière il la tourna, mais elle fut intelligible au point qu'il ne tint qu'à moi de faire semblant de m'en fâcher. Il ne me convenoit pas d'y répondre tout d'un coup, mais aussi ne voulant pas le désespérer, je lui serrai la main, geste indifférent dans le fond, et sur lequel on peut toujours s'excuser quand il ne réussit pas. Je ne voulus pas, quoique sûre qu'il m'aimoit,en hazarder davantage. Les premières avances doivent être modérées. Pour peu qu'un amant ait d'esprit, il les entend: quitte aies pousser sans ménagement, s'il ne sçait pas les entendre. Je ne fus pas à cette peine-là avec Cormoran, il sçavoit que toute main qui serre, veut un baiser, il le prit donc; il rougit du plaisir qu'il en eut, et je rougis aussi, mais de ce qu'il ne recommençoit pas à en prendre. Je jettai sur lui un regard qui me fatigua étrangement ; il mouroit d'envie d'être tendre, je n'étois pas fâchée qu'il le fût; cependant il ne devoit pas le paroître : je fis ensorte qu'il ne fût qu'interdit, qu'il n'exprimât que la colère où
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j'aurois dû être, mais je n'y réussis pas, et l'amour qui le guidoit,le fit comme pour lui-même, avant que j'eusse songé seulement à en corriger l'expression. Si j'avois eu affaire à quelqu'un de moins pénétrant, j'aurois pu m'en sauver, mais ce traître de Cormoran le prit pour bon, pour ce qu'il étoit, pour ce que je ne le voyois pas. Pour m'en remercier, il baisa encore ma main, que je n'avois pas songea retirer d'entre les siennes; il étoit ému, je commençois à raisonner, moins qu'à sentir; il étoit à mes genoux, c'est une attitude qui frappe toujours, et qui n'est point du tout indifférente; si elle prouve du respect, elle met en même tems à portée d'en manquer. Je me baissai, uniquement pour engager Cormoran à se relever, il saisit ce moment pour me surprendre un baiser qui me pénétra : c'étoit le premier de ma vie, tous mes sens se troublèrent, ma tête malgré moi resta penchée sur la sienne. J'ai éprouvé depuis la même volupté, elle m'a toujours été chère, mais elle ne m'a jamais été si sensible. Je ne sçai ce qu'en ce moment, Cormoran faisoit de lui-même; je crois que s'il avoit été moins égaré, j'étois perdue. Lorsque je revins de mon trouble, le Prince étoit encore dans le sien; ses yeux étoienl chargés d'une tendre langueur; ses soupirs étoient interrompus, son cœur pressé ne les lui fournissoit qu'avec peine. Quel bonheur, qu'alors il ne put rien entreprendre! l'instant de sa déclaration auroit été celui de son bonheur. C'étoit une chose d'usage à la Cour, mais je ne voulus pas m'y soumettre. Je connoissois assez les hommes pour sçavoir qu'ils attribuent une conquête trop prompte, moins à l'amour qu'on a pour eux, qu'à l'habitude de se rendre; qu'ils aiment mieux mortifier leur vanité, que de ne pas humilier la nôtre, et cette raison me retint, où la pudeur ne l'auroit sçû faire. Ah Prince!
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dis-je à Cormoran, laissez-moi, ne seroit-ce pas à vous à me défendre de ma faiblesse? N'augmentez pas l'inutilité de ma raison; revenez à vous, rendez-moi à moimême; je vous aime, hélas! vous n'en pouvez pas douter, les preuves de ma tendresse en ont devancé l'aveu. Qu'il m'est doux de ne vous avoir pas tout donné, et de songer que mon amour a encore mille présens à vous faire ! Jouissons du plaisir de nous adorer, abandonnonsnous-y, que nos jours s'écoulent dans notre ardeur, qu'ils ne renaissent que pour nous y retrouver; que le présent en nous rappellant le passé, nous encourage à nous aimer sans cesse, et puissions-nous dans l'avenir, n'envisager encore que le bonheur qui nous pénétre aujourd'hui! heureux d'être tous deux immortels! plus heureux de rendre notre amour aussi éternel que notre existence? Ah! divine Fée, s'écria Cormoran, je ne puis plus suffire à mes transports, vos bontés me confondent : ne pouvoir vous en exprimer ma reconnoissance, n'estce pas vous prouver combien elles me pénétrent? Mais vous ne concevez pas encore vous-même, à quel point elles me sont précieuses. Content de vous adorer, quand même vous m'auriez accablé de rigueurs, jugez, s'il se peut, de mes transports quand je vous vois partager ma flamme. Heureux de vivre pour vous adorer, pour vous consacrer tous les momens de ma vie ! mais malheureux de ne pouvoir mourir, si jamais vous changez pour moi. Cependant Jonquille vous aime; quel rival! et si je n'ai pas à redouter votre inconstance, que ne dois-je pas craindre de son pouvoir, et peut-être de ses agrémens? Je l'avouerai, lui dis-je, il s'est déclaré pour moi, mais je n'aurai paslong-tems à contraindre ma tendresse, et à supporter la sienne. J'employerai tant de soins à le rebuter, et à vous rendre heureux, qu'il gémira de dou-
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leur, autant que vous soupirerez de plaisir. Une passion qui n'a plus d'espoir, s'irrite d'abord, mais s'attiédit. Ennuyé du peu de succès de ses soins, bientôt, croyezmoi, sa fierté lui fera porter à un autre des vœux qu'il verra méprisés. Mais contraignons-nous ; tout Génie que vous êtes, vous sçavez combien sa puissance est audessus de la vôtre ; ne pouvant trancher vos jours, du moins il les rendroit malheureux, sans doute, nous ne nous verrions plus. Ah! je ne puis y penser sans frémir. Contens de pouvoir en public nous dire par nos yeux que nous nous aimons, réservons-en les preuves pour des lieux dont nous serons sûrs. Mais sortez d'ici, je craindrois qu'on ne nous y surprît, et qu'on ne devinât la cause de l'embarras où nous sommes tous deux; dans une Cour où l'amour fait la principale affaire des Courtisans, il ne seroit pas équivoque. Le Prince, qui craignoit que cette passion violente que je lui marquois, ne lût qu'un caprice, auroit bien voulu, avant que de sortir, que des faveurs plus marquées réalisassent son bonheur, mais ce n'étoit pas mon intention de porter si loin ma foiblesse. J'imagine bien que ce n'étoit pas par vertu que j'étois si réservée ; je ne sçai pas non plus, si c'étoit par délicatesse, mais j'ai peine à croire, si je n'avois pas fait sortir Cormoran, que j'eusse pu rester avec lui où j'en étois.Ses yeux étoient si tendres, et j'étois si foible! d'ailleurs, il m'avoit marqué tant de transports pour une bagatelle, que j'aurois voulu voir à quel excès auroit été sa reconnoissance, si je lui avois donné plus lieu d'éclater. Il sortit à regret, et je tâchai de lui cacher que c'étoit à regret aussi que je le laissais sortir. A peine fûs-je seule, que je me fis des reproches, non de ce que j'avois fait, mais de l'avoir renvoyé si content. J'aurois été au désespoir qu'il eut douté de mon cœur, et je ne trouvois
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pas à propos qu'il en fut si sûr. Quoique je ne sçusse pas bien encore, tout ce que nous perdons auprès d'un homme, quand nous avons satisfait ses désirs, je me doutais bien, quelque enflammé qu'il puisse être? qu'au moins il a perdu le plaisir de la curiosité; et je sentois par moi-même que ce plaisir tient de la place dans l'ame, et que pour le même objet il n'y peut loger qu'une fois. J'avois résolu, malgré ma passion pour Cormoran, de le laisser long-tems désirer, d'être quelquefois douteuse pour lui; mon amour souffroit à imaginer cette politique, mais elle me parut si nécessaire, que je surmontai mes répugnances à cet égard. Quand je le revis dans la journée, mes yeux furent plus muets qu'ils ne l'avoient été le matin; j'y laissai même une impression de froideur qui le désespéra. Il est vrai que certaine du chagrin que je lui avois causé: un regard tendre, et plein de feu que j'appuyai sur lui, travailla à lui rendre ses premières espérances. Je sçai que dans le monde, les hommes appellent ce manège, de la coquetterie, mais pour qui travaillons-nous, si ce n'est pour eux? Quels charmes ne trouveroient-ils pas bientôt insipides, si nous neprenions le soin de réveiller leur cœur? Les aimons-nous toujours tendrement? Sûrs de nous trouver dans une égalité constante, ils ne la désirent plus : Un caprice auquel ils ne s'attendent point, les tire de leur léthargie, ils se voyent avec désespoir, sur le point de perdre un bien dont ils ne jouissoient plus qu'avec nonchalance.
Le mouvement qu'ils se donnent pour se le faire rendre, renouvelle leurs sentimens ; ils ne se souviennent plus que nous étions à eux, ils veulent que nous y soyons. Notre perte prochaine leur fait seule sentir combien nous leur étions nécessaires, ils nous en aiment
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davantage, et par conséquent, nous en deviennent plus chers; le cœur y gagne de deux côtés, c'est un surcroît de tendresse qui lui arrive. Un amant n'a-t-il point de fantaisies à essuyer, point de rivaux à craindre, il croit qu'il n'aime plus, ou du moins, que ce n'est plus que par habitude, ou par reconnoissance. N'est-ce pas un service à lui rendre, que de lui ôter une erreur qui éteint ses plaisirs? L'amant tendre revient, quand la maîtresse sensible disparoît; ces faveurs qu'il recevoit sans désirs, redeviennent plus piquantes pour lui que la première fois, dès qu'il a pu imaginer qu'elles lui seroient ravies; il ne conçoit même pas, comme il a pu les négliger. Au milieu d'un raccommodement inattendu, quel triomphe pour nous! quel charme pour lui! de sentir renaître dans son cœur un sentiment qu'il n'y distinguoit plus. L'amour n'est que ce que nous le faisons; si nous le laissions comme la nature nous le donne, il seroit trop uni; sans délicatesse, il seroit sans volupté; nous ne devons ce bien qu'à nous-mêmes; il falloit le rendre difficile pour le rendre agréable. Notre empire sur les hommes dépend de nous, et quand il nous arrive de le perdre, ce n'est jamais qu'à notre peu d'adresse que nous devons nous en prendre ; s'ils nous en privent, ce n'est pas leur faute : Hélas ! les pauvres gens qu'ils sont ! n'y penseroient pas d'eux-mêmes : Déterminés pour l'esclavage, ils ne quittent une chaîne que pour rentrer dans une autre; ils sentent qu'ils sont faits pour être toujours dominés. Mais voulons-nous les fixer? ne leur offrons jamais un bonheur parfait ; comblons leurs desirs, mais ne les anéantissons pas; au milieu des plus grandes voluptés qu'il leur manque quelque chose, ne fût-ce même qu'un soupir! le désir ne meurt que d'être comblé, et c'est une maladie qui ne lui arrive, que quand
nous ne voulons pas la lui épargner. Ah quel enchantement! s'écria Néadarné. En honneur! Taupe, ma mie, dit Tanzaï, je n'ai de ma vie, rien entendu d'aussi extraordinaire que vous. Les belles réflexions! dit encore Néadarné. Quand il seroit vrai, reprit Tanzaï, qu'elles fussent aussi belles que vous le dites, je ne les en aimerois pas davantage. Je les trouve longues et déplacées, et je ne sçache rien de si ridicule que d'avoir de l'esprit mal-à-propos. Il y a trois, heures au moins que Moustache nous tient en halaine pour une Histoire que j'aurois faite en un quart d'heure. Je crois que pour conter agréablement, il faut être naïf. Si par hazard un fait fournit une réflexion, qu'on la fasse, mais qu'elle n'anéantisse jamais le fond ; qu'elle soit courte ; qu'elle ramené l'Auditeur à l'attention qu'il doit avoir pour le narré qu'on lui fait, et que l'on s'épargne sur-tout cette envie de briller qui contraint l'esprit, et lui ôte le naturel. Partie si nécessaire à quelque genre que ce puisse être, que sans elle, je ne trouve point de vraies beautés. Je ne parle plus à Moustache de son jargon, je vois qu'il est né avec elle; mais à propos de quoi ce monceau d'idées, toujours les mêmes, quoique différemment exprimées? Pourquoi ces choses dites cent fois, et revêtues pour reparoître encore d'un goût qui les rend bizarres, sans les rendre neuves? Que me sert à moi qui ai envie d'être promptement au fait de votre Histoire, de sçavoir toutes les réflexions que vous avez faites après coup sur vos aventures? Et une bonne fois pour toutes, Taupe, mes amours, des faits, et point de verbiage. Vous pouvez avoir raison, reprit Moustache, mais l'essentiel ne doit pourtant pas être traité comme le futile. Eh bien ! reprit Tanzaï, elle croit m'avoir répondu. Eh! mais sans doute, dit la Princesse, elle parle bien. Je ne sçache rien
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de si charmant que de pouvoir parler deux heures où d'autres ne trouveroient pas à vous entretenir une minute. Qu'importe que l'on se répète, si l'on peut donner un air de nouveauté à ce que l'on a déjà dit ? D'ailleurs, cette façon admirable de s'exprimer que vous traitez de jargon, éblouit; elle donne à rêver ; heureux ! qui dans sa conversation peut avoir ce goût galant. Quoi ! ne trouver toujours que les mêmes termes, ne pas oser séparer les uns des autres, ceux qu'on a accoutumés de faire marcher ensemble! Pourquoi seroit-il défendu de faire faire connoissance à des mots qui ne se sont jamais vus, ou qui croyent qu'ils ne se conviendraient pas : la surprise où ils sont de se trouver l'un auprès de l'autre n'est-elle pas une chose qui comble, et s'il arrive qu'avec cette surprise qui vous amuse, ils fassent beauté, où vous croyez trouver défaut, ne vous trouvez-vous pas singulièrement étonné? Faut-il qu'un préjugé?.... Par Singe! s'écria Tanzaï, vous m'étonnez singulièrement vous-même, et j'admire le peu de tems qu'il vous a fallu pour vous infecter de ce mauvais goût. Mais finissons la dispute, que Moustache achevé son histoire, s'il est possible, et qu'elle ne quitte plus son Cormoran pour courir après des disgressions inutiles. Allons, continuez, dit Néadarné à Moustache, et surtout rendez-moi compte exactement de ce que vous avez fait, et non-seulement de ce que vous avez pensé, mais encore de ce que vous auriez voulu penser ; n'oubliez pas, en un mot, la plus légère circonstance. Vous contez si bien !
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