‹ L'édit de CallisteChapitre 184 sur 252 · SAINT CTPRIEN ET II. PAPE SAINT CORNEILLE · texte numérisé non relu

SAINT CTPRIEN ET II. PAPE SAINT CORNEILLE

D'ailleurs ceux-là seuls en recueilleront le fruit que le Seigneur trouvera dans l'Église.

Au cours de l'année suivante, 252, la question des lapsi fît un pas de plus. Tne lettre adressée par Cyprien, vers le temps de Pâques, à plusieurs évêques de sa province1, signale un groupe de trois chrétiens qui, arrêtés au début de la persécution, après avoir confessé leur foi, avaient fini par céder à la torture. Le repentir avait d'ailleurs suivi de près la chute : depuis trois ans, ces trois apostats ne cessaient de faire pénitence. Consulté à leur sujet, Cyprien a répondu que, sans doute Dieu aura égard à leur précédente confession; que personnellement il ne répugnait pas à recevoir dans l'Église de tels pénitents; mais on lui a demandé de soumettre le cas au concile qui va se réunir.

Eôectivement, le concile fut saisi de la question, et nous avons la lettre, revêtue de quarante-trois signatures épiscopales. par laquelle il avisa le pape Corneille de ses résolutions2. Ce n'est pas à la légère qu'on s'est départi de la réserve observée jusqu'à ce jour; mais la persécution peut se rallumer d'un instant à l'autre — un édit de Trebonius Gallus, été 251, obligeait tout le monde de sacrifier aux dieux. — Vu les circonstances, il a semblé que le bien des âmes demandait quelque chose de plus.

Les Pères commencent par rappeler la règle observée jusqu'à ce jour envers les aacrificati : on les admettait à une longue pénitence, et en danger de mort on les réconciliait. On ne croyait pas pouvoir faire moins pour donner espoir aux Ames de bonne volonté et accomplir la parole du Seigneur qui a confié aux siens le pouvoir de lier et de délier. Cependant les circonstances nouvelles paraissent motiver un changement d'attitude 3 : devant l'imminence d'une nouvelle per-

1. f:p., i.vi. — Voir sur cette lettre Posciimann. ZSKT., 1913, p. M-43.

Page 1