‹ L'édit de CallisteChapitre 208 sur 252 · Ch. vu. p. 59 sqq · texte numérisé non relu

Ch. vu. p. 59 sqq

ÉGLISES i>'oitii;\ i . 363

troupeau, les loups le mangeront lundis qu'il errera, et il périra entièrement. Mais toi, recherche-le, instruis-le endoctrine-le et ramènele. Commande-lui et fortifie- le pour qu'il s'éveille, ap|trends-lui qu'il a de l'espoir. Arrache de Leur esprit, pour qu'ils ne le disent pas el ne le pensent pas. ce qui a été dit plus haut, que [Si., xxxm, 10) nos iniquités et nos péchés sont sur nous, nous y avons pourri, comment donc pourrions-nous vivre? Il ne leur convient par de dire ou de penser ni de s'imaginer que L'espoir leur est supprimé à cause de la multitude de leurs péchés, mais ils doivent savoir que les miséricordes de Dieu sont grandes, lui qui, par serments et avec bonne volonté, a promis la rémission aux pécheurs. Si donc un homme pèche et ne connaît pas les livres, s'il n'a pas confiance dans la patience et la miséricorde de Dieu; s'il ne connaît pas la loi de la rémission et de la pénitence, il péril à cause de son ignorance même. Toi donc, comme un pasteur compatissant, plein d'amour et de tendresse, qui a souci de son troupeau, fais des recherches, compte [ton] troupeau, cherche la (brebis) perdue, comme l'a dit le Seigneur Dieu Jésus-Christ, notre Maître et bon Sauveur (Mt., xvni. 12-13; Le, xv, i-6 ...

Obéis, toi aussi, o évèque, recherche celui qui a péri, dirige celui qui erre, ramène celui qui s'éloigne, car tu as le pouvoir de remettre les péchés à celui qui est tombé, puisque tu as revêtu la personne du Christ...

Le chemin de la paix est notre Sauveur, qui a dit (Le, vi, 37-38) : Remettez les péchés aux pécheurs, afin que i-os péchés vous soient aussi remis; donnez et il vous sera donné; c'est-à-dire remettez les péchés, afin que vous obteniez aussi la rémission. Il vous enseigna aussi d'être toujours constants dans la prière et de dire [(Mt., vi, 12; Le, xi, 4) : Remets-nous nos péchés, comme nous les remettons à ceux qui nous ont offensés. Si donc tu ne les remets pas à ceux qui ont péché, comment recevras-tu la rémission? ta bouche n'est-elle pas contre toi, et tu te condamnes toi-même quand tu dis : « Je les remets » et que tu ne les remets pas, mais que tu fais mourir. Car celui qui chasse quelqu'un de l'Église sans miséricorde, ne fait pas autre chose que le tuer méchamment et verser son sang sans misécorde. Si un juste est mis à mort injustement par le glaive de quelqu'un, il sera repu en paix près de Dieu, tandis que celui qui chasse un homme de l'Église et ne le reçoit plus, le tue méchamment et iniquement d'un meurtre éternel. Dieu donnera comme nourriture au cruel feu éternel celui qui chasse (le pécheur) de l'Église sans tenir compte des miséricordes de Dieu, sans se rappeler sa bonté envers les pénitents et sans prendre exemple sur le Christ ni regarder les hommes qui se sont repentis de la multitude de leurs fautes et en ont obtenu le pardon...

Et après avoir cité IV Heg., xxi-xxn, Il Par., xxxm, et la Prière de Mariasse :

Vous avez entendu, fils chéris, comment Manassé servit méchammenl et malheureusement les idoles et tua les justes; et quand il se

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repentit, Dieu lui pardonna. Bien qu'il n'y ait pas de péché pire que l'idolâtrie, il y a néanmoins place pour la pénitence...

On ne saurait se méprendre sur la portée de ces recommandations. L'évêque n'écoutera pas ces « hommes au cœur dur » qui voudraient fermer aux pécheurs l'accès de la pénitence; au contraire, il mettra tout en œuvre pour le leur faciliter. A l'exemple du Bon Pasteur, il ira à la recherche de la brebis perdue, quelle qu'elle soit : la Didascalie ne laisse aucune place à une catégorie quelconque de péchés irrémissibles. Elle nous étonne plutôt par la bénignité des pénalités qu'elle édicté : une admonestation, suivie d'exclusion temporaire pouvant s'étendre à deux, trois, cinq ou sept semaines : rien de plus grave n'est prévu. Il semble qu'on s'applique à prendre le contrepied du rigorisme '.

Contemporain de la Didascalie ou de très peu postérieur, un Canon apostolique- menace de déposition l'évêque ou le prêtre qui, au lieu d'accueillir un pénitent, l'aurait repoussé, affligeant le Christ qui a dit : Il y aura joie au ciel pour un pécheur qui fait pénitence.

Au reste, même des auteurs beaucoup trop empressés, selon nous, à admettre quant à l'Occident la théorie de la réserve absolue des trois cas, ne font pas difficulté de reconnaître que cette théorie n'a rien à voir avec l'Orient3. L'esprit de mansuétude que nous avons constaté dans la Didascalie, transparait jusque dans la législation beaucoup moins clémente édictée par les conciles orientaux du ive et du ve siècles.

L'épitre canonique de saint Grégoire Thaumaturge, document très vénérable à cause du grand nom de son auteur, nous montre, au milieu du me siècle, la discipline de la pénitence déjà formée dans certaines Églises d'Asie et compor-

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