Ep., lui
3. Ep., lvii, 1. p. 651, 6-16 : « Sed enim cum videamus diem rursus alterius infestationis adpropinquare coepisse et crebris atque adsiduis ostensionibus admoneamur ut ad eertamen quod nobis hostis indicit armati et parati simus, plebem etiam nobis de divina dignatione commissam exhortationibus nostris paremus, et omnes omnino
sédition, on a cru nécessaire d'armer les soldats du Christ et, à cet effet, d'accorder la paix à ceux des lapsi qui, depuis leur chute, n'avaient cessé de faire pénitence. Il s'agit de les envoyer au combat1; et comment les animer efficacement à répandre leur sang, à moins de les munir du sang du Christ? Il convient de mettre une différence2 entre ceux qui, retournés au siècle, y vivent de la vie des Gentils, ou qui, passés au camp de l'hérésie, tournent chaque jour contre l'Église des armes parricides, et ceux qui, sur le seuil même de l'Église, ne cessent de pleurer et d'implorer leur pardon. La crainte de défections toujours possibles ne doit pas faire refuser la paix à ceux qui donnent de vrais gages. Sans doute le martyre vaut un baptême3 et dispense du recours à l'évèque : mais où puisera-t-il la force du martyre, ce pénitent, s'il ne reçoit, avec la paix de l'Église, l'Esprit du Père? Il faut d'ailleurs compter avec toutes les chances de mort subite qui peuvent ravir à des âmes bien disposées le bienfait de la réconciliation ecclésiastique. Aussi les évêques réunis ont-ils cru faire acte de bons pasteurs en se relâchant un peu de la sévérité première4 envers ceux qui, après examen, parai-
milites Christi qui arma desiderant et proeliuui ilagitant intra castra dominica colligamus : necessitate cogente censuimus eis qui de Ecclesia Domini non reeesserunt et paenitentiam agere et lamentari ac Dominum deprecari a primo lapsus sui die non destiterunt, pacem dandam esse et eos ad proelium quod inminet armari et instrui oportere. »