‹ L'édit de CallisteChapitre 122 sur 252 · Liber PontipZcalis, éd. Dcchesne, t. I, p · texte numérisé non relu

Liber PontipZcalis, éd. Dcchesne, t. I, p

Calistus, natione Romanus, ex pâtre Domitio, de regione Urberavennantium, sedit ann. vi m. n d. x. Fuit autem temporibus Macrini et Theodoliobolli, a consulatu Antonini (218) et Alexandri (222). Hic martyrio coronatur. Hic constituit ieiunium die sabbati ter in anno fieri, frumenti, vini et olei, secundum prophetiam. Hic fecit basilicam trans Tiberim. Hic fecit ordinationes v per mens, decemb., presbiteros xvi, diaconos m, episcopos per diversa loca numéro vm. Qui etiam sepultus est in cymiterio Calepodi, via Aurélia, miliario m, prid. id. octob. Qui fecit alium cymiterium via Appia, ubi multi sacerdotes et martyres requiescunt, qui appellatur usque in hodiernum diem cymiterium Calisti. Et cessavit episcopatus dies xvi.

3. Tertuluex, De idololatria, 24 : « Viderimus enim si secundum arcae typum et corvus et milvus et lupus et canis et serpens in Ecclesia sit. Certe idololatres in arcae typo non habetur. Nullum animal in idololatren figuratum est. Quod in arca non fuit, in Ecclesia non sit. »

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figure de l'arche nous montre-t-elle dans l'Ég-lisclc corbeau, le milan, le loup, le chien, le serpent? En tout cas, elle ne nous présente pas d'idolâtre; l'idolâtre n'a été figuré par aucun animal. Ce qui n'était pas dans l'arche, ne doit pas être dans l'Église. » Telle est la conclusion du traité De idololatria. Pour en mesurer la portée exacte, il faut avoir égard à l'intention du traité. Ce que Tertullien combat dans le De idololatria, ce n'est pas l'adoration formelle des faux dieux, ce sont toutes les compromissions mondaines, plus ou moins apparentées à l'idolâtrie et mortelles à la vie chrétienne. A cet effet, il montre tous les péchés, à commencer par les plus graves, réductibles â l'idolâtrie, qui les renferme tous éminemment, et méritant plus ou moins ce nom1. Mais il est clair que contre l'idolâtrie, ainsi entendue au sens large, ses anathèmes n'ont pas la même force qu'ils auraient contre l'idolâtrie proprement dite, et qu'il ne song-e point à appliquer à tous le même traitement qu'à ce péché capital. Ainsi l'exclusion qu'il prononce, au nom de L'Église, contre toute sorte d'idolâtres, n'est qu'un procédé oratoire pour bien faire sentir l'offense de Dieu renfermée dans toute compromission mondaine. Ces observations nous ont paru nécessaires pour réduire ses paroles à leur juste valeur. Entre tous les péchés, l'idolâtrie est incompatible avec la profession du christianisme : voilà la thèse. Tertullien sait que l'arche renfermait des animaux purs et impurs : ainsi l'Église renferme-t-elle des justes mêlés aux pécheurs. Il nomme en particulier des bêtes de proie et des bêtes lubriques, figures de certains vices, et laisse en suspens la question de savoir si l'on trouvait ces bêtes dans l'arche et si l'on trouve ces vices dans l'Église. Mais pour l'idolâtrie, ni l'arche n'en renfermait la figure ni l'Église n'en saurait renfermer la réalité : c'est un vice manifestement étranger

l Ainsi. De idololatria, 1 : « Etsi suam speciem tenet unumquodque delictum, etsi suo quoque nomiiu' iudicio destinatur, in idololatriae tamen crimine expungitur. Omitte titulos, opéra recognosce, idololatres item homicida est. Quaeris quem occident?... Ipsum se... Proinde adulterium et stupram in eodem n-cognoscas : nam qui falsis deis servit, sine dubio adulter est veritatis... »

à l'Église. Par là il nous donne simplement à entendre que celui-là n'agit pas en chrétien, qui pactise avec l'idolâtrie. Nous rencontrons pareillement chez Tertullien la parabole évangélique du semeur d'ivraie : il s'en sert pour caractériser la conduite de l'hérétique Praxéas ! ; et il ajoute que cette ivraie pourra bien être arrachée dès ce monde ; sinon, elle sera en son temps, avec toutes les mauvaises herbes et tous les scandales, livrée au feu inextinguible. Le champ où travaillait alors Tertullien n'était déjà plus le champ de l'Église catholique; mais l'usage qu'il fait de cette parabole, au début de son traité Contre Praxéas, n'est pas distinctement montaniste. Il ne fait que reprendre et appliquer à un objet plus restreint des considérations générales déjà proposées dans son Apologétique. Commencez, disait-il aux ennemis de l'Église2, par admettre la Providence de Dieu; après, vous en pourrez tirer argument contre nous. Celui qui a décrété pour la fin des temps un jugement éternel, ne précipite pas le triage indispensable au jugement. Ces pensées s'inspirent évidemment de la parabole de l'ivraie. On n'est donc pas fondé à faire dater de Calliste la création de l'exégèse qui applique ces figures bibliques aux destinées

1. Tertullien, Adv. Praxean, 1 : « Fruticaverant avenae Praxeanae hic quoque, superseminatae dormientibus multis in simplicitate doctrinae; traductae dehinc per quem Deus voluit etiam evulsae videbantur. Denique caverat pristinum doctor de emendatione sua, et manet chirographum apud psychicos, apud quos tune gesta res est. Exinde silentium. Et nos quidem postea agnitio Paracleti atque defensio disiunxit a psychicis. Avenae vero illae ubique tune semen excusserant. Id aliquamdiu per hypocrisin subdola vivacitate latitavit et nunc denuo erupit. Sed et denuo eradicabitur, si voluerit Dominus, in isto commeatu; si quo minus, die suo colligentur omnes adulterae fruges et cum ceteris scandalis igni inextinguibili cremabuntur. »

2. Tertullien, Apologeticum, 41. — Plus tard, dans un écrit déjà montaniste, Tertullien applique à l'Église terrestre d'autres figures bibliques traduisant la même conception. De fuga in persecutione, 1 : « Hoc Domini iudicium est persecutio, per quam quis aut probatus aut reprobatus iudicatur. Porro iudicium soli Deo competit. Haec pala illa, quae et nunc dominicain aream purgat, Ecclesiam se, confusum acervum fidelium eventilans et discernens frumentum martyrum et paleas negatorum, et haec etiam scalae quas somniat Iacob, aliis ascensum in superiora, aliis descensum ad inferiora demonstrantes. »

LE TÉMOIGNAGE DE SAINT BIPPOLYTB. Tl'i

terrestres de l'Église. En l'employant, il n'était probablement que l'écho d'une tradition plus ancienne.

D'autre part, Hippolyte met sur les lèvres de Calliste un mot de saint Paul1 qui a dû effectivement retentir dans celte querelle, car il est remarquable que Tertullien, qui n'avait jamais cité ce mot dans ses écrits orthodoxes, le cite par deux fois au temps de ses grandes colères, comme une de ces excuses qu'affectionnait la morale facile des catholiques. « Qui êtes-vous, pour juger le serviteur d'autrui? » C'était là sans doute une réponse toute prête à l'adresse des puritains; soit en matière de jeune2, soit en matière de chasteté', elle pouvait fermer la bouche à bien des médisants; et si les deux grands adversaires de Calliste s'accordent à la lui attribuer, leur rencontre sur un détail aussi concret offre toute garantie d'authenticité.

Si, descendant de la théorie à la pratique, nous examinons une à une les applications que Calliste, au dire d'Hippolyte, aurait faites de ces principes, nous trouverons que le jugement de l'accusateur est loin de s'imposer sur tous les points +.

L'indulgence dont Calliste fit preuve envers diverses catégories de pécheurs devait naturellement ramener à l'Église plusieurs de ceux que la rigueur en eût écartés à tout jamais. Les éléments d'appréciation nous manquent pour décider si cette indulgence dégénéra en faiblesse et tourna au détriment des mœurs chrétiennes : mais on a vu plus haut les raisons qui conseillent de n'admettre l'accusation qu'avec réserve. Un ennemi et un puritain était dans son

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