Ep., xliv. XLVHI
SAINT CTPniBN li Ll PAP1 SAINT CORNEILLE. 321
élection, puis dos évêques Pompeius et Etienne, rétablit la vérité. Gyprien et les évêques de sa communion s'étaient empressés d'adhérer à Corneille ! ; en même temps ils mettaient le pontife au courant de la situation de l'Église d'Afrique2. D'une part la nécessité s'imposait de tout faire pour ramener au bercail les brebis errantes, et laisser dehors ceux-là seulement que leur obstination en excluait; d'autre part, l'attitude prise par certains prêtres, groupés autour de Félicissime, devenait intolérable'. Ce laïque sans conscience et sans mœurs s'était donné la mission de rallier les lapsi et d'organiser la lutte contre le pouvoir épiscopal. Déjà Cyprien s'était vu obligé d'excommunier Félicissime; mais il ne put supprimer le point d'appui offert aux mécontents de son clergé.
2. Ep.. xlv. 3, p. 602. 17-603. 3 : « Hoc enim vel maxime, frater, et laboramus et laborare debemus ut unitatem a Domino et per apostolos nobis successoribus traditam quantum possumus obtinere curemus, et quod in nobis est, balabundas et errantes oves, quas quorundam p»>rvicax factio et haeretica temptatio a matre secernit, in Ecclesia eolligamus. illis solis foris remanentibus qui obstinatione sua vel farore supersederunt et ad nos redire noluerunt, discretionis et separationis a se factae et Eeclesiao derclictae ipsi rationem Domino reddituri. » xlvii. xi.vm.
Toute cette histoire prend un aspect notablement différent dans le récit de M. IIarnack. RE.3, t. XIV. p. 233. La conduite de saint Cyprien aurait été dictée par des considérations personnelles, et son adhésion au pape Corneille motivée surtout par le besoin de résister m schisme de Félicissime (Voir Ep., xliii, 2 et 6). Enfin cette adhésion n'aurait pas eu toute la précision ni toute la franchise souhaitées par Corneille [Ep., \u\ et xlv). Cette interprétation ne répond pas à la hauteur de vues et à la droiture de caractère dont Cyprien a donné tant de preuves, ni à la teneur des textes. On n'a pas le droit de croire qu'il se rallia à Corneille pour d'autres raisons que celle mise en avant par lui-même, savoir la conviction de sa légitimité. S'il crut devoir s'entourer de précautions pour recueillir la vraie version sur la double élection romaine, cette prudence s'explique assez par la dilliculté de connaître la vérité a distance, et par les agissements du parti de Novatien. D'ailleurs, à partir du jour où il vit clair dans la question de fait, on ne surprend chez lui aucune hésitation. Il pousse même la prudence jusqu'à ne pas communiquer à son entourage les documents émanés du schisme, et qu'il juge uniquement propres à jeter le trouble dans les esprits (Ep., xlv, 2). En tout cela, Cyprien se montre l'homme de principes que l'on connaît d'ailleurs.
::. Sur Félicissime, voir Epp., xli, 1-2; xlii; xliii, 2. 3. 7; xlv, \ ; lu, 2: n\. 1. '.I. 16.
l'édit DE CAT.LISTE. 21
La nouvelle de la désagrégation du schisme romain avait été accueillie à Carthage avec des transports de joie1. Mis en échec dans Rome, Novatien songeait à réparer ses pertes par des alliances extérieures. Son lieutenant Novat, après avoir largement contribué à brouiller les affaires de l'Église romaine, venait de débarquer en Afrique2. Cyprien renseigne pleinement le pape sur le passé de ce prêtre 3, toujours en quête de nouveauté, d'une cupidité furieuse, d'une arrogance sans bornes, constamment mal noté par les évêques, suspect dans sa foi, artisan de désordre et de désastre, ennemi de la paix. Après avoir à Carthage, de sa propre autorité, fait un diacre en la personne de Félicissïme, il avait voulu, à Rome, faire un évêque. Spoliateur d'orphelins, voleur du bien des veuves, escroc au préjudice des Églises, il a laissé mourir de faim son père et ne lui a pas même donné la sépulture : il a, d'un coup de pied dans le ventre, fait avorter sa femme. Cité au tribunal de l' évêque pour y répondre de tous ces faits, il a pris les devants en se lançant dans le schisme 4. Pour celui-là, il y a peu d'espoir; mais ses victimes méritent qu'on s'intéresse à leur sort '.
La lettre de Cyprien aux convertis romains0, Maxime, Urba-