Pseudo-Basile, In Isai. (iv, 4), 137, PC, XXX, 341 AB
2. Saint Ambroise, De paenitentia, I, 10-11, 44-48, PL., XVI, 480 B- 481 C.
3. Saint Pacien, Ep. ad Sympronianum, m, 16, PL., XIII, 1074 BG, après avoir cité Io., xv, i; Mt., m, 8; I Sain., n, 25; I Io., v, 16 : « Vides hoc totum ad peccata manentia pertinere, non ad eos qui aliquando peccaverint et coeperint paenitere antequam quisquam pro illis roget. »
LES PÉCHÉS [RftÉMISSI&LES. 35
qu'il est entré dans la voie de la pénitence. Saint Augustin, commentant le même texte, s'était borné une première fois l à en faire l'application à ceux qui, après leur baptême, se retournent contre la grâce et poursuivent l'Église de leur haine. Plus tard2, il éprouve le besoin de se corriger luimême en spécifiant que ceux-là seuls tombent sous la sentence de l'apôtre qui persévèrent dans la malice et dans la haine, et qu'on ne doit pas se lasser de prier pour quiconque n'est pas mort dans l'impénitence finale.
A considérer dans son ensemble la doctrine de l'apôtre saint Jean, — telle qu'elle ressort à la fois de cette épître et du quatrième évangile — , on trouvera qu'elle présente une remarquable unité, en même temps qu'un accord très réel avec la doctrine du blasphème contre le Saint-Esprit, étudiée plus haut chez les Synoptiques. En effet, dans cette épltre aussi bien que dans l'évangile de saint Jean, il est question à maintes reprises de la filiation divine qui se révèle par la charité, et aussi de la filiation diabolique qui se révèle par l'esprit du monde 3. Or, qui dit appartenance au monde ou au démon, dit par là même, damnation. On reconnaît les enfants de Dieu à l'amour qu'ils ont pour leurs frères : quiconque n'aime pas, demeure dans la mort. Quiconque hait son frère
1. Saint Augustin, De Sermone Domini in monte, I, 22, 73, PL., XXXIV. 1266 : « Peccatum ergo fratris ad mortem puto esse cum post agnitionem Dei per gratiam Domini Nostri Iesu Christi quisque oppugnat fraternitatem, etadversus ipsam gratiam qua reconeiliatus est Deo invidentiae facibus agitatur. »
2. Saint Augustin, Retractation., I, 19, 7, PL., XXXII, 616, rapporte les paroles ci-dessus et ajoute : « Quod quidem non confirmavi, quoniam hoc putare me dixi; sed tamen addendum fuit, si in hac tam scelerata mentis perversitate finierit hanc vitam; quoniam de quocumque pessimo, in hac vita constituto, non est desperandum, nec pro illo imprudenter oratur de quo non desperatur. »
3. Notamment I lo., n, 15-16 : Mr) àyana-e tov xdajiov pjô"! rà iv t& xrfojMi). 'Eàv tiç àyanà t'ov xo'<J[jlov, oùx Itrttv r, h.-^6.nt\ tou IlaToôç Iv aÙTÔr 8t -7.1 to Iv to) xoa(Ui>, rj IrrtQuaia t-Tjç aapxô; xaî f] È7ct8u(ju'a rfiîv âeOaXucSv xa
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III, 8-10 : '0 nouSv tv/ â[j.aoT(av $x toù ow.So'Xou ïariv... Tla; ô VEYEVVflulyoc Ix tou 0£ou àu.xpT(xv où ;:otcî... Iv toÙt<;> fct1ept& làrtv Ta tlxva tou 0=où xx\ Ta réxva tou ojxooXou... iv, 4-6 : ... fO yivc&axutv tôv 0;ôv àxoùa ^uéSv, 8$ oùx Botiv -'. tou 0:oû oùx kxo6ei J)|muv... v, 1 sqq.
est homicide, et l'homicide n'a point de part à la vie éternelle1. Voilà le monde. En tant qu'il représente ici-bas la synagogue de Satan, le monde appartient à la damnation; et tous les fils du monde, ou de Satan, y appartiennent aussi. Ce n'est pas qu'ils ne puissent renaître selon Dieu; mais alors ils cesseront d'èîre fils du monde ou de Satan. Pour le monde comme tel, le Seigneur n'a que des paroles de réprobation; pour le monde, il n'a pas de prière, comme nous le voyons dans l'évangile de saint Jean2. S'il en est ainsi du Maitre et suprême Intercesseur, comment n'en serait-il pas ainsi des disciples? Ils ne prieront pas pour les fils du monde, comme tels. Ces fils du monde — ou de Satan — , nous les rencontrons, dans le quatrième évangile, en face du Seigneur, qui met à nu leur caractère satanique, en disant3 : « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car je suis sorti de Dieu et me voici... Pourquoi ne reconnaissez-vous pas mon langage? Parce que vous ne pouvez entendre ma parole. Vous êtes fils du diable, et vous voulez réaliser les désirs de votre père. » Toute cette doctrine est parfaitement liée, ou plutôt partout identique à elle-même. La filiation diabolique, voilà l'incapacité radicale qui exclut certaines âmes de la lumière et du pardon. Quelques-uns, pour leur malheur, se sont fait de la haine une seconde nature. Encore l'ont-ils voulu. La même foule, qui compte un si grand nombre de fils obstinés du diable, comprend aussi un Nicodème, capable de s'ouvrir à la parole du Seigneur et d'aspirer à une seconde naissance, à une naissance selon Dieu4.
Or ce quatrième évangile, qui convie tous les hommes à la régénération baptismale, proclame aussi l'efficacité universelle du pouvoir de lier et de délier5. Il ne met pas plus de
1. I Io., III, 15 : lia? ô [uaûiv t'ov iSeXçàv aÙTOu avOpcoTroxTÔvoç Iotîv, xa) o'.oxt: Sti r.xç àvBptoTOXTOvoç oix \yv. Çwjv xitiv.ov ev k5tôj pivouaav.