‹ L'édit de CallisteChapitre 36 sur 252 · Mandat., iv, 2, et Sun., vi · texte numérisé non relu

Mandat., iv, 2, et Sun., vi

l.A TROISIÈME VISION DIIEKMAS. 61

brebis folâtres et délicates mais non point bondissantes, et les parquait dans un lieu abrupt plein de ronces et d'épines, en sorte que les brebis ne s'en pouvaient dépêtrer, mais s'empêtraient dans les ronces et les épines. 7 Ainsi empêtrées, elles paissaienl parmi 1rs ronces ei les épines, et peinaient fort sous les coups dont ce berger les écorchait : il les chassai! de-ci de-là, sans leur laisser de répit : les pauvres bêtes étaient fort mal en point.

0. Les voyant ainsi rouées de coups et mises à mal, j'en avais grande pitié, car elles étaient tourmentées sans nul relâche. 8Je m'adresse au Pasteur qui s'entretenait avec moi : Seigneur, quel est ce berger sans entrailles et dur au point de n'avoir aucune pitié pour ces brebis? — C'est, dit-il, l'ange du châtiment : il est du nombre des anges justes, et préposé au châtiment. 3 II reçoit ceux qui errent loin de Dieu et suivent les passions et illusions du siècle présent, et il les frappe, selon leur mérite, de châtiments terribles et divers. — * Je voudrais, dis-je. Seigneur, connaître ces divers châtiments. — Écoute, dit-il. Ces divers tourments et châtiments sont les tourments de la vie : les uns sont affligés de pertes, les autres de privations, les autres de diverses maladies, les autres de toute sorte de tracas, les autres d'affronts de la part de personnes indignes, et de mainte autre avanie. '■' Plusieurs, instables dans leurs desseins, entreprennent beaucoup, et rien ne leur réussit. Ils se plaignent de n'être pas heureux dans leurs entreprises, et l'idée ne leur monte pas au cœur qu'ils ont mal fait, mais ils s'en prennent au Seigneur. ? Après donc qu'ils ont été affligés en toute manière, ils me sont livrés pour recevoir une bonne instruction; ils s'affermissent dans la foi au Seigneur et désormais, tous les jours de leur vie, servent le Seigneur d'un cœur pur. Ce changement est dû au repentir : ils laissent monter à leur cœur la pensée du mal qu'ils ont fait, et dès lors glorifient Dieu, déclarant qu'il est un juste juge et qu'ils ont souffert justement chacun pour leurs actions : désormais ils servent le Seigneur dans la pureté de leur cœur et sont heureux dans tout ce qu'ils entreprennent, recevant du Seigneur tout ce qu'ils lui demandent : alors ils glorifient le Seigneur de les avoir' remis en mes mains, et ne soutirent plus aucun mal.

La relation de ces diverses peintures est évidente 1 : en rap-

1. Nous rapprocherons les phrases les plus caractéristiques : Via., m, 7, 6 : rE7c'p<;> oï tôkw £p{j.ooouaiv jcoXù IXàtrovt, za\ touto oiav

(jaaaviaôSaw xal IxTCXrjpc&ftoaiv xxq /,;ju'px; -fiv x<j.xp7'.'ov iutcuv. Kxi o;à toîjto |i£T<XTE67{aovTai, 6xt p.STlXa6ov tû2 ôïjuaTo; tou âtxatou. Kai tots auto?; a'jfjLorj- 5£Ta-. ufxaTsO^vat i/. t<2v j3aaàvu>v xutûv, làv xva6îj k~\ -rtv xapStav xùxûv -.à c'pya a eipYaaavTO nov^px ...

San., vi, 3, 6 : "Otxv oûv OXi&Sat ~x77] 8XvJ/s t, tare £;j.ot rcaâaSiSovxai

: ayaOr)v icaiSsîaV /.y.\ [av upoKOlOUVTa( ÈV -r, JîCCTTSl tou Ivjoi'o'j y.cà 7X; Xoiîcàç

rjjjipaç ttjç Çwtjç xùrûv oouXsûo'jat 7<o Kvptu) Iv xa6apa y.apoia- làv oè ixexa-

noaiv, to'xî xva6a''v£; ï~\ tîjv xapSi'av ai-ôiv 73 épva a k'-pa^av jt0V7jpa, tuti

- -.: 5o;àÇouii 7Ôv Qcbv XeYovceç 8rt St'xaioç y.017/; l'art xxt Sixaicuç è'-xOov

Êxaoroç xati 7xç "pâ^£;; xutou.

prochant l'une de l'autre, on acquiert une vue plus nette de la doctrine d'Hermas sur l'économie divine de la pénitence. Le châtiment est la préface de la conversion : le pécheur qui entre dans ia voie de la pénitence, est déjà dans la voie de l'espérance et du salut. En mettant à profit le châtiment, il a mérité de quitter ce lieu où l'on souffre sans consolation et d'être transféré du domaine du châtiment à celui de la pénitence. Il semble donc que le xbtoq IXaT-cuv de la IIIe vision est particulièrement en relations avec le domaine de l'ange de la pénitence. Par ailleurs, les pierres dont il s'agit n'ont pas été expulsées des murailles de la tour : elles n'y ont jamais été introduites1. Donc, nous ne reconnaissons pas en elles des baptisés, mais bien plutôt des catéchumènes. A ces recrues de la gentilité ou du judaïsme, une pénitence sérieuse était nécessaire pour entrer dans l'Église et être associées aux saints. On sait, d'ailleurs, quel parallélisme étroit l'ancienne littérature chrétienne établit entre le baptême et la réconciliation postbaptismale, entre la première et la seconde pénitence ; et quelle relation étroite la discipline primitive mettait entre la condition des catéchumènes et celle des chrétiens pénitents. Les uns et les autres attendaient à la porte de l'Église leur admission aux saints mystères. Au risque de matérialiser le svmbolisme d'Hermas, et peut-être de commettre quelque anachronisme, volontiers nous chercherions là, à la porte de l'Église, ce lieu inférieur où catéchumènes et pénitents attendaient le jour de leur réunion aux fidèles2. Ni les uns ni les

Le parallélisme des deux développements est très frappant. L'expression aï ^jjLÉpai twv Sfiap-nwv xôtôv, qui se lit Vis., m, 7, 6, est longuement commentée Sim., vi, 4 et 5. Dans un passage comme dans l'autre, il s'agit des jours de châtiments antérieurs à la pénitence salutaire, et destinés, selon le dessein de Dieu, à y disposer les âmes. Origène indique la même idée, In Ierem., Hom., xix, 9, PC, XIII 525 B : IIo/.Xoïç yètp -apaûioov-ai, Tdtya -Xsioai ^aoaviatau /.a7a -r,v :xyn\i, o\joir.'<i àiict -yEvoiASVoi -xçaoiooa0a'. Iv\ Aàyw :w è-âÇov7t zapôîa; xai t/Ecppoâç.

1. Le Pasteur ne dit pas : H?IÇaXXov, mais : oraréSaXXov, Vis., m, 2, 7; 5, 5; oi Xi'6ot o3toi o:. xîto6e6Xïi(iévoi, 7, 5. Observation de Th. Zahn, Der Hirt des H er mas, p. 202, Gotha, 1868. — Nonobstant, 5, 5 : 'Eàv8i tîXesOtj vj otx.oooa/], ooxéti I^ouotv to't:ov, àXX laovTat !x6oXoi. Ce dernier mot marque un état définitif de rebut : erunt eiecti.

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