‹ L'édit de CallisteChapitre 121 sur 252 · LE TÉMOIGNAGE DE SAINT HM'POLYTE · texte numérisé non relu

LE TÉMOIGNAGE DE SAINT HM'POLYTE

les innovations réalisées par Calliste ou encouragées par sa connivence (icpûtoç -x r.z'-.z ■jjîovàç... uufxwpeîv hcevôijas — Ith toiÎtou r(p;av:: îz'.'t/.:-:'. ... s'.;x;j.:'. xal xpiywpM xaOfaraaôai —

Le point de vue diffère d'ailleurs totalement de celui où s'était placé Tertullien. L'auteur du De pudicitia visait un acte particulier de Calliste, posé par celui-ci peut-être assez peu de temps après le début de son pontificat, en tous cas destiné à préciser une ligne de conduite pour l'avenir. Les Philosophumena résument après coup, dans un tableau poussé au noir, la carrière d'un rival détesté. Hippolyte pouvait tracer ce tableau, sinon avec impartialité, du moins en connaissance de cause : il s'agissait d'événements accomplis sous ses yeux; vivant à Rome, et chef de l'opposition, il était on ne peut mieux placé pour recueillir sur le compte du pontife romain toutes les rumeurs malveillantes et s'en faire l'écho fidèle. Autant il le cède à Tertullien pour la puissance d'invective, autant il le dépasse par la plénitude de l'information. On ne doit pas perdre de vue ces caractères très différents des deux documents accusateurs. Si le pamphlet de Tertullien est tout vibrant d'actualité, celui d'Hippolyte se donne pour une histoire.

Dans quelle mesure cette histoire est-elle fidèle? Des sources qui peuvent servir à la contrôler, la plus abondante, et de beaucoup, est l'œuvre de Tertullien. Mais il va sans dire qu'un tel témoignage ne doit être admis que sous bénéfice d'inventaire; car il n'est pas prudent ni juste de condamner un homme sur le seul témoignage d'un ennemi. Tertullien et Hippolyte fussent-ils d'accord pour accuser Calliste, la haine qui les anime tous deux doit nous mettre sur nos gardes et nous fait un devoir de rechercher s'ils n'ont point noirci l'homme qu'ils détestaient.

Le fait est que, dans la tradition de l'Église catholique, à laquelle il avait appartenu, le souvenir du pape Calliste n'est marqué d'aucune flétrissure, et ses successeurs n'ont pas eu à le désavouer. Trente ans après sa mort, durant la vacance du siège pontifical qui suivit la mort du pape Fabien, Novatien, l'austère Novatien, écrivant au nom de l'Église romaine

à l'évèque de Cartilage, ne craint pas de faire allusion à ces traditions d'antique sévérité que l'Église catholique garde jalousement1; il ne semble nullement incommodé par un souvenir qui devait remonter au temps de son adolescence, et ne corrobore pas de la plus légère insinuation les dures paroles d'Hippolyte, ce premier crayon du futur antipape Novatien. Le Liber Pontificales2, après avoir dit que Calliste fut couronné du martyre, rattache à son pontificat l'institution du jeûne des Quatre temps, la fondation de la basilique de Sainte-Marie du Transtévère, les ordinations qu'il fit au mois de décembre, sa sépulture au cimetière de Calépode, la survivance de son nom dans un autre cimetière qu'il a créé et où reposent nombre de prêtres et de martyrs; le tout, sans ombre d'allusion aux méchants bruits qui avaient couru sur son compte. Il faut nécessairement recueillir tout cela si l'on veut parvenir à un jugement équitable. Revenons donc au texte d'Hippolyte.

Un des traits originaux de cette peinture est le recours que paraît avoir fait Calliste à certaines figures scripturaires pour caractériser l'Église d'ici-bas : arche de Noé, réunissant les animaux purs et impurs ; champ où le bon grain croit mêlé à l'ivraie. Ces applications n'étaient pas inédites.

La comparaison de l'arche se rencontre déjà chez Tertullien, qui d'ailleurs se préoccupe d'en prévenir l'abus3. « La

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