Eusèbe, Ibid
3. Eusèbe, Ibid.. 7, p. 476, 3-10 : T(ç o5v x(v. -/ap£erat -à a^af-d^MaTa ;
l'initiative de calliste. 247
le prophète qui pardonne les brigandages du martyr, ou bien le martyr qui pardonne la cupidité du prophète? En dépit de la parole du Seigneur, qui a dit : « Ne possédez ni < or ni argent ni tunique de rechange », leurs prophètes et leurs martyrs s'enrichissent du bien d'autrui. »
Maintenons donc une distinction qui, un demi-siècle avant Tertullien, s'affirme déjà et qui s'affirmera encore de son temps : le pouvoir discrétionnaire des confesseurs ou martyrs n'est pas une idée catholique. On ne trouve quelque chose d'approchant que dans la secte montaniste, telle du moins qu'elle apparaît sous la plume d'un polémiste catholique.
D'ailleurs il est sûr que, dès le temps de Marc Aurèle, l'Église avait égard aux plaidoyers officieux des confesseurs et se laissait par eux incliner à l'indulgence. C'est ce que constate vingt ans plus tard Tertullien lui-même. Par l'ordre de Septime Sévère, les prisons venaient de se remplir une fois de plus, et nous trouvons l'illustre Carthaginois empressé autour des captifs. Il les exhorte â la vigilance et à la concorde1 : que le démon trouve entre eux la paix — cette paix que de malheureux pécheurs, rejetés hors de l'Église, viennent mendier près des confesseurs. Donc il constate le privilège ; quant à s'expliquer sur sa nature et sur le mode de son exercice, il ne le fait pas; et une détermination énergique de prendre au pied de la lettre des expressions fort elliptiques peut seule découvrir dans ses paroles cette assertion implicite : « La captivité, que vous endurez pour la foi, vous investit du pouvoir de rendre par vous-mêmes la paix de l'Église à qui vous la demande. »
Le recours à l'intercession des amis de Dieu, pour obtenir la paix de l'Église, ne fut jamais l'apanage exclusif des temps
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1. Ti.kti .lui. \, Ad martyras, 1 : u Née illi tam bene sit in suo regno ni vus committat, sed inveniat muaitos et concordia armatos, quia estra Ix-llum est illi. Quam pacem quidam in Ecclesia non tiabentes a m&rtrribus in carcere exorare consueverunt. Et ideo eam propterea in vobis liabere et foverc et custodire debetis, ut, si forte. et aliis praestare possitis. »
de persécution : en dehors d'une confession éclatante, il y a bien des titres qui peuvent recommander une médiation et la faire rechercher du pécheur. Aussi le De paenitentia de Tertullien fait-il place, dans la description générale de l'exomologèse, à ce geste des pénitents1 : presbyteris advolvi et caris Dei adgeniculari, omnibus fratribus legationes deprecationis suae iniungere. On remarquera la gradation observée : d'abord les prêtres, puis les amis particuliers de Dieu, enfin toute la communauté chrétienne. Si sobre de détails que soit l'écrivain, son énumération n'implique aucune confusion des rôles. Les confesseurs de la foi étaient naturellement au premier rang des candidats aux fonctions du saint ministère. Néanmoins, ils n'y étaient élevés que par le choix de l'évêque, et tout choix de ce genre, même tombant sur un confesseur, était considéré comme une promotion2. Tant il est vrai que l'estime du privilège des confesseurs n'impliquait aucune méconnaissance de la hiérarchie. Si jamais Tertullien avait été porté à exagérer dans l'Église le rôle des confesseurs, il en était singulièrement revenu quand, pour protester contre un acte récent du pontife romain, il écrivit le De pudicitia. En effet, dans ce libelle, il attaque non pas l'extension arbitraire d'une juridiction reconnue aux confesseurs, mais l'estime qui s'attache à leur personne, et par surcroit le dogme de la communion des saints3. Sufficiat martyri propria delicta purgasse. Ingfati vel superbi est in altos quoque spargere quod pro magno fuerit consecutus .